chapitre 18

Publié le par Néo

Absolution

J’étais comme un enfant à qui on apprenait à marcher et à parler, et c’est avec délice et gourmandise que je découvrais ce nouveau monde avec des yeux neufs.

Le temps semblait s’être arrêté depuis ma renaissance, je n’aurai su dire depuis combien de jours nous nous trouvions dans cette petite maison cachée de tous, puisque rien ne venait déranger notre paisible exil. Notre bulle ouatée et confortable ne permettait aucune intrusion étrangère et c’est aux côtés d’Edward que je débutais ma nouvelle vie.

Les rayons du soleil qui avaient réussi à transpercer les épais feuillages des arbres, se reflétaient tranquillement sur ma jambe en suspension. Je m’émerveillais de voir ma peau ivoire scintillait grâce à la lumière éblouissante de cet astre. Chaque parcelle de ma peau me renvoyait mille et une lumières telles des milliards d’étoiles. J’avais souvent assisté à ce phénomène en compagnie d’Edward, mais c’était la première fois que je voyais mon épiderme flamboyer.

Allongée dans l’herbe humide, mes bras pliés sur les coudes soutenant mon corps, je balançai une de mes jambes dans l’air, remuant mes doigts de pieds sous les éclats du jour, parfaitement insouciante. En réalité, j’épiai les moindres bruits que me rapportait la forêt. Du coup, je ne ressentis pas le besoin de me retourner pour confirmer l’identité de mon visiteur.

_ Je t’ai connu bien plus discret ! lançai-je au silence qui m’environnait.

_ Et moi, bien moins attentive, me répondit-il en s’asseyant juste à côté de moi. On prend un peu de soleil ? 

_ Hum… Je suis fascinée par moi-même ! Il rigola doucement avant de plonger ses yeux dans les miens.

_ Bella… J’aimerai te parler, te confier quelque chose que j’ai sur le cœur depuis longtemps… 

_ Quoi donc Edward ? Tu as fait brûler le dîner ? je me mis à rigoler mais devant sa mine renfrognée, mes rires s’étranglèrent dans ma gorge.

_ J’ai besoin de te confesser un mensonge, je blêmis.

_ Un très ancien… Qui remonte à un peu plus d’un an maintenant.   

Ainsi notre bulle allait éclater maintenant sous ce soleil pâle, je le sentais. Alors que rien ne m’avait prévenu de ce changement de ton…

Depuis notre arrivée ici, et depuis ma renaissance, notre vie ensemble avait été douce et agréable. Inconsciemment, j’avais laissé mes récriminations et toute ma haine au placard, ou plutôt je les avais laissé mourir avec ma vie d’avant. Et aujourd’hui, Edward voulait me renvoyer à ce passé, j’en étais convaincue.

Ses derniers jours n’avaient pas été faciles à vivre pour moi, comme pour lui d’ailleurs. De nouveaux problèmes s’étaient imposés à moi, comme la soif, cette envie insoutenable qui ne s’efface jamais, qui vous tiraille sans cesse. Accompagnée de son venin, cet ami perfide qui brûle tout sur son passage, votre bouche, votre gorge, vos entrailles. Il me fallut apprendre à me nourrir, à me contenter du sang animal, terrible frustration quand les effluves d’un autre sang bien plus délectable vous parviens. Car, bien que nous étions loin de toute civilisation, l’odeur du sang humain me restait très perceptible, tel l’ombre maléfique du diable, mon pire cauchemar. Et puis, à côté de cela il y avait de nouvelles choses à aborder, comme dominer ma force, savoir serrer un objet sans le réduire en poussière _ un détail ridicule mais très fâcheux quand il vous est impossible de vous vêtir sans déchirer votre pantalon, de saisir une chaise sans l’exploser ou l’envoyer quarante mètres plus loin _ et d’autres choses de la vie quotidienne.

Edward s’était montré d’une patience exemplaire, il restait placide devant mes erreurs, seul parfois un sourire marquait son visage, mais à aucun moment il parut lasser par mon manque d’attention. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il m’arrivait d’oublier ma nouvelle condition, et dans ces moments-là j’étais un véritable danger ambulant. Me cognant dans les murs de la maison, qui s’effritaient sous mon passage, bousculant Edward à la limite de l’envoyer valser vers d’autres cieux. Mais ce dernier, à l’inverse de moi restait toujours conscient de la situation et en permanence sur ses gardes. Certes, je ne tombais plus, ne glissais plus, mais je n’en restais pas moins maladroite, une menace pour qui ou quoi traverser ma route. C’est pour cela qu’Edward jugea plus sûr de me garder encore quelques temps dans cette maison, loin de toute personne.

