chapitre 15/première partie : Jake

Publié le par Néo

Angoisses

 Le ciel était d’un noir d’encre ce soir-là…

Telle une voute qui obscurcissait tout, et où rien ne venait éclairer ce ciel lugubre, même les pâles lueurs du croissant de lune ne réussissaient pas à donner un peu de clarté.

La tête tournait vers le défilement accéléré des nuages, mon cerveau repassait en boucle la scène du matin ; la découverte de ce corps disloqué, sans vie, gisant dans une mare d’eau, sa nudité offert à tous les badauds. Comment ces espèces privées de toute humanité pouvaient-elles cohabiter dans cet univers ? A côté de si délicates et charmantes personnes, qui au moindre sourire, à la moindre œillade venant d’elle me faisait chavirer ? Et de quel droit, moi représentant de ces créatures nocturnes sorties tout droit d’un livre de science-fiction, me l’appropriai-je ?

Les yeux pétillants de Lily se posèrent sur ma conscience, telle une pommade venant pansée mes plaies internes, balayant mes pensées noires et funestes. Voilà à quoi devait servir mon instinct de prédateur, mes capacités hors normes : à la protéger ! Sa vie avait basculé au moment où nos yeux s’étaient croisés, sa vie dont le cours si tranquille avait perdu tout équilibre, et il était de mon devoir de lui rendre l’existence plus facile, et de lui offrir un carcan de protection.

Le meurtre n’avait pas été commis par l’un des miens, toutefois ni lycans, ni vampires ne devraient partager le monde de personnes si fragiles. Je ne devrais pas exister, du moins pas sous cette apparence, pas avec tout ce que cela engendrait comme conséquence. Si le phénomène de l’imprégnation ne régissait pas nos vies, Lily m’aurait-elle aimée avec la même ardeur, aurait-elle-même posée un regard sur moi ? L’imprégnation ne nous laissait guère le choix, enrôlés dans une passion enivrante et dévorante, altérant tout sens du pragmatisme et du bon sens. Si mes gènes ne s’étaient pas autant développés je n’aurai pas l’allure dont je prétendais aujourd’hui, ni la carrure, ni la force et encore moins la maturité.

Un mal pour un bien, c’est ce que l’on dit… Mais à quoi mesure-t-on l’importance du mal par rapport au bien prodigué ? Si dans les jours à venir Lily venait à être blessée ou pire ; le peu de bonheur que je lui aurais offert durant ses quelques jours, serait-il plus important que sa mort elle-même ? Mais comment la protéger… de moi-même, des menaces qui m’assaillaient de toutes parts ? Alors que ce combat n’était pas le mien ! Je n’étais pas censé me trouver ici, nous étions les « Protecteurs » de notre peuple seulement ! L’heure du choix aurait-elle sonné son glas ?

Entre celle que j’aimais d’un amour sans limite, et celle qui… qui représentait aussi une autre moitié de moi-même. Lily ou Bella ?

Alors que je me perdais dans ce choix cornélien, soudain le vent se mit à mugir violemment, embarquant dans sa danse endiablée feuilles mortes et détritus en tout genre, m’obscurcissant la vue une seconde. Les nuages épaissirent rapidement, cachant définitivement le halo du croissant de lune. Les lampadaires venant de la petite allée bétonnée exhibaient une lumière timide mais qui se fit sentir dans l’obscurité étouffante. Les rafales tourbillonnaient autour de moi, m’emprisonnant dans un tourbillon déchaîné. Le temps était au diapason de mon humeur, comme pour me forcer à prendre une décision, à me pousser vers la sortie.

J’entendis bien avant de les voir, deux étudiantes qui titubaient sur l’allée, leurs talons aiguilles répercutaient leurs inlassables claquements sur le bitume. Elles rigolaient doucement de plaisanteries échangées en douce, qui ne firent rire qu’elles, n’ayant pas le taux d’alcool nécessaire dans le sang pour les comprendre à leur juste valeur semble-t-il. Agrippées l’une à l’autre par le bras, elles chancelaient avec difficulté pour regagner leur chambre.

