Chapitre 23 / 2e partie

Publié le par Néo

« Profiter ! Profite de ses moments, ils seront peut-être les derniers… »

Mon cerveau me repassait en boucle ce même présage, telle une prophétie. Toutefois, la question n’était-elle pas : Ne profitons nous pas davantage quand nous n’avons pas conscience de le faire ? Ne serait-il pas plus logique d’en faire abstraction au lieu de penser au malheur qui nous guettait du coin de l’œil ? Sûrement ! Mais je n’y parvenais pas, car cette maudite prédiction ne venait pas de moi à proprement parler, mais surgissait des pensées de ma sœur, Alice, à quelques miles de moi…

Sans pouvoir savoir quand, comment, ni où, son sixième sens lui indiquait que les jours suivants ne seraient pas placés sous de bons augures. Ainsi, je comprenais son besoin frénétique pour cette fête : oublier, penser à autre chose plutôt qu’au malheur qui nous attendait de pied ferme. Je comprenais son angoisse qu’elle dissimulait aux autres sous son emballement à faire de cette réception la meilleure de toutes, car pour certains, se serait certainement la dernière…

Mais qu’essayait-elle de me cacher ? Quelle serait notre issue ? Celle de Bella ? La mienne ? Je n’osais y réfléchir plus en profondeur, de peur de m’enfoncer dans la mélasse de mon cerveau, dans mes peurs les plus enfouies qui n’auraient eu pour conséquence que la paralysie, au lieu de rester concentrer sur l’objectif. Certes le principal m’échappait encore, raison supplémentaire de rester alerte et concentrer. J’enfonçai mon pied jusqu’à sentir la pédale de l’accélérateur buter contre le tapis de la voiture, et poussai mon bolide à son maximum pour avaler les derniers miles qui me séparaient des miens.

Glissant un œil hasardeux vers ma passagère, j’observai un visage inexpressif et immobile. Mais, sous cette expression d’ange statufié, bouillait une multitude de questions. Je pouvais le deviner aisément, bien que son cerveau me refuse l’accès. Bella… Ma Bella avait énormément changé ces derniers temps, sa beauté s’était épanouie telle une rose au printemps, et ses capacités tant physiques que mentales semblaient se décupler au fil des heures. Je présageai que son don serait surprenant, sans en mesurer encore toute la force et toute son étendue.

_ Nous sommes bientôt arrivés, lui lançai-je pour la faire sortir de ses pensées. Tu es prête ?

_ Oui, j’ai hâte de pouvoir les revoir tous au grand complet. Son ton se voulait enjoué, mais je devinais ses tracas.

Je lui fis un sourire pour la rassurer tout en posant ma main sur sa cuisse dorénavant musclée. Sa mine blafarde rencontra au même instant un mince rayon de soleil qui traversa la vitre venant illuminer les traits de son visage angélique. Il rayonna quelques secondes à peine, mais suffisamment pour me donner envie d’embrasser sa fine bouche d’un rouge intense. La courbe parfaite de sa mâchoire, la finesse de son cou, l’harmonie de son visage, la grâce de son corps…

Tout en elle invitait au plaisir, l’envie charnelle s’empara de mon corps devant sa silhouette parfaite. Depuis nos premiers émois, j’avais jugulé mes pulsions de la chaire, car le moindre faux pas de ma part aurait pu la conduire six pieds sous terre. Mais, aujourd’hui, sa nouvelle nature avait réveillé en moi cette sensation si longtemps enfouie au plus profond de mon être. Mon cerveau ne parvenait plus à prendre le dessus sur ce que je souhaitais ardemment. Il était plus difficile d’y faire face, tandis que je la réclamais, tandis que je la voulais mienne jusqu’au plus profond d’elle. Mes mains s’agrippèrent sur le volant, blanchissant mes doigts à force de les serrer sur l’anneau en cuir de la voiture, faisant craquer les jointures.

Je dus focaliser mon attention sur la route, sur les pensées qui s’agitaient dans la villa, plutôt que sur la courbe gracile de sa mâchoire, sur ses délicates boucles qui voletaient sur ses fines épaules d’albâtre, sur ses doigts pianotant convulsivement sur ses genoux, j’y vis alors mon échappatoire.

_ Ne te tracasses pas mon amour, tout se passera bien. Ils ont hâte de te revoir, surtout Alice, elle ne tient plus en place ! Encore plus depuis que nous sommes seulement à quelques minutes de la maison. Ma main vint caresser l’ovale de son visage pâle.

_ J’appréhende à cause de Rosalie, elle ne m’a jamais réellement appréciée ! son ton cynique me fit comprendre qu’elle recherchait plus un soutien qu’un démenti.

_ Elle s’y fera. De toute façon, comme je te l’ai expliqué elle n’a plus rien à t’envier, maintenant que…

_ Oui, maintenant que je suis aussi stérile qu’elle, nous pourrons partager notre frustration mutuelle quant à la fibre maternelle qui ne s’exprimera jamais en nous ! Sa phrase me prit au dépourvu, en même temps qu’elle me blessa.

_ Excuse…

_ Pas de problème Edward, je préfère une vie entière à tes côtés que tout les enfants du monde.

Je fis mine de la croire, sans pousser plus loin dans l’exposé de sa vie future, sachant pertinemment qu’un jour ses mêmes mots auraient un autre sens bien plus poignant qu’à l’heure actuelle.

_ Entendu.

_ Et puis je suis pressée de revoir Orline. Mon souffle resta bloqué dans mes poumons à la simple évocation de ce prénom.

En effet, je n’avais pas eu le courage de lui avouer ce qui avait faillit se passer entre Orline et moi, quelques semaines auparavant. J’avais longtemps bataillé contre moi-même, sur l’attitude à adopter. Et puis, ma raison avait finalement remporté la victoire. Ma raison… Je devrais, sans doute, évoquer plus ma lâcheté, que la peur de bouleverser leur amitié. Un jour je payerai ce mensonge, et j’assumerai sa colère, mais j’espérai secrètement que ce jour n’arriverait pas avant plusieurs années, malheureusement c’était sans compter sur l’esprit revanchard et mesquin de Rosalie…

_ Pourquoi ? tentai-je timidement.

_ Parce que sa frimousse pétillante me manque. Et je veux savoir si tout va bien pour elle.

_ A les entendre, ils sont enchantés de sa présence. Esmé est ravie de sa venue parmi nous.

Je ne me risquais pas plus sur cette pente savonneuse et restai concentré pour les minutes qui restaient sur la trajectoire de la route sans plus ouvrir la bouche de tout le trajet. Trajet qui ne s’éternisa pas plus, car déjà nous apercevions les luxurieuses forêts qui nous englobaient sur leur passage, ne laissant qu’une brume opaque derrière nous.

Soudain, le chemin de la villa apparut entre une rangée de sapins parfaitement alignés. Des ornières remplies de boue formaient de profonds sillons, indice important pour que n’importe qui comprenne que la famille Cullen avait fait leur réapparition dans le comté de Washington. Je ralentis juste après avoir tourné, laissant la voiture rebondir légèrement sur le sentier chaotique, jusqu’à ce que la forêt laisse apparaître entre ses branches, les contours d’une maison aux allures de villa d’un siècle révolu. Les nuages filtraient les rayons du soleil, plongeant la clairière, qui entourait la demeure, dans une ambiance clair-obscur, comme sur des vieilles photos.

La suite des événements se déroula si vite que mes yeux, pourtant alertes, ne perçurent rien. J’eus à peine le temps de couper le contact de la Vanquish, que je sentis sur ma droite une légère bourrasque s’infiltrant dans l’habitacle, kidnappant au même instant Bella. Je m’extirpais à mon tour tout aussi vite et jetais un coup d’œil de l’autre côté de la voiture, à l’endroit où elle aurait dû se tenir, mais l’espace ne trahissait rien. Elle s’était soudainement volatilisée, et la panique me submergea instantanément. Tournant ma tête vers la maison, mon regard s’arrêta net sur les marches du perron, où un attroupement de vampires s’était réuni, aussi serrés que s’ils s’apprêtaient à former une mêlée.

Puis, l’un deux extirpa quelque chose qui gisait au centre de leur cercle pour la soulever vers lui et l’enserrer étroitement. Aux rires tonitruants d’Emmett se joignirent les petits cris d’Alice qui sautillait autour de son frère, pour à son tour embrasser Bella. Ma subite peur se transforma en bouffée d’oxygène faisant de nouveau soulever mon ventre.

_ Bienvenue à la maison les enfants. Carlisle, que je n’avais pas vu arriver, passa un bras sur mes épaules, me faisant sursauter au passage. Je savais que cela te ferait paniquer, mais c’était justement leur but, m’apprit-il.

_ Sans rancune ? Emmett s’adressa à moi depuis les escaliers, hilare et satisfait de son coup, de sa blague douteuse.

_ Recommence une seule fois et je…

_ Les garçons ça suffit, pas de menace ici ! Esmée prit un ton menaçant qui n’en était pas un, trop heureuse qu’elle était, entourée de sa famille au grand complet, et plus encore.

Alice me sauta dans les bras, laissant exploser toute sa joie de nous revoir sain et sauf. Je l’attrapai au vol et la plaqua contre moi, laissant ma colère refluer aux confins de ma mémoire.

_ Merci de nous l’avoir ramené parmi nous, je savais que tu agirais comme il le fallait. Et surtout sans mon aide.

_ Je ne sais pas si mon choix a été le bon, je n’ai agi qu’en pur égoïste. Il se peut qu’un jour elle vienne à le regretter.

_ Non, elle ne remettra jamais en question son existence !

_ Alors qu’il en soit ainsi, telle est ma volonté.

_ Notre volonté.

Puis elle s’échappa de mon emprise pour courir vers Bella, ainsi que le reste de ma famille encore agglutiné autour d’elle comme un essaim d’abeilles sur une fleur à l’arôme envoûtant. Seul mon père resta à côté de moi, telle une statue de marbre. Je voulus profiter de cet instant de franches camaraderies, mais mon instinct me fit tourner la tête vers Carlisle. Je me hasardai alors, dans son esprit et comprit son immobilité, l’étendue de son tracas. J’ouvris la bouche pour apprendre ce qu’il me taisait, mais avant que je n’aie pu dire quoique se soit, il se posta devant moi.

_ Profitons de nos retrouvailles Edward avant tout. Nous nous entretiendrons tout à l’heure si tu parviens à dissimuler tes interrogations à ta sœur.

Toutefois, je ne pus résister à fouiller ses pensées et j’appris que le récit de notre lutte avec ces créatures bizarres ne lui était plus inconnu. Ainsi, les autres lui avaient fait le compte-rendu de nos mésaventures dans le New Hampshire. Puis, l’image qu’il tentait de me cacher s’imposa à lui à contre cœur.

_ Des métamorphes !

_ Edward ! Pas ici, pas maintenant je t’en prie. Il me susurra ces mots au creux de mon oreille, aussi bas qu’il en fut capable, malheureusement pas assez discret pour échapper à Alice et Esmée qui tournèrent immédiatement la tête vers nous.

Je hochai la tête abasourdi en direction de mon père, et chassa immédiatement la révélation que je venais d’apprendre. Je devais me concentrer sur autre chose, car déjà je devinais les visions qui s’emparaient de ma sœur, restée stoïque au milieu des autres qui s’agitaient. Immédiatement, j’envoyai une image à ma sœur, celle de nos retrouvailles, de nos visages radieux virant subitement à l’inquiétude face aux futures révélations qui nous attendaient. Mon tour eut l’effet escompté, puisqu’elle bondit aussitôt sur Bella, feintant l’insouciance.

Je scannai en vitesse l’esprit des miens, et je fus soulagé d’observer qu’ils étaient bien trop accaparés à passer Bella au crible pour faire attention aux échanges silencieux qui s’opéraient entre ma sœur et moi. Seule Esmée faisait semblant de s’occuper à autre chose, ainsi je sus qu’elle avait été placée sous la confidence de son mari, bien entendu. Puis, j’entendis les pensées d’une personne concentrée non pas sur Bella, mais sur moi : Orline.

Instinctivement, mon regard se dirigea vers la source de ma propre image, quand nos yeux se rencontrèrent brièvement. Connaissant le don de notre jeune recrue, je baissai vivement la tête sur mes chaussures, ce qu’elle fit également. Notre relation allait être compliquée, mais nous devions passer outre les sentiments qu’elle pouvait, peut-être encore, nourrir à mon égard. Même s’ils relevaient plus de ceux que l’on ressent pour une personne qui vous résiste qu’autre chose.

Pour faire bonne figure, et aussi pour participer à l’allégresse de mes convives, je rejoignis Bella en quelques enjambées et l’attrapai par les hanches, me mêlant aux rires d’Emmett qui voulait tester la force de Bella, avant que le vermillon de ses yeux ne change, pour adopter des tons plus caramel, similaires aux nôtres.

Toutefois, leur petit duel allait devoir être remis à plus tard, car déjà les nuages qui s’étaient réunis silencieusement au-dessus de nos têtes, déversèrent leur trop-plein d’humidité. Nous nous retrouvâmes mouillés en moins de temps qu’il n’en fallut pour le dire. Bien que notre constitution ne nous rende pas vulnérable aux aléas climatiques, il n’en reste pas moins que la sensation d’être trempé ne soit pas agréable pour nous autres. Ainsi, nous rentrâmes précipitamment nous mettre à l’abri dans le salon autour du feu qui crépitait, pas tant pour réchauffer nos corps déjà gelés, mais pour sécher nos affaires imbibées d’eau.

En pénétrant dans le salon, je pus constater, avec soulagement, que rien dans cette pièce n’avait changé, ni le blanc lumineux des murs, ni la sobriété des meubles qui la composait. Seul mon piano, dressé fièrement sur son estrade, contrastait de son noir miroitant avec la vétusté des lieux. A notre arrivée, il y a de cela plusieurs décennies, Esmé avait passé plusieurs jours afin de transformer le salon en un endroit confortable, accueillant et paisible. Le résultat en était plus que probant, puisque nous y passions le plus clair de notre temps. Je fus satisfait que notre absence n’ait en rien détériorée cet espace. 

D’ailleurs, chacun retrouva sa place favorite, comme si les douze derniers mois n’avait été qu’un mauvais cauchemar. Rosalie et Emmett se précipitèrent en chahutant sur le canapé, qui les reçut dans un envol de coussins. Jasper préféra de loin, la sérénité que lui procurait la vue des bois à travers la baie vitrée. Tandis que Bella et Alice retrouvèrent l’intimité de leur causeuse avec ses accoudoirs en bois, avec Orline agenouillée sur le tapis, juste en-dessous. Esmé, en mère bienveillante, observée depuis sa chaise en osier, ses enfants s’occupaient comme si de rien était.

Nous représentions, à nous tous, le tableau parfait de la famille heureuse et idyllique, à l’exception, peut-être, de moi, qui restai debout en plein milieu de la pièce à regarder les autres badiner, alors que j’étais tourmenté. Carlisle, accoudé au manteau de la cheminée, restait impassible, faisant mine de sourire aux élans de joie d’Alice sous ses yeux, qui s’exprimait avec force. En sondant l’esprit de mon père, je fus étonné de ne rien entendre de particulier, tout en lui n’était que silence. Une attitude au diapason de la mienne, plus instable et impatiente. Un tas de questions tournaient en rond dans mon cerveau depuis que j’avais entendu les révélations de ce dernier concernant l’identité de nos ennemis.

D’ailleurs, pourquoi les métamorphes ? Espèce que je ne pensais pas réelle, nous avait pris pour cible ? Je passai mes souvenirs au crible pour essayer de comprendre ce que nous aurions pu faire pour les mettre dans un tel état, mais rien de tangible ne me vint en tête. Une conquête de territoire ? Le New Hampshire leur appartenait peut-être ? Mais pourquoi, Alice nous aurait priés de revenir à Forks, qui était notre chef-lieu depuis plusieurs décennies ? De toute façon j’étais à bout de suppositions. Et je ne souhaitais pas en débattre seul face à moi-même, surtout quand mon père possédait tous les tenants et les aboutissants de cette histoire.

L’air de rien, j’essayai de me rapprocher de Carlisle, mais ce dernier me fit comprendre avec son regard sévère de ne pas avancer, ce que je fis en digne fils bien élevé que j’étais.

Tu sauras tout en temps et en heure. Laisse-leur encore quelques moments d’insouciance. Laisse-moi en profiter encore un peu…

Reculant doucement, je culbutai l’estrade qui se trouvait juste derrière moi, et décidai d’y prendre place en attendant que mon tour vienne. Ainsi, je me mis à épier d’une oreille discrète, la conversation entre les trois filles, l’air soupçonneux. Mais, je fus très vite rassuré quant à la teneur de leur discussion. Après avoir entendu le monologue sans fin de ma sœur, consistant à mettre en œuvre de nouveaux quartiers plus grands pour Bella et moi, afin d’offrir à sa nouvelle sœur un dressing incomparable, celle-ci passa ensuite à l’énumération de toutes les choses nouvelles qu’elles pourraient faire ensemble. Bella ne semblait pas très enthousiaste à ses idées, mais outre l’indifférence qu’elle portait à la mode, elle couvait une autre angoisse.

_ Alice, tu as eu des nouvelles de la meute ? demanda-t-elle sans transition.

_ Les loups-garous ne me sont pas perceptibles. Je ne vois rien concernant leur avenir, leurs faits ou leurs gestes. Mais, je peux t’assurer que Lyly se porte bien, je présume qu’elle est auprès de Jacob puisqu’elle se trouve à La Push.

Les mains d’Alice s’étaient refermées sur les poignets de Bella pour la tranquilliser sur le bien fondé de ses dires. Son flot de parole, considérablement ralenti, était plus doux pour lui laisser le temps de comprendre que son amie n’encourait pas de danger, pour le moment.

_ Mais, et Jake ? sa question était en réalité une prière plus qu’une demande d’information. Son regard perdu et sa mine affligée me firent de la peine.

_ Dès la nuit tombée nous irons à sa rencontre si tu veux, lui proposai-je.

Ses yeux ne me cherchèrent pas longtemps avant de venir se poser sur moi, un regard rempli de gratitude. Elle hocha brièvement la tête à mon attention, avec un sourire qui me remerciait de cette décision. J’aurai été capable de n’importe quoi pour elle, pour qu’elle ne souffre d’aucun tourment, allant même jusqu’à lui proposer un rendez-vous avec Jacob… Je me rendis compte que les liens qui les unissaient étaient bien plus forts depuis mon départ. Toutefois, je ne m’en plaignis pas une seule fois, car je savais que j’en étais le principal responsable.

_ Bonne idée ! Ca nous donnera l’occasion de chasser tous ensemble ! s’enthousiasma Orline, reprenant la parole depuis plusieurs minute de mutisme.

_ Je ne pense pas que… Emmett ne me permit pas de finir ma phrase que déjà une idée germa dans sa tête.

_ Génial je vais enfin avoir la chance de regarder Bella en pleine action. Tu es toujours maladroite quand tu marches ou la transformation est parvenue à bout de tes travers ? réussit-il à dire entre deux rires.

_ S’il vous plaît, laissez-moi vous préciser à qui s’adressait l’invitation de sortir, leur adressai-je pour étouffer leur emportement.

_ Ne t’en fais pas Edward, ça ne me dérange pas du tout. Et puis, il faut bien donner sa chance à Emmett.

Grace à la réflexion de mon frère, Bella sembla reprendre tout son aplomb et sa vigueur. Du coup, je ne m’opposai pas à l’idée d’une partie de chasse, et les laissai animer joyeusement le débat sur qui allait perdre.

_ Ma chance ? Ma chance de quoi ? questionna Emmett tout hébété.

_ Ta chance de réussir à me battre, voyons !

_ Je suis bien plus fort que toi, même avec tout le sang humain qui coule dans tes veines fillette.

_ Au moins ce n’est pas la modestie qui t’étrangle, lui jeta Rosalie.

_ Tu es peut-être puissant, mais je serai plus agile car plus légère, en rajouta Bella.

Les pronostics allaient bon train, chacun défendant son candidat et parmi les septiques quant à une victoire de Bella, nous pouvions compter Jasper et Orline, qui avait été impressionnée par la carrure de son aîné. Alice, mimant les pom-pom-girls délurées, entreprenait quelques pirouettes pour encourager les deux équipes. En quelques minutes, l’atmosphère se détendit autour des véhémences des uns et des autres, et je me surpris même à rire en entendant les diverses plaisanteries que se lançaient les adversaires. Loin de toute panique, chacun oubliait leurs tracas et retrouvait vite sa bonne humeur.  Malheureusement, à la minute même où je me fis cette constatation, la réalité revint me frapper en plein visage, alors je tentai de la repousser au plus loin de ma conscience, sans y parvenir totalement.

 

A cet instant, il est facile de dire que nous n’aurions pas dû profiter de ce moment pour nous laisser aller. Toutefois, avec le recul que le temps nous apporte, j’aurais dû participer davantage à ces douces retrouvailles. Je ne le savais pas encore, mais les temps qui m’attendaient ne m’apporteraient plus ces petites douceurs…

Publié dans fiction

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Linou2701 28/07/2010 12:44


MAGNIFIQUE, je me demande ce que tu vas encore inventer. J'ADORE. Mais, s'il te plaît ne fais pas trop souffrir nos héros ! A bientôt


Néo 28/07/2010 18:39



Souffrir nos héros... ce ne serait pas drôle si je ne le faisais pas. Et puis comment apprécier les bons moments s'ils sont trop nombreux? 



June 19/07/2010 16:24


Encore une fois c'est superbe, l'intrigue, la beauté de l'écriture et surtout et enfin les premiers jours de Bella en tant que vampire!!!! Magnifique!!!! Bravo encore une fois à toi


Néo 22/07/2010 14:40



*w* Merci June... Contente de savoir qui tu es vraiment d'ailleurs ;) 



aelita48 19/05/2010 20:54


J'ai été contente de trouver ce nouveau chapitre !
Mais je m'angoisse pour l'avenir de nos héros Edward et Bella. J'ai peur qu'avec orline il y ait des problèmes puisque tu as écris que Rosalie allait en parler à Bella, bref j'en frémit s'il y a
encore des histoire entre eu c'est pas de chance, ils méritent un peu de bonheur, il y a déjà suffisamment de malheurs avec les métamorphes.
Merci pour ce chapitre.
Bisous


Néo 20/05/2010 00:02



Au fait... aucune réaction avec le métamorphes Oo vous vous y attendiez ou quoi ??


J'ai loupé mon côté théatral du levé de rideau sur le secret si longtemps gardé... suis déçue...


Enfin bref, c'est pas grave. HUmm Orline, ce ne sera pas vraiment un problème, juste un baton dans une roue... sifflote.


Merci à toi pour ton commentaire et ta lecture ^^



Jessica 19/05/2010 17:59


Quel chapitre ma belle j'ai adoooré :)
Tu t'es surpassée une fois de plus :)
Par contre tu me fais peur sur la fin que nous réserves-tu?????
Hâte de lire ta suite
bizoux


Néo 19/05/2010 23:58



Je te fais peur... mais tu as raison d'avoir peur, de trembler pour tes personnages préférés car c'est bien connu je suis une sadique !!!


merci beaucoup, cela me fait chaud au coeur T^T


J'ai eu ton mail ce soir, je te répond demain sans faute !! bisous



aude 09/05/2010 15:39


Cool ! Tu nous as pas trop fait souffrir cette fois ^^.

Encore une fois tu m'as emporté dans ton univers génial. Je sais qu'à chaque fois, je sors mon lot de compliments mais vu que ca fait plaisirs, pourquoi s'en priver?

Ton écriture est toujours aussi fluide et c'est toujours génial de lire cette histoire surtout quand tu fais pas souffrir tes pauvres personnages ^^.

J'attend avec impatience la suite


Néo 09/05/2010 18:38



xD merci Aude.


J'ai été mignonne avec les persos car ils vont souffrir après ! mouah mouah


Hier soir je me suis lancée dans le 24, et je vais tout faire pour aller au plus vite, tout en gardant un niveau correct bien entendu =)