A côté de cela, des soucis permanents, il y avait de bons côtés. Et toutes ses expériences, bien que m’étant peu familières, étaient pour moi un jeu : nos parties de chasse, nos courses folles à travers les arbres, nous étions comme deux enfants profitant de leurs derniers instants de vacances à la campagne. Deux enfants plutôt originaux certes, mais qui durant ces quelques jours avaient laissé leur rancœur derrière eux. Nous nous comportions comme si de rien n’était, comme deux amis qui se retrouvaient après une longue absence. Nos rapports étaient sains et nos contacts physiques très peu fréquents.

Ainsi, grâce à lui, j’appris à chasser, à traquer une proie sur plusieurs kilomètres, à me servir de mon odorat, de mon ouïe et de ma vue. Mes performances étaient certes innées depuis ma renaissance, toutefois il fallait que j’apprenne à m’en servir habilement. De surcroît, il m’exerçait au combat, au corps-à-corps… Et malgré ma supériorité physique par rapport à lui, il finissait toujours ses crocs à deux millimètres de ma nuque. Il me reprochait d’attaquer de front et de ne pas assez esquiver ses coups. Et tout cela sans jamais pouvoir lire dans mes pensées !

_ Tu es vraiment trop prévisible, me disait-il après chaque entraînement. Et pourtant je ne peux pas lire dans tes pensées ! Même Emmett, qui attaque de front comme toi, ne s’y prend pas aussi mal que toi. 

_ Merci pour le compliment ! J’étais frustrée de ne pas réussir à me battre décemment alors que mon état de vampire me conférait une force herculéenne.

_ Ne t’inquiète pas, nous avons l’éternité pour t’apprendre à te battre 

_ Ah oui ? Et qu’en est-il de ces vampires qui m’ont capturé dans ma chambre ? 

_ Bella, je t’ai déjà dit qu’il ne s’agissait pas de vampire. Et puis de toute façon, nous sommes suffisamment nombreux pour te protéger alors… En me disant ceci, je fronçai les sourcils.

_ Oh la barbe ! Il est hors de question que quelqu’un prenne ma défense à l’avenir, ça c’était bon du temps où je n’étais qu’une pauvre humaine sans défense ! Maintenant je désire prendre soin de moi toute seule, sans compter sur l’aide de personne. Ma réponse l’attrista, je ne sais ce qui lui déplut mais il ne l’accueillit pas avec joie.

_ Bella… Excuse-moi c’est un réflexe. 

_ Vous n’avez pas eu besoin d’isoler Orline, non ? 

_ Effectivement, Orline sait se débrouiller plutôt bien pour une néophyte, mais tu ne peux m’en vouloir de vouloir te préserver.   

_ Je ne vois pas ce qui change entre elle et moi ! Je croisai les bras pour insuffler plus d’ardeur dans mes propos.

_ Un don étonnant ! 

_ Oh ! Je ne savais qu’elle avait développée un don en si peu de temps. Lequel ? je devins très curieuse d’un coup, je ne voulais pas mettre de la compétition entre elle et moi, mais inconsciemment je me mis à prier d’en obtenir un mieux qu’elle.

_ C’est un peu long, je te raconterai une autre fois. En attendant, reprenons l’exercice si tu veux savoir te protéger toute seule à l’avenir ! mouchée.

Je n’osai pas poser plus de question à propos d’Orline car à chaque fois que je tentai une percée, il se renfermait ou changeait de sujet adroitement. Mise à part le lieu où ses frères et sœurs se trouvaient je n’appris rien de plus, ni sur le combat qui avait fait rage près du lieu où je me trouvais, ni sur leur état à la sortie de l’affrontement, et encore moins sur la nature des créatures qui m’avaient kidnappées dans ma chambre. Je n’aurai pu dire s’il cherchait à me préserver ou s’il ne connaissait tout simplement pas les réponses, sans doute les deux à la fois. En tout cas, tout ce que je réussis à apprendre c’est que le reste du clan se trouvait à Denali, auprès de celui de Tanya et de ses sœurs en Alaska. Là même où ils avaient tous vécu ensemble pendant un temps.

Aux longues heures de combat venaient se greffer des temps morts durant lesquels il vrillait ses pupilles dans les miennes pour sonder mon âme. Il cherchait à comprendre pourquoi mon esprit lui restait toujours aussi mystérieux qu’autrefois. Pourquoi n’étais-je pas consciente de cette barrière mentale. Il avait cru qu’avec ma transformation cette particularité aurait évoluée, soit de façon consciente, soit en l’amplifiant. Du coup, il s’attendait à me voir chaque jour développer un don hors du commun, mais chaque jour mon esprit restait fermé à toute intrusion et mes capacités (hormis physiques) ne semblaient pas vouloir apparaître. Pour moi, il était évident qu’ayant été une humaine banale, je n’aurai pas le droit de jouir d’un don particulier tels que ceux d’Edward, d’Alice ou de Jasper. Toutefois, mon interlocuteur était d’un avis tout autre, et ainsi il m’examinait prêt à découvrir la moindre anormalité autour de nous, mais comme il ne savait pas quoi attendre, il ne savait pas où regarder…

Pendant ces instants de contemplation j’aurai souhaité dormir tellement je me sentais mal à l’aise à être ainsi jucher par ses pupilles enflammées. Edward réussissait toujours à m’éblouir, toutefois, je me réjouis de ne plus pouvoir rougir, ni même avoir à contrôler l’envolée des battements de mon cœur. Ainsi, je pu me montrer complètement froide face à l’assaut de son regard, alors que mon cerveau était en pleine ébullition. Intérieurement, je regrettais que seule la recherche d’un éventuel don ne soit à l’origine de cette attention. En effet, il fallait reconnaître que ma transformation avait amélioré certains de mes traits morphologiques.

Dès ma première journée en tant que vampire, j’avais insisté pour voir mon reflet dans un miroir (enfin juste après avoir calmé ma soif dévorante) et le spectacle qui s’offrit à moi était on ne peut plus sublime. Je ne fus guère étonnée en découvrant la pâleur de mon teint, ayant été toujours blafarde à l’origine, néanmoins ce qui capta mon attention était la noirceur de mes yeux, virant au bordeaux sur le pourtour de mes iris, et le violacé qui entourait mon regard. Ensuite, je passais le reste de mon visage au crible : l’harmonie se dessinait sur l’ensemble de mes traits. Mes pommettes étaient plus saillantes, creusant un peu plus mes joues. J’eus l’impression que mon visage s’était quelque peu allongé faisant disparaître toute rondeur. Mon menton était légèrement plus pointu et mes lèvres d’un rouge vermeil. J’étais une version de moi améliorée et ce que j’observais me plaisait. Pour la première fois dans ma vie je me trouvais belle, sans pour autant vouloir me comparer à Rosalie ou encore à Orline, mais j’étais ravie tout de même par mon reflet.

_ Es-tu satisfaite ? Edward m’offrit un sourire en coin devant ma contemplation silencieuse.

Sa question n’en était pas une devant ma mine réjouie. Mais je secouais énergiquement ma tête.

_ Pour moi tu as toujours était celle que tu vois dans ce miroir.

Sa réplique me déstabilisa, car malgré ma soi-disant beauté rien ne l’avait empêché de partir. Toutefois, je décidai de ne pas rebondir sur sa réplique, car il était inutile d’envenimer la conversation.

Ainsi se déroulait nos journées… Paisiblement sans heurt ni accroc. Parfois, il m’arrivait de déraper mais nos chicaneries ne restaient que des disputes sans valeur. Je l’assommai de questions en tout genre, auxquelles il répondait avec plaisir, pourtant certaines étaient vraiment idiotes.

_ Edward ? Si je me coupe les cheveux est-ce qu’ils repousseront ? il stoppa le mouvement de ses doigts sur la guitare qu’il avait trouvé au grenier.

_ Hum, question existentielle. Il pouffa de rire devant mon visage sérieux.

_ Pff ! C’est facile pour toi de te moquer ! Moi je connais rien de mon nouveau statut, il faut bien que quelqu’un soit là pour m’expliquer ce qui à changé dans mon corps. 

_ Excuse-moi Bella, mais parfois j’ai l’impression d’entendre Esmé ou Rosalie à leurs débuts. Elles pensaient sans arrêt à leurs cheveux, à leurs physiques et elles nous agacées incroyablement.    

_ Ah bon ! Oh ainsi je suis aussi un peu futile qu’elles ! je partis dans un fou rire auquel celui d’Edward s’ajouta.

_ Ton corps restera tel qu’il est maintenant, à ta mort… Donc tu ne grandiras pas plus, tu ne grossiras ni ne maigriras pas davantage. Nous restons tels que nous sommes mort, c’est sinistre n’est-ce pas ? Tu pourras couper tes cheveux, mais ne sois pas étonnée de les voir pousser à une allure incroyablement rapidement ! 

_ Oh rapide c’est-à-dire ? 

_ Quelques jours seulement, peut-être deux, trois maximum. 

_ Humm… Et au niveau de mes organes, comment cela se passe ? Edward me lança un regard interrogateur alors j’ajoutai :

_ Oui, que sont-ils devenus ? Par exemple, je suppose que mes poumons fonctionnent encore puisque je respire, mais qu’en est-il de mon estomac, de mon foie, de mon uté…

Je me stoppai car la honte s’insinuait en moi. J’étais curieuse de connaître comment mon corps fonctionnait, comment mon cerveau tournait encore alors que mon cœur ne battait plus. Et ce qu’il en était de mes menstruations, de mon utérus…

_ Cette explication relève plus du surnaturel que de la logique même. Ainsi tes poumons et ton cerveau sont toujours en état de marche bien que ton cœur est rendu l’âme. Ton estomac et ton foie ne servent plus à rien, car le sang que tu ingurgites passe directement dans ton système veineux pour alimenter tes muscles et seulement eux. Et malheureusement, en ce qui concerne ton…enfin je ne serais pas l’expliquer. Tout simplement peut-être parce qu’une personne morte ne peut donner la vie à un être humain. Une loi de la nature infaillible sûrement. 

Je savais que je ne pourrais pas avoir d’enfant, et avant qu’Edward ne me quitte j’en avais eu pleinement conscience, et malgré ça ma décision n’avait pas changé. Mais le vivre était différent, le ressentiment était différent, car jamais je ne pourrais être enceinte et cela m’attrista sur le coup, même si je ne concevais pas d’en avoir dans un futur proche. Un jour je le regretterai sûrement…

_ C’est pour cela qu’Esmé est celle qui vit le mieux son absence de maternité, parce que nous sommes là. Mais, pour Rosalie la chose est plus problématique, elle ne pourra jamais assouvir cette envie d’enfant qui la ronge littéralement. Au moins, maintenant elle ne sera plus jalouse de toi. 

Je buvais ses paroles car je savais qu’un jour je les comprendrais parfaitement, mais je fus surprise par sa dernière phrase.

_ Pardon ? En quoi mon impossibilité à avoir des enfants me rendra plus aimée de part Rosalie ? 

_ Réfléchis un peu Bella. Rosalie était jalouse de toi depuis le début.

Cette confession me laissa perplexe, suspendue aux lèvres d’Edward.

_ Elle t’enviait ta vie d’humaine, tes chances de devenir mère un jour, et en même temps elle te détestait de te voir y renoncer par amour…Pour moi... Car elle donnerait tout ce qu’elle a de plus cher pour connaître les joies de la maternité, Emmett compris. 

 J’étais choqué par ce qu’il venait de m’apprendre. Comment pourrait-elle renoncer à son amour, à Emmett pour un autre amour ? Et en même temps, j’étais contente de connaître enfin les raisons de sa haine viscérale à mon encontre.

Je ne connaissais pas l’histoire de Rosalie, je ne savais pas ce qu’il l’avait fait croiser la route de Carlisle, comment était-elle devenue un vampire. Mais, si elle était encore en vie aujourd’hui, elle le devait à son père adoptif. Et elle n’aurait de toute façon pas pu concevoir d’enfant, car Carlisle n’imposerait pas cette alternative à qui aurait le choix, en conséquence c’était soit mourir ou vampire. Par conséquent, je ne comprenais que mal sa jalousie à mon égard, au contraire elle devrait se réjouir d’être encore en vie et d’avoir trouvé un homme qui l’aime. Décidemment, nous cherchons perpétuellement des choses que nous ne pouvons pas avoir, il ne s’agissait pas que de la nature humaine. 

_ Bella ? Bella ? Tu m’écoutes ? Au son de sa voix angélique, je sortis de mes rêveries, du fil de mes pensées et retournai près de lui, ma jambe toujours dans les airs à jouer avec le soleil.

_ Euh, excuse-moi je rêvassais. Il me sourit et je défaillis dans la seconde qui suivit. Pourquoi ne parvenais-je pas à l’éblouir ?!

_ Je voudrais te parler d’un poids que j’ai sur le cœur, et que je me suis promis de te dévoiler dès que tu irais mieux. Sa voix était douce, il prenait tout son temps pour me parler comme s’il s’adressait à une enfant.

_ Je t’écoute, dis-moi ce que tu veux me dire. 

_ Alors je te demanderai de ne pas m’interrompre, de me laisser parler jusqu’à la fin. Entendu ? 

Surprise et curieuse par ce qu’il désirait m’annoncer, je hochai la tête comme une sotte, n’osant proférer le moindre son. Autour de nous le silence se fit, alors que le soleil redoublait d’efforts pour s’infiltrer jusque sous le couvert des arbres.

_ Parfait… je fis une légère pause avant de reprendre.

_ Je suis désolé pour toute la peine que je t’ai causée avec mon départ, je ne désirais pas te faire souffrir. En fait, je pensais un peu naïvement sans doute que tu tournerais la page, que tu m’oublierais. Ma bouche s’ouvrit pour protester mais Edward me força d’un signe de la main, continuant son monologue.

_ Bella pas un mot tu me l’as promis… Je reprends… Si je t’ai quitté c’était uniquement pour ton bien, je sais que cela paraît complètement absurde aux vues des résultats aujourd’hui, mais je t’assure que je n’avais d’autre dessein que ta sûreté. Je n’ai pas vécu pendant ses douze mois, je n’ai été que l’ombre de moi-même, je ne voyais plus personne, si ce n’est Victoria que je traquais sans relâche. Il baissa sa tête sur ses genoux, me fuyant du regard. Je voulais l’encourager à continuer, mais je ne savais s’il fallait que je me taise ou que je parle, alors je ne fis rien.

_ J’ai cru que mon amour pour toi finira par te tuer. Que mon égoïsme te tuerait à vouloir te garder près de moi. Alors je suis parti pour mieux te garder en vie, car je n’avais aucun avenir décent à t’offrir, et regarde ce que j’ai fais… Tu es devenu ce que je craignais… Bella je t’ai toujours aimé, qu’importe ce que je t’ai dis ce fameux jour, je n’en pensais pas un traitre mot. 

Mes yeux s’agrandirent pour ne devenir que deux billes parfaitement rondes, j’étais stupéfaite. Ainsi, il m’aimait toujours et à aucun moment ses sentiments à mon égard avaient changé. Je voulus me jeter dans ses bras pour le réconforter, pour lui dire qu’il en allait de même pour moi. Que ma colère d’antan ne cachait que de la frustration et de la peine de ne plus être avec lui, mais à ce moment-là il releva sa tête et ses yeux m’incendièrent.

_ Comment as-tu croire à mes mensonges !  son regard me glaça jusqu’au plus profond de mon être _ un comble pour un vampire aussi froid que de la glace_ je sentis une onde de froid m’envelopper, alors que ses yeux ne me quittaient pas un seul instant.

_ Je… Je… Je ne…bégayai-je.

_ Toi qui me disait sans cesse avoir confiance en moi, tu as mis en doute mes sentiments en seulement quelques secondes ! Je m’attendais à plus de vigueur de ta part, à ce que tu me rigoles au nez même. Mais à cette réaction… pas le moins du monde ! Peut-être que cette rupture te convenait au final, ce que j’aurai pu comprendre entre James et Jasper, mais te voir douter sur la nature de mes sentiments m’a profondément attristé. Depuis quand souhaitais-tu rompre ? sans crier ces paroles, son ton était au sec que son regard était dur.

_ Quoi ? Mais jamais de la vie ! A aucun moment je n’ai voulu rompre. Depuis le début de notre relation je ne faisais pas le poids face à toi. Il n’y avait pas un seul jour qui passait sans que je me demande, ce qu’une personne telle que toi, pouvais trouver d’intéressant à fréquenter une humaine aussi banale et insipide que moi. Alors, quand tu m’as dis que tu en avais assez de jouer la comédie, je n’ai pu que te croire, puisque je me posais la même question ! 

J’avais pris la parole sans m’en rendre compte, mais il fallait que je me défende, je ne voulais pas que des malentendus nous sépare, et aujourd’hui je ne le laisserai pas s’échapper. J’étais prête à faire tout mon possible pour le rattraper, ce que j’aurai dû faire un an plutôt !

_ Tu ne faisais pas le poids ? Tu ne faisais pas le poids ? sa voix montait crescendo. Ce que tu peux être stupide parfois. Comme s’il fallait que tout s’équilibre pour être normal. Ne voyais-tu pas à travers mes yeux, mes caresses, mes baisers, tout l’amour que je ressentais pour toi ? Ne voyais-tu pas sous des formes dissimulées, toutes mes marques d’amour à ton égard ? Ne voyais-tu donc rien ! son poing martelait comme pour ponctuait la fin de sa phrase, me faisant sursauter sous la secousse. Ma peur me privait de tout mouvement, en parfaite statue que j’étais devenue, je ne bougeai pas le moindre cil.

Me voyant restait de marbre il se mit sur ses pieds dans un bond agile, avant de me tourner le dos. J’anticipai son départ, il ne fallait pas qu’il parte, pas de cette façon. Le dialogue devait reprendre ! Je devais agir d’une manière ou d’autre, car je sentais qu’il n’y aurait pas d’autre chance. Alors je m’accrochai à son dos, mes mains enroulées autour de son cou tandis que mes pieds se balançaient dans le vide. Mon anticipation eut comme conséquence de le stopper dans son déplacement.

_ Excuse-moi… EXCUSE-MOI ! ma voix n’était plus que trémolos qui foutait le camp à chaque intonation aigüe. Je t’ai toujours aimé, et aujourd’hui encore je t’aime ! Si tu savais comme je suis contente de t’avoir près de moi, et ce pour l’éternité. Dis-moi que tu me pardonnes d’avoir pensé que tu pouvais ne plus m’aimer. D’avoir douté de tes sentiments. Je ne commettrais pas deux fois la même erreur. S’il te plaît !  j’enfouis ma tête entre ses deux omoplates pour dissimuler des larmes qui ne viendraient pas. Je sentis ses mains desserrer ma prise avec facilité, puis mes pieds touchèrent le sol alors qu’il ne s’était pas donné la peine de se retourner.

Après les jours merveilleux que nous venions de passer ensemble, il ne pouvait pas me laisser comme ça. C’était impossible, il avait été si doux, si bienveillant, même quelques minutes auparavant il paraissait si… Si… Triste mais pas en colère. Mes révélations l’avait-il blessé à ce point ? Au point de ne plus vouloir rester avec moi ?

_ Edward, ne me reproche d’avoir mal agit ! Ne me reproche pas d’avoir cru à tes mensonges, alors que tel était ton but !   

_ Si… Si… J’avais voulu ruiner ton amour pour moi, si j’avais voulu t’anéantir ou te faire du mal volontairement… je crois que je n’aurai pas pu m’y prendre mieux que ce que je viens de faire. J’ai beau avoir prêt d’un siècle de maturité et de sagesse, je n’ai pas réussit à faire ton bonheur, ni même te garder en vie. 

_ Qu’importe, nous sommes tous amenés à faire des erreurs, et nous cherchons un jour ou l’autre le pardon d’êtres chers à nos cœurs. Et en ce qui concerne mon état, tu sais que je l’ai toujours désiré al… 

_ Quoi ? il se retourna brusquement vers moi. Tu l’as toujours désiré, hier, aujourd’hui, demain ? 

_ Pendant un temps, je ne me voyais plus devenir immortelle puisque tu n’étais plus. Il y a une année de ça, c’étais ce que je désirais ardemment, aujourd’hui je suis heureuse d’être en vie, et demain je le serai tout autant puisque tu seras à mes côtés. Alors oui, hier, aujourd’hui et demain, tant que tu es là je ne désire rien d’autre, et peu m’importe dans quel état !   

Il se rapprocha de moi sans me quitter des yeux, je sentis ses mains se posaient sur mes épaules alors qu’il baisait légèrement sa tête vers la mienne. Alors je fermais les paupières dans l’attente de mon baiser tant désiré, de ce baiser tant rêvé, tant attendu.

Sa bouche me frôla d’abord la joue, jusqu’au dessin de mes lèvres avant de les serrer entre ses dents. Sa langue sortit pour partir à la découverte de la mienne dans un baiser langoureux et passionné. Un baiser auquel je n’avais jamais eu le droit, qu’il m’avait toujours refusé car trop dangereux pour moi. Son odeur me chatouilla les narines, son haleine s’engouffrait dans ma gorge laissant un flot de venin jaillir de mes crocs, brulant les parois de mon œsophage. C’est alors que tout se déroula très vite…

Mon corps se raidit brutalement.

Mes deux mains encerclèrent son visage radieux de chaque côté de ses tempes.

Tandis que j’exerçais une pression avec mes mains, je fis basculer son corps qui tomba durement sur le sol, alors que je le plaquai au sol, à califourchon sur lui.

Puis, je vins planter mes canines dans son cou, à l’emplacement de la carotide pour m’y abreuver. Je l’entendis gémir de douleur au contact du venin.

_ Heureusement que dans la distribution des rôles je n’ai pas eu celui du pauvre humain sans défense, car je n’aurai pas fait long feu avec toi en tant que vampire !  me lança-t-il gaiement alors que mon venin s’engouffrait dans son corps, le brulant au passage.

_ En tout cas, belle attaque je n’ai rien vu ! je ne faisais plus attention à ce qu’il pouvait me dire, l’autre Bella avait repris du service, celle qui se nourrissait de sang et qui ne vivait que pour ça. Bella, et si nous allions chasser avant que tu ne me tus. Il m’arracha violemment à son cou pour me faire lâcher prise. Je le regardais avec mes pupilles rouges et dilatées par la soif de sang, tel un zombie, incapable de la moindre parole.

_ Voyons voir quel goût j’ai. Il maintint mon menton d’une poigne de fer, avant de lécher délicatement le sang qui se répandait tout autour de ma bouche.

_ Humm un délice, je comprends que tu n’y puisses y résister. Et maintenant à mon tour, j’aimerai goûter le tien avant qu’il ne disparaisse. N’oublie pas de me repousser si tu ne veux pas mourir. Son ton était taquin et ses gestes précis alors qu’il me juchait un sourire irradiant ses traits.

Il prit un instant avant d’aviser où il allait frapper alors que j’étais morte de peur à l’idée de sentir le venin s’insinuait en moi une nouvelle fois. Il transperça mon épaule de part en part, la morsure me fut moins désagréable que le venin en lui-même et je le poussai violemment en arrière.

_ Nous sommes quittes maintenant ! Si tu as faim, chasse un animal ! Moi je ne suis pas là pour ça, je hochai la tête un peu rapidement, telle une gamine pris en flagrant délit.

Soudain un téléphone résonna au loin, provenant de la maison, nous sortant de notre contemplation. Edward m’adressa un clin d’œil avant de décamper à travers les bois pour rejoindre la maison non loin de là. Je me redressai et lui emboîtai le pas pour savoir qui nous dérangeait pour la première fois en l’espace de… plusieurs jours. Arrivée sur le pas de la porte, Edward avait déjà décroché, vraiment il était très rapide.

_ Que me vaut cet honneur chère sœur ?... Ses traits se crispèrent. Quoi ?... Tu en es sûre ?... Il arrive quand ?... Comment allons-nous lui expliquer la situation ? Foutu téléphone, je ne me rappelai plus qu’elle en avait un !... Non se sont sûrement les infirmières qui ont dû le découvrir et le mettre avec le reste de ses affaires. Morte sous X qu’est-ce que tu crois ! Tu pensais qu’on lui avait mis une pierre tombale avec « Isabella Swan R.I.P » ! Edward déambulait rapidement dans la pièce et si je n’avais pas été vampire je n’aurai pu ni le voir, ni même entendre ce qu’il disait à Alice.

_ Il va le prendre mal ? Merci pour l’information, je pensais qu’il nous remercierait ! Excuse-moi, je raccroche, au revoir.

Il eut à peine le temps de raccrocher la ligne, qu’il recomposa un autre numéro.

_ Esmé tu peux venir nous rejoindre, j’ai besoin que l’on surveille Bella, son père arrive au Lennox Hill Hospital, il a été mis au courant… Je ne sais pas trop comment, Alice n’a pas bien vu. Merci, à tout de suite. 