Elles passèrent devant moi sans m’apercevoir, l’alcool a tendance à brouiller nos sens, et puis j’étais isolé dans mon obscurité ambiante, invisible pour un œil d’humain. Je me distrayais un instant de leur spectacle, telles deux petits clowns proposant un intermède futile à mes pensées tourmentées. Elles étaient si petites et si fines que l’on aurait pu les prendre pour des collégiennes, une soudaine envie de les accompagner jusqu’à la porte de leur résidence me traversa la tête, que je repoussai aussitôt. Outre le fait qu’elles auraient été effrayées de me voir surgir des bois, je ne voulais quitter sous aucun prétexte mon poste de surveillance. De toute façon, mon inquiétude cessa rapidement quand les jeunes filles obliquèrent vers la résidence sur laquelle je gardais un œil avertit. Alors elles partageaient elles aussi la même maison que Lily et Bella, néanmoins dans leur état d’ivresse avancé je ne donnais pas cher de leur peau quant au chien de garde. Hortensia allait se réveiller au moindre rire étouffé et aux grincements de l’escalier principal.

Les trois marches qui menaient au porche furent une véritable épreuve de force pour nos ivrognes, mais elles se débrouillèrent bien mieux pour refermer la porte en silence. Je m’attendais à voir la lumière de la chambre d’Hortensia s’allumer et anticipai même sa réaction dans ma tête. Mais aucun éclairage ne vint filtrer à travers les rideaux de la gardienne, d’ailleurs ni dans aucune fenêtre du premier étage non plus, à moins que leur chambre ne donne sur la façade arrière. Après cinq bonnes minutes à guetter le moindre signe de remue-ménage je dus reconnaître qu’elles avaient parfaitement réussies leur mission périlleuse.

Alors que ma distraction de la soirée devait déjà être en train de cuver tout l’alcool qui se répandait dans leur corps, mes idées noires s’emparèrent à nouveau de mon attention. Je tentai vainement de trouver un fil conducteur cohérent dans le flot de possibilités qui s’étalaient derrière mes yeux : la fuite, l’attaque, la bataille, le camouflage… Mon cerveau imaginait déjà une série de scènes alors que je ne savais toujours pas de quoi il en retournait. Depuis le départ d’Edward, je n’avais toujours pas revu la moindre trace d’un buveur de sang aux alentours, ce qui ne laissait présager rien de positif. S’ils mettaient autant de temps à déchiffrer les attaques de l’autre folle furieuse, cela signifiait que la campagne se révélait ardue. N’empêche à moins que…

_ JAKKKKKKEEEEEEE !

Ce cri angoissé me perça les tympans en même temps qu’il me foudroya sur le coup. Mais sans réfléchir outre mesure, ni prendre le temps d’observer les alentours, je me lançais sur la façade de la maison ; et en un temps inhumain je m’emparai vivement de Lily, qui se trouvait à la fenêtre de sa chambre. Son visage était défiguré par l’angoisse et des larmes coulaient à torrents.

_ BELLA ! Me retournant sur moi-même je constatai qu’elle ne se trouvait pas dans la pièce, les draps de son lit encore froissés étaient vides de sa présence.

_ Oh non, non, non, pas ça !

Publié dans fiction

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Commenter cet article

Clo# 24/10/2009 16:36


AAAAAAAAAAAh ! Bella, où es-tu ?!


Néo 24/10/2009 17:12


elle s'est cachée pour jouer avec Edward XD *ok je sors*


la Bella du Quebec 05/10/2009 04:08


a non Bella ses fait enlever merde Jake n'a rien vue ou senti je suis sur que ses les filles saoule merde

ok je vais a la suite


Néo 05/10/2009 13:49


bonne hypothèse en ce qui concerne les filles !!


Angie 22/09/2009 20:50


oh bah non !!! O.O (en plus c'est sadique car il faut changer de page ^^ pour avoir la suite :P encore plus de suspense ^^ )


Néo 22/09/2009 22:09


et puis c'est seulement la première partie ^^


Berangere 12/05/2009 04:27

Bouhhh je suis en totale manque de ton histoire !!
Vivement la suite, nous oublies pas!! ^^

berangere 11/05/2009 03:12

Youpi deja la suite de la fiction , vivement la deuxieme partie !!! ♥
Ca m'a l'air de devenir très ineressant lol
merci