chapitre 17

Publié le par Néo

Excitations

Certaines personnes réussissent à traverser les épreuves avec sagesse et sérénité. A faire face à l’adversité tout en gardant leur sang froid _ ou plutôt la tête sur les épaules _ mais il ne s’agissait pas de mon comportement. Malheureusement, car ces traits de caractère m’aurait évité quelques erreurs de jugement, mon impulsivité, ma colère, mon impatience et mon impétuosité ne m’ont pas aidé, bien au contraire…

J’étais en train de me ronger les sangs, (façon de parler bien évidemment) mon esprit était embrouillé dans une sorte de mélasse gluante qui m’empêchait d’aviser la situation de façon claire et objective. Ainsi, je trainais mon corps désarticulé sur les galets de la plage, celle-là même où Bella et moi passions le plus clair de notre temps, assis sur les restes d’un arbre blanchis par le sel de la mer.

Bella… cela faisait trois semaines que j’étais sans nouvelle d’elle, ou de l’un de ses abrutis de buveurs de sang ! Comment allait-elle ? Était-elle morte ou… ou vamp… ou autre chose qu’humaine ? Bien sûr, au fond de moi-même je préférai la savoir en vie (enfin si l’on peut dire ça) plutôt que six pieds sous terre. Une morte-vivante est toujours mieux qu’une tombe fleurie, mais l’acceptation en était tout aussi difficile pour moi : un lycanthrope qui allait la voir comme une ennemie dorénavant.

Est-ce que l’autre tâche de rouquin avait réussi à la transformer ou avait-il, tel un alcoolique sevré, plongé avec délice ses canines acérées pour lui sucer tout son sang jusqu’à la moelle ? Bien entendu, personne n’avait jugé nécessaire d’avertir les loups sur les évènements passés, sur la nature des créatures qui nous avait mis une raclée monumentale, nous poussant à fuir tels des lâches. Même, il ne jugeait pas utile de me tenir au courant de sa métamorphose, à moins qu’elle ne soit… Non ! C’était impossible, elle ne pouvait pas être morte ! Enfin si, elle l’était d’une certaine manière, mais elle devais vivre quelque part sur ce continent !

Mes idées s’embrouillaient, je ne parvenais pas à les agencer, ni à les formuler correctement. Depuis quelques jours, j’étais devenu l’ombre de moi-même. Mes amis s’écartaient, me laissaient tranquille sans me faire le moindre commentaire. Et même Lily semblait indifférente à mon mutisme, même si elle n’en avait pas conscience. En effet, cette dernière était en convalescence, plongée dans un sommeil réparateur que lui procuraient les antidouleurs. Suite à son plongeon dans le lac, le contact avec la surface de l’eau lui avait valu quelques côtes brisées. Et puis, son voyage sur le dos d’un loup n’avait pas amélioré ses blessures, lui créant d’autres ecchymoses et balafres malgré mes précautions.

Je me rappelai alors mes derniers moments… ceux qui s’étaient déroulés à la frontière canadienne, à Adirondack Park Preserve, près du lac de Saranac plus exactement, comme nous l’apprîmes ultérieurement. Sans s’être concertés, les Cullen et nous, avions pris des directions différentes : eux faisant route vers l’ouest, tandis que nous prenions la route vers le nord : Montréal. Devant les blessures de Lily, je souhaitais trouver au plus vite un hôpital pour mettre un terme à son calvaire. Le trajet chaotique n’ayant rien arrangé, elle arriva au centre hospitalier à bout de souffle, limite inconsciente. Toutefois, il lui restait assez d’énergie pour protester ouvertement contre toute hospitalisation dans cet environnement ouaté et anesthésié, sentant la mort à chaque coins et recoins (tels avaient été ses mots). Heureusement, l’interne urgentiste à qui nous avions eu à faire, réussit tant bien que mal à ligoter Lily sur un brancard pour lui faire passer des radios. Une fois, l’examen terminé et le diagnostic connu, le résidant nous autorisa à regagner Seattle, via un rapatriement sanitaire. En effet, même si Lily avait plusieurs côtes fêlées, les médecins ne constatèrent aucun traumatisme, et le seul traitement pour ressouder des os était de rester allongé, drogué aux anti-inflammatoires pendant quelques semaines. 

Ainsi, nous regagnâmes le comté de Washington à bord d’un avion sanitaire aux proportions ridicules, mais qui effectua sa mission sans émettre le moindre signe d’essoufflement. Puis, une ambulance, garée sur le tarmac, emmena Lily, tandis que Sam récupéra les garçons pour suivre le convoi de Seattle jusqu’à La Push. J’étais fier de pouvoir présenter Lily à mon père, au reste de la meute et à mes amis. Fier de montrer que je m’étais enfin trouver quelqu’un qui allait m’aimer pour ce que j’étais : un loup. Malheureusement, mon retour au bercail ne rima pas avec réjouissance ! Mon père était enchanté par ma nouvelle relation qu’il jugeait plus convenable, et mes amis commençaient déjà à proférer diverses blagues à notre encontre. Même Lily, une fois le stade des timidités passait, semblait apprécier la compagnie de la population indienne. En fait, le problème venait de moi, et de moi seul car je n’avais tout simplement pas le cœur à me réjouir de quoique se soit : nous avions perdu une bataille sans connaitre ni l’identité de nos ennemis, ni leur plan, les Cullen s’étaient évaporés sans laisser la moindre information sur leur destination, et enfin je restai sans nouvelle de Bella.

Lily serait certainement venue à bout de mes angoisses, mais elle passait le plus clair de son temps à dormir, les calmants la plongeaient dans un sommeil profond et apaisant. Les rares moments où elle sortait de sa léthargie, Emily s’imposait pour prendre le relai afin de l’assister dans ses « tâches quotidiennes » soient l’aider à se doucher, à changer ses pansements et autres occupations dites féminines, et n’étant pas à l’aise sur ce sujet, je la laissais seule maîtresse à bord et m’éclipsai discrètement.

Du coup, je passais mon temps à déambuler soit dans le calme de la forêt, soit près des remous de la mer, l’esprit à des milliers de kilomètres de La Push. Je ruminai chaque détail, chaque évènement ne parvenant pas à trouver la solution. La défaite était dure à avaler… Nos adversaires pourtant en infériorité numérique, nous avait mis une raclée monumentale. Je n’étais pas présent au moment de la bataille, j’avais suivi la trace de Lily jusqu’au lac où j’avais réduis un vampire en charpie, avant que Cullen se charge de l’autre hystérique de Victoria. Les seules images de l’affrontement m’étaient parvenues via l’esprit de Paul, Quil et Embry qui étaient restés pantois devant les performances singulières de nos adverses. En effet, ils bougeaient encore plus vite que les vampires, à tel point que les attraper relevait de l’impossible. Et puis, leur odeur était… était comme imperceptible. Seul, le vampire aux allures de motard semblait plus normal dans cette atmosphère troublant. Néanmoins, malgré ses airs vulnérables, Orline n’avait réussi à s’occuper de lui et cela lui a couté quelques dégâts. De toute façon, elle n’a pas était la seule à avoir subit quelques dommages… Tandis que les miens, tels des froussards, étaient restés en retrait, immobiles devant les va-et-vient incessants des vampires et de ces choses. Ils ne voyaient que très peu de choses de leurs mouvements pour pouvoir attaquer.

Je leur en voulais d’avoir été si inactif ! Pour qui allait-on les prendre maintenant ? Pour des sales cabots craintifs, lâches et chiffes molles ? Quel désespoir ! A présent, je shootais dans tous les cailloux qui se trouvaient à mes pieds, les envoyant à plusieurs mètres devant moi, dans un excès de rage. Ma colère au fil des jours s’était amplifiée de façon exponentielle par rapport à mon inactivité. En effet, dès notre retour, Sam avait décidé de mettre notre périmètre sous une surveillance accrue. La meute se relayait jours et nuits dans des interminables rondes autour de nos habitations pour sécuriser la population contre toute attaque éventuelle de choses argentées et bizarroïdes ! Les loups étaient sur le pied de guerre sauf moi… Sam avait jugé mon état mental trop irascible et borderline pour me confier une mission de surveillance. Quelle stupidité ! Autant m’envoyer en maison de repos !

Du coup, je passais mes journées à me torturer sur cette maudite plage, ou cloîtrer entre les quatre murs de ma chambre à regarder Lily dormir. Lily que je n’avais finalement pas réussis à protéger… franchement je commençais à douter de mes qualités de discernement. Pour elle, j’avais décidé de m’éloigner des conflits, j’avais tourné le dos à la meute et à Bella volontairement pour la préserver. A peine la décision prise, je m’en étais voulu tout de suite. Toutefois, qu’aurai-je fais de Lily ? Où l’aurai-je caché pendant la bataille ? Je n’aurai pas été tranquille où qu’elle se trouve. Et puis, je pensais que notre force et notre nombre feraient largement la différence. J’avais eu faux sur toute la ligne, car en plus d’avoir eu à faire à des créatures bien plus fortes que nous, elles avaient réussi à enlever la personne que je préservais. En effet, une fois arrivés au gite dans lequel nous logions, je l’avais laissé à peine une minute seule, la minute de trop… Quand j’étais revenu dans la chambre elle n’était plus là. Et maintenant, elle se retrouvait dans mon lit, alitée avec des côtes de brisées, et des hématomes partout.

Je me sentais être un incapable. Incapable de protéger une personne dans un espace réduit. Incapable de mener trois loups au combat, de les y forcer. Incapable de dominer ma colère quand elle me submergeait. Incapable d’être pris au sérieux par les miens. Un sentiment d’injustice source de susceptibilités diverses.

_ Hey Jake ! une voix grave me fit lever la tête vers la personne qui venait à ma rencontre.

Il ne me fallut qu’une seconde pour reconnaître le visage bienveillant de Jared. Il était un des seuls que l’on réussissait rapidement à différencier. Ses origines asiatiques donnaient à ses traits plus de finesse par rapport à nos rudes visages. Il possédait les mêmes yeux fins et légèrement bridés de sa mère dans une teinte grise. Jared était tout en délicatesse et en grâce, détonant souvent face à nos figures carrées, taillées à la serpe. Et malgré cette apparence douce, je me mis face à lui, les mains enfoncées dans mes poches, dans une attitude peu accueillante qui ne sembla ni l’étonner, ni le rebuter car il ajouta : « Je viens de voir Lily, ce n’est pas la grande forme ! »

_ Sans blague !  ironisai-je.

_ Je voulais seulement te dire qu’elle se trouve bien seule depuis une heure, et qu’elle aimerait un peu de compagnie (silence). La tienne autrement dit. Et puis, tu n’as pas l’air très occupé alors… je le coupai.

_ Sans blague, je passe mes journées à glander, et ce grâce à qui, hein ? 

_ Euh… ce n’est pas ce à quoi je faisais référence… Je voulais juste te dire que Lily aimerait te voir. Il se trouvait un peu bête devant mon emportement qu’il n’avait pas souhaité.

_ C’est bon ! J’ai compris, je culpabilise alors mission accomplie. 

_ Oh Jake ! Vraiment ce que tu peux être agaçant à la fin, me lança-t-il d’un ton sec. Je ne veux ni te faire culpabiliser, ni te dire ce que tu dois faire. Au contraire, reprends-toi voyons. Tu te trompes d’ennemis, nous sommes là pour toi. 

_ Ca va, je suis désolé. J’amorçai un demi-tour quand les paroles de Jared me firent me retourner.

_ Lily est une fille épatante. Ce qui m’a frappé c’est sa force si fragile, il sourit de son jeu de mots, prends soin d’elle car rien n’est jamais acquis, surtout en amour. 

Je laissai Jared derrière moi et me dirigeai vers la petite maison en bois qui se trouvait en amont de la plage. D’ici, on apercevait juste le haut de sa toiture, mais je ne mis que quelques secondes pour me trouver sur la pas de la porte. Avant de rentrer, je me recomposai un visage qui se voulait souriant et serein, tentative mince vue mon état d’énervement. Toutefois, dès que mes yeux se posèrent sur l’objet de mon amour, je sentis mes traits se dérider automatiquement, et les commissures de mes lèvres se relevèrent doucement. Lily était vraiment d’une beauté à couper le souffle, même aujourd’hui couverte de griffures et d’hématomes le long de ses bras. Lorsque je parvins sur le bord du lit, elle s’était assoupie de nouveau et je me perdis dans la contemplation de son visage. Sa frange, toujours trop longue, était collée sur son front venant jusqu’à lui chatouiller les narines au fil de sa respiration. Sa bouche légèrement entrouverte, était pleine et d’un rouge vif. Chaque fois que je les voyais s’agiter sous mes yeux je ne désirais qu’une chose : m’en emparais avidement. Je décidai de les frôler du bout des doigts, comme pour voir si elles étaient aussi douces que belles (ce que je savais déjà) mais, elle se réveilla avant même d’avoir pu aller plus loin dans mon expédition sensorielle.

_ Qu’essayais-tu de me faire espèce de pervers ? Son rire résonnât dans la pièce mais il se termina dans une grimace de douleur au moment où sa poitrine se soulevait.

_ Lily ça va ? Inquiet je me penchais sur elle pour m’emparer de sa souffrance.

_ C’est bon Jacob, calme-toi. Je crois que mes côtes ne sont pas encore prêtes à être secouées par mes rires tonitruants. Il faudra attendre. Elle posa une de ses mains sous ses seins, à l’endroit où quatre côtes avaient été fêlé.

J’étais content de voir que Lily était réveillée car j’avais tant besoin d’elle, de son soutien, de sa voix et de ses yeux salvateurs. Je savais qu’elle réussirait à me calmer, qu’elle parviendrait là où tout le reste de la meute avait pitoyablement échoué.

_ Comment te sens-tu ? Tu as besoin de quelque chose ? 

Elle secoua légèrement sa tête et m’offrit pour toute réponse sa main en signe d’invitation. J’attrapai sa main en plein vol et vint la poser sur ma bouche. Je m’allongeai doucement à côté d’elle tout en prenant soin de ne pas la bousculer. Elle tenta de se coller à moi, mais la douleur l’empêcha d’entreprendre le moindre mouvement, alors je me mis sur mon flanc et passais mon bras sous sa nuque pour être au plus près d’elle. « Tu me manques chaque jour. »

_ Je suis désolée. Dans quelques jours nous retrouvons un rythme plus calme. Je hochai la tête. Dès que je pourrais de nouveau me mettre debout, elle attira ma main vers sa joue et ferma les yeux.

_ Oui, je pourrais te montrer La Push dans son intégralité ! Je commençais peu à peu à retrouver mon entrain coutumier à son contact.

_ Se sera très intéressant ! Par contre, retour à la réalité ensuite ! Je stoppai les caresses qu’elle effectuait de sa main avec la mienne le long de sa joue.

_ Retour à la réalité ? j’arquai un de mes sourcils pour lui montrer mon incompréhension.

_ Et bien oui, cela fait déjà trois semaines que je suis alitée, et je ne voudrais pas rater trop de cours. Je partis dans un éclat de rire vibrant, à la fois incrédule et nerveux. Ne rigole pas ! Nous aurions l’air malin si la fac appelait mes parents.

_ Lily, nous avons envoyé tous les papiers nécessaires pour justifier de ton absence prolongée. Alors ne t’inquiète pas pour tes cours ou tes parents, c’est extraordinaire. 

_ Ce que tu peux être immature parfois ! Si jamais mes parents apprennent mon accident, je n’aurai pas d’autre solution que de leur donner une raison. Et s’il s’aperçoive que je suis à des milliers de kilomètres de Dartmouth, ils me couperont les vivres. Ce qui signifiera retour à la case départ, autrement dit : en Europe avec eux. Et ça il en est hors de question ! son ton était monté crescendo et je restai la bouche ouverte devant sa crise de nerf soudaine.

_ Hey, calme-toi ! Pour tes parents on agira sur le moment. Et tout retour à Dartmouth est tout simplement impossible. Elle tenta en vain de me repousser mais tout ce qu’elle réussit fut de se reculer elle-même.

_ Pardon ? Serais-tu en train de me dire ce que je dois faire ? 

_ Tsss… Ne joue pas à ça avec moi aujourd’hui je ne suis pas en jambe. Je dis seulement que pour l’instant tout retour à la fac est inenvisageable. Nous ne savons pas si le danger à disparu et je ne pourrais pas assurer ta sécurité là-bas à moi seul. 

_ Jusque là je m’en suis très bien sorti, je n’ai besoin ni de garde-du-corps, ni de loup pour veiller à ma sécurité. D’ailleurs, c’est depuis que je t’ai rencontré que ma vie est menacée. Les mots étaient sortis, trop tard pour faire machine arrière, mais je lus comme un regret dans ses yeux. Le silence s’installa, pesant, sur tous les murs de ma chambre, alors que nos yeux ne se détachaient pas. Ce temps me fut nécessaire pour calmer mon énervement, et me forçais à garder le contrôle de mon corps, qui tremblait.

_ Lily je crois que tu ne comprends rien… Je me massai les tempes. Les choses qui nous ont attaqués peuvent très bien être encore là-bas, je ne peux pas te laisser y retourner. Donc tu vas rester sagement ici, car j’ai déjà assez de souci à gérer sans que tu m’inquiètes davantage avec tes envies folles de te jeter… 

_ Mes envies folles ? elle émit un petit rire nerveux. Je suis majeure et vaccinée dois-je te le rappeler. Personne ne me dira ce que je dois faire, et encore moins un gamin aux gènes bizarres qui veut jouer les super héros ! Va au diable ! 

_ Parfait ! Fais comme tu le sens espèce de gamine capricieuse ! 

Sur ce, je bondis du lit et enfonçai du pied la porte de ma chambre qui sortit de ses gonds. Les murs tremblèrent, arrachant un cri de stupeur à Lily qui vraisemblablement ne s’attendait pas à une telle violence de ma part. Je sortis par une fenêtre qui explosa à mon contact. A peine réceptionner j’avais déjà muté.

Je gagnai le couvert des arbres en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, et tout de suite leurs voix résonnèrent à l’intérieur de mon cerveau.

_ Il refait les mêmes erreurs !      

_ Il va perdre Lily comme il a perdu Bella.

_ Il veut l’enfermer dans une prison dorée pour qu’elle reste près de lui.

_ Quel sacré caractère cette fille ! 

_ Foutais moi la paix ! 

Je hurlai intérieurement cette prière à leur encontre, mais même si leurs pensées se calmèrent elles ne disparurent pas complètement à mon grand dam. Je parcourais la forêt, évitais les arbres et leurs racines au dernier moment, la vitesse de ma course me permit de concentrer mon cerveau sur autre chose que la colère de Lily, et sur les conseils envoyé par les miens.

Sans m’en rendre compte tout de suite, j’empruntai un chemin qui ne m’était pas inconnu, l’ayant parcouru des dizaines, voire même des centaines de fois. Un chemin plus à l’est que La Push, m’éloignant des côtés et des remous des vagues, pour m’enfoncer dans les terres humides du comté de Washington, vers une petite ville aux allures de campagne, vers une maison où j’avais passé des moments agréables et d’autres pas. Chez elle… Chez Bella.

Parvenu à la limite de la forêt, je mutai et enfilai le bermuda qui se trouvait sanglé à ma cheville à l’aide d’un lacet. L’endroit était désert et une fine pluie tombait légèrement sur le toit de la voiture de police stationnée devant la maisonnette du chef Swan. Je sortis du mon abri et traversai la route qui me séparait de la porte d’entrée, puis je toquai.

_ Jake ?! Oh mon dieu tu es revenu, il m’attrapa par les épaules m’offrant une franche accolade. Mais où es-tu passé ? 

_ Euh… en ballade !  piètre mensonge, mais j’avais complètement oublié une partie de ce problème…

_ Ne te moque pas de moi Jacob Black ! Dis-moi plutôt la vérité, tu es parti rejoindre Bella à Dartmouth ? Vous vous êtes, il semblait gêné de s’aventurer sur un terrain glissant, réconciliés ? 

_ Pas tout à fait… je n’ai pas eu le cran. 

_ Han ! Jacob mais tu es torse nu ! Rentre tu vas attraper la mort ! Mais qu’est-ce qui te passe par la tête pour sortir comme ça par un temps pareil.

J’obéis à son ordre et entrai dans la cuisine où il m’installa devant une tasse de lait bien chaud, avant de m’apporter un plaid qui traînait sur le canapé. Je le posai négligemment sur mes épaules pour ne pas transpirer de chaud, ce qui n’aurait fait qu’inquiéter Charlie en pensant que je montais en température.

Enfin assis, réchauffé et le ventre plein, enfin ce qu’il pensait, il commença à me questionner sur mes déplacements, sur leur nature, mais il ne tenta aucune percée sur le sujet de Bella. Charlie était trop mal à l’aise dans ce genre de discussion pour oser s’y aventurer, mais tout de même son tempérament de flic ne pouvait s’empêcher de poser des questions. Mais comprenant bien ce qu’il voulait savoir je lui offris une réponse, fausse bien entendu, mais qui pourrait le satisfaire. 

_ En fait, je me suis dégonflé…Je n’ai pas osé lui parler. Je l’ai seulement aperçut de loin. 

_ Ne t’en fais pas, les fêtes de Thanksgiving vont bientôt arrivées, tu pourras alors avoir d’autres opportunités de la voir et de vous expliquer, m’informa-t-il.

_ Pourquoi elle a l’intention de passer les fêtes à Forks ? 

_ Oui aux dernières nouvelles c’est ce qu’elle avait prévu avant de passer les fêtes du jour de l’an avec Renée en Floride. 

_ Elle t’en a informé quand ? 

_ Et bien… quand on s’est quitté en août. 

_ Oh et depuis tu n’as pas de nouvelle ? 

_ Si, elle essaye de m’appeler régulièrement, mais il est vrai que cela fait un mois qu’elle ne m’a pas téléphoné ! D’ailleurs, j’étais sur le point de le faire au moment où tu as rappliqué. Je rebondis automatiquement sur l’aubaine qui se présentait à moi.

_ Et bien faisons-le ! 

_ Pardon ? 

_ Oui, prends ton téléphone et appelle-la ! Cela me fera un bien fou d’entendre le son de sa voix ! Charlie m’observait perplexe, j’avais bondis sur mes pieds pour aller décrocher le téléphone qui se trouvait dans la cuisine, et lui tendis le combiné.

_ Et bien si tu insistes… mais elle risque de ne pas répondre, il est plus de 22h là-bas. 

_ Son message d’accueil me suffira. Charlie était de plus en plus inquiet sur ma santé mentale, mais il pianota quand même les numéros du cellulaire de Bella.

Je tentai en vain de camoufler mon excitation, j’allai enfin avoir de ses nouvelles ! Le téléphone émit les tonalités ce qui signifiait qu’elle ne l’avait pas coupé, c’était une chance. Puis soudain, une voix féminine retentit dans l’appareil à l’autre bout de la ligne.

_ Allo ?

_ Bella ? C’est toi ? 

_ Non désolée, ce n’est pas elle. Qui êtes-vous s’il vous plaît ?

_ Je suis son père !

_ Oh ! A l’autre bout du combiné, l’interlocutrice était étonnée. Puis-je vous demander de vous rendre d’urgence au Lennox Hill Hospital ?

_ Pardon ? Où ça ? Que lui est-il arrivé ? 

_ Votre fille a eut un accident de voiture, ici à New York. 

_ Mais c’est insensé ! Elle est à la faculté de Dartmouth dans le Hanover, et elle n’a pas de voiture. 

_ Ce téléphone à été retrouvé dans une des poches de son pantalon. Tous portent à croire qu’il s’agisse du sien.

_ Mais comment va-t-elle ? 

_ S’il vous plait monsieur venez sur place. 

Charlie raccrocha le visage blême, les yeux ahuris et inquiets. Quant à moi j’étais six pieds sous terre. Mais que faisais Bella dans un hôpital ?!

 

 

 

 

Publié dans fiction

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Commenter cet article

Clo# 24/10/2009 20:45


Ah Charlie ... la belle boulette !


Néo 25/10/2009 15:21


je n'étais pas pour la politique de l'autruche


la Bella du Quebec 06/10/2009 21:47


ohh non je me suis tromper de nom je voilais parler de Lyli qui est dans un hôpital de Montréal et non pas Bella désolé


Néo 06/10/2009 21:54


ah ok je le rajouterai aussi à ma prochaine modification tout comme le pont ^^


la Bella du Quebec 06/10/2009 17:35


merde pauvre Charlie je l'avais oublier le pauvre

il va faire une crise cardiaque a l'annonce de sa mort
et que va dire Jacob quand il va apprendre que Bella est devenue vampire oufff je vais lire la suite

je suppose que Bella est a l'hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal sa marche bien avec les Cullen (Rose) pour Rosalie lolll
ou une autre mais moi j'aime bien celle la


Néo 06/10/2009 21:41


non elle est à New York au Lennox Hill Hospital ^^


Angie 23/09/2009 20:20


oh oh =s
ça va détruire et charlie et jacob car il va pas savoir tout de suite si elle est morte ou vampire et dans tout les cas ça va pas lui plaire =s


Néo 23/09/2009 21:26


je ne t'en dis pas plus à toi de le découvrir...


SAriah 09/07/2009 10:42

J'adore ton style d'écriture.
On est happé par les mots à chaque fois!

Néo 09/07/2009 11:56


merci ^^