chapitre 13

Publié le par Néo

Nervosité

Dans les rues d’Hanover, un couple d’amoureux se balade enlacés…

Sur le chemin du retour, main dans la main, je me remémorai ma nuit avec Lily. Une nuit merveilleuse où nous avions pu jouir complètement d’une intimité intégrale. Aucun vampire, ni aucune autre personne n’était venu troubler nos ébats et nos secrets divulgués dans le creux de nos oreilles, cachés sous les couvertures. Depuis mon arrivée dans le New Hampshire, et comme à chacune de mes visites, je logeai dans un petit gîte non loin du campus, mais suffisamment distant pour rester inaperçu. Cette nuit, nous avait surtout permis de nous retrouver et conforter Lily dans les sentiments qu’elle me portait, et ceux que je ressentais en retour. Nous étions parvenus à la même conclusion : toute séparation était inenvisageable. J’étais alors rassuré de voir que Lily m’acceptait de plus en plus, sans pour autant souffrir de cette situation.

Alors que nous marchions vers la faculté, échangeant regards en coin, et riant sans en connaître la vraie raison, je perçus un son strident, aigu et perçant, puis de nouveau le calme. J’orientai ma tête vers la provenance de ce bruit inconnu, et plissait les yeux pour tenter d’apercevoir ce qu’il se passait à quelques kilomètres de nous. Nous n’étions pas encore à l’intérieur de la faculté, ils nous restaient encore plusieurs mètres avant de passer sous l’imposante arche qui symbolisait l’entrée principale du campus. Néanmoins, ma vue exceptionnelle entrevue des voitures de police stationner devant l’un des bâtiments principaux de l’université, ainsi que d’autres véhicules qui entraient en trombe sur le parking,  gyrophares allumés et résonnant dans le vent. La source du bruit strident et perçant. Que s’était-il passé ? Quel évènement s’était produit pour rameuter autant de patrouilles ? Bizarrement, je ne vis pas la carrure de Charlie se distinguant parmi les agents qui se dirigeaient vers l’accueil, avant de me rappeler que je me trouvais à Hanover, et non à Forks.

En me concentrant davantage, je vis que l’on tirait des bandes jaunes sur lesquelles je pus lire « CRIME SCENE DO NOT CROSS » avant de voir le corps d’un étudiant gisant dans la fontaine. Son cadavre flottait à la surface, la tête enfouie dans les eaux peu profondes du bassin, ses cheveux blonds ondulaient autour de sa tête, mais le plus choquant était de voir tous ses membres contorsionnés dans des positions humainement impossibles. Ses bras semblaient avoir été complètement disloqués, comme si sa peau était tout ce qui les rattachait encore à son tronc. Quant à ses jambes, l’une était tordue dans l’autre sens de la pliure, et l’autre le tibia avait transpercé le mollet et pointait vers le ciel. Des médecins, et divers scientifiques commençaient déjà à investir la scène du crime pour récolter le maximum d’informations, afin de trouver le coupable et le motif de cet homicide. Intérieurement, je connaissais déjà le motif du crime et son assassin : un vampire.

_ Instinctivement, je portai ma main sur les yeux de Lily, ne voulant pas qu’elle vît ce macabre spectacle. Alors que seul moi pouvais apercevoir autant de détails, et même entendre le bruit des véhicules d’urgence.

_ Aïe ! Tu m’as mis le doigt dans l’œil ! me cria-t-elle

_ Zut ! Ca va ? Je me tournai face à elle et examinai son œil sous toutes les coutures

_ C’est bon Jake, pas besoin de m’énucléer non plus ! Puis devant mon air penaud elle m’offrit ses lèvres dont je m’emparais avidement. Puis, je repris sa main dans l’une des miennes, elle l’attira vers un passage clouté.

_ Euh… Tu te trompes de chemin. Pour quelqu’un qui bénéficie de sens poussés à l’extrême, on ne peut pas dire que tu sois doué en orientation ! Elle rigola toute seule à sa blague un instant, puis se renfrogna devant ma mine silencieuse.

_ On va couper par le parc et rattraper la forêt juste derrière. Une fois, que nous serons camouflés par les arbres nous pourrons passer inaperçus. Lui appris-je en traversant la route pour prendre la direction du square déserté par les enfants à une heure si matinale.

_ Quoi ? Cette nuit ne t’as pas suffit ! Décidemment Lily était d’humeur légère aujourd’hui.

_ Hum… je n’y avais pas pensé, mais effectivement l’idée me plaît ! Et puis, il est vrai que la dernière fois il faisait nuit noire. Ne voulant pas l’inquiéter, j’optai également pour une attitude frivole.

_ Dans ce cas, si ce n’est pas pour assouvir un besoin irrépressible, à quoi pensais-tu ? Elle me fit un clin d’œil.

_ Je me disais que tu aurais souhaité connaître un de mes autres dons prodigieux…

En réalité, je désirais la ramener au plus vite à la résidence, en lieu sûr, donc courir vite, incroyablement vite. De surcroît, je voulais m’enquérir auprès d’un des buveurs de sang qui ferait le piquet, pour savoir s’il avait entendu quoique se soit la nuit dernière. Ou encore s’il s’agissait d’une erreur de leur part, d’une erreur provenant d’un néophyte incontrôlable : Orline.