_ Mon père arrive, il me sait morte… Si j’avais pu m’évanouir seulement quelques instants pour me calmer j’aurais été ravie. Comment allais-je expliquer la chose à mon père ? Comment allait-il réagir ? Oh mon dieu !

_ Ne t’en fais pas, je pars rejoindre Carlisle, on va trouver une solution. Edward me colla contre sa poitrine, posant sa tête sur le sommet du mien, mais ce contact ne réussit pas à m’apaiser.

Puis, il m’abandonna dès qu’Esmé fit son apparition, me laissant à mes angoisses et à ma tristesse de ne pas pouvoir expliquer la situation à mon père de vive voix. Il fallait que je me maîtrise et au plus vite, si je voulais revoir un jour mes parents et amis.

 

Publié dans fiction

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sanchez 08/01/2010 10:38


en fait non c'est super bien écrit c'est juste que je ressens de la haine pour orline et de la jalousie car edward ne devrait pas se soucier d elle et ne laisser que bella le mordre bref ca prouve
au contraire que tu ecris bien car j ai envie de la tuer et je suis en colere contre edward lol!!! ca me tarde vraiment de voir la confrontation de ces 3 la!! et j espere qu edward va savoir bien
la remettre en place celle la!! lol
en tout cas encore bravo!!

ah oui au fait une petite remarque j ai trouvé bizarre qu esmé et carlisle ne vienne même pas part participé à la bagarre car d habitude ils sont toujours la et je trouve bizarre également qu
edward soit seul pendant toute la phase de transformation et apres comment ça se fait qu il n ai pas été soutenu par sa famille?

merci


Néo 09/01/2010 23:11


Alors pour la bagarre, c'est normal tu le comprendras par la suite. Et puis, il ne s'agissait que d'un seul vampire à la base : Victoria. Les Cullen ont pensé qu'à eux cinq ils pourraient largement
la tuer... puisqu'Alice ne voit pas les... yeux argentés ;)

Et concernant, Edwart face à lui même pendant la transformation de Bella, tout simplement parce qu'Alice avait vu au dernier moment que tout se passerait bien. Et puis, c'est une chose qu'il devait
faire tout seul. Comme pour se persuader qu'il en serait capable. Mais ne t'inquiète pas Carlisle et Esmé ne sont pas loin, tu vas vite les voir rappliquer dans les prochains chapitres, preuve
qu'ils veillent au grain.

^^


sanchez 07/01/2010 13:28


bonjour,

tout d abord felicitations car c est vraiment tres bien ecris et avec beaucoup d imagination juste une chose pourquoi edward laisse orline s abreuve de son sang et pas bella?


Néo 08/01/2010 00:03


Bonsoir Sanchez,

pour Orline, il s'agit d'un test, il ne saisit pas tout à fait les conséquences que cela pourrait engendrer. Et puis, il désire calmer sa soif pour qu'elle ne se rue pas sur un homme. L'emmener
chasser serait dangereux vue son excitation.

Pour Bella, elle craque de temps en temps. Elle le mord par inadvertance quand sa soif est trop grande. Et maintenant qu'il connait les limites de cet acte, il ne désire pas qu'elle devienne accroc
à lui par ce procédé. Il souhaite vraiment qu'elle se contrôle et se fasse au régime végétarien. Il a plus d'espoirs en Bella, pour qu'elle devienne irréprochable.

Cela manque d'explications si tu soulèves ce problème, je vais donc tenir rigueur de ta remarque et la rajouter dans mes écrits.

Merci de me l'avoir fait remarquer ;) et merci de me lire.

Bonne lecture =)


souscrire mutuelle 08/12/2009 13:28


super cette article
bonne continuation
et a bientot


Néo 09/12/2009 08:39


merci à toi ^^ et j'espère que tu reviendras sur mon blog pour y lire la suite ;)


Clo# 24/10/2009 20:58


Trooooooop bien !
Vive Edward et Bella !
Et Charlie ... Qu'est-ce qui va se passer ?!


Néo 25/10/2009 15:21


ahahah tu verras bien ^^


la Bella du Quebec 06/10/2009 17:40


ou lala sa va barder Charlie arrive oh merde Edward va passer un movais quart d'heure

et que va arriver a Charlie sans sa fille il va déprimer le pauvre bon vite a la suite


Néo 06/10/2009 21:42


Charlie va en effet péter un cable effectivement !!