La nuit dernière, Lily m’appris la triste nouvelle pour Orline. Sur le coup, je m’en voulu de n’avoir pas été assez vigilant ce soir-là, alors que je m’étais pourtant rendu plusieurs fois à son cours de tennis pour veiller sur elle. Malheureusement, elle avait échappé à mon contrôle, puis s’était retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment. Finalement, cette attaque avait sans doute était préméditée par Victoria. En effet, combien de chance avait-elle pour tomber sur une amie de Bella ? Cette coïncidence m’interloquait énormément. En tout cas, une chance que le rouquin ait réussi à l’arracher à l’emprise de Victoria. Cependant, un néophyte près d’un campus grouillant de monde n’était pas pour me rassurer. Du coup, j’interdis formellement à Lily de chercher à la voir, ou même à essayer de rentrer en contact avec cette dernière. Selon ses dires, les Cullen l’auraient pris sous leur protection et j’espérais même qu’ils la ramèneraient avec eux une fois le problème réglé. Je ne savais pas pourquoi, mais mon intuition me disait que la présence des Cullen s’éterniserait, même après la mort de Victoria.

Alors que le couvert des arbres nous rendait invisibles aux yeux de tous, j’entrepris de faire basculer Lily sur mon dos. Mon geste soudain la fit sursauter, et elle se retrouva à califourchon sur mon dos, sans l’avoir voulu, ce qui parût la désarçonner.

_ J’ai beau savoir que ta force est surdéveloppée, je reste toujours pantoise à chacun de tes gestes ! Je tournai la tête dans sa direction pour contempler son expression perplexe qui se lisait sur chacun de ses traits.

_ Je rajouterai même que certains de mes gestes te plaisent surtout dans l’intimité. A ma remarque je vis ses joues s’empourprer ce qui me fit rire. 

_ Maintenant, si tu me permets, je vais me dégourdir les jambes car… Je me stoppai brusquement quand mon ouïe me rapporta des sons étranges.

J’entendis des bruits liés à un bagarre avant même de voir les combattants en pleine action. D’ailleurs, je ressentais leur attaque jusqu’à la moindre vibration du sol. Je laissai ma phrase en suspens puis me mis en route, détalant comme un fou vers l’endroit de la rixe. Un lieu qui se trouvait dans la même direction que la résidence…

Je ne savais pas dans quel traquenard j’allais m’empêtrer, d’autant plus que Lily m’accompagnait, mais je mis rendais. Plus je me rapprochai, plus les détails de la lutte me parvenaient. Sans aucun doute, il s’agissait de créatures dotées d’une force incroyable pour réussir à faire trembler autant le sol. Quant à la direction elle restait inchangée, plein sud, soit le lieu où se trouvait Bella.

            La scène avec les gyrophares des voitures de police à l’entrée du campus me revint en mémoire, ainsi que le cadavre mutilé du jeune étudiant. Tous ces détails n’étaient donc pas pour me rassurer. Lily rebondissait légèrement sur mon dos, elle avait enroulée ses jambes autour de mes hanches tandis que je la maintenais en place d’une main que j’avais posé sous ses fesses. Après avoir vu les voitures de police amassées, j’avais préféré accélérer l’allure. Lily ne semblait pas s’être évanouie, un exploit pour elle ! M’acceptait-elle enfin pour ce que j’étais ?

Rapidement, je chassai mes inquiétudes sur ma relation à cause de mon angoisse de trouver Bella en prise avec des vampires, ou peut-être l’un des miens malmenés. En effet, je savais que certains des miens, ceux de la meute ne devraient plus tarder à arriver. Sam, le chef de notre clan des «Protecteurs », avait décidé de m’envoyer Quil, Embry et Paul pour m’aider à me débarrasser de cette sale buveuse de sang. Quand, je lui avais demandé des renforts, c’était sans connaître la présence des Cullen. A l’heure actuelle, nous étions quatre loups-garous et six vampires, en comptant Orline, pour faire face à Victoria. En conséquent, nous serions suffisamment nombreux pour l’exterminer, d’ailleurs le plus tôt serait le mieux, car cette tension commençait à mettre mes nerfs à rude épreuve, et devenait périlleux pour la population estudiantine de Dartmouth.

Mon ahurissement devant ce que j’avais sous les yeux me fit stopper net à quelques pas la scène qui s’offrait à moi. Durant les quelques secondes qu’il m’avait fallu pour recouvrir la distance qui me séparait de la vieille bâtisse. Mon imagination avait fomenté des situations les plus horribles les unes que les autres, concernant principalement l’état dans lequel j’allais trouver Bella et ses gardes du corps. Bien que la survie de ces derniers ne m’inquiétait pas comparé à celle de mon amie.

Subitement, la masse grise qui s’agitait à une dizaine de mètres de moi, vint s’écraser vivement sur un des arbres à proximité de l’endroit où Lily et moi nous nous trouvions, dans un bruit d’os brisés. Dans un ébrouement de poils qui s’éparpilla tout autour, la bête repartit à la charge dans l’espoir de venir percuter son adversaire et de l’envoyer valser comme dans un jeu de quille. Malheureusement, son rival fut trop rapide pour le loup qui, dans son élan, continua sa course folle avant de faire voler en éclat une racine qui se trouvait sur son chemin. Je reconnus facilement les deux assaillants qui se faisaient face, et à moins qu’il ne s’agisse d’un entraînement, j’étais persuadé que ses deux là s’étaient se cherchaient des noises avant d’en arriver là.

Ma décision était partagée entre mettre fin à la bagarre, ou la laisser continuer pour voir quels seraient les dommages pour le vampire face à un Paul nerveux et impulsif. Puis le souvenir de Lily me revint en tête, alors je hasardai un regard dans sa direction comme pour prendre la température. Elle regardait la bagarre attentivement, enfin dans la limite de ce que ses yeux d’humaines lui permettaient de voir. Aucune frayeur, aucun affolement, ses traits était détendus et je pouvais même deviner de la curiosité.

_ 20 dollars sur le loup gris ! me lança-t-elle sérieusement.

Je m’écartai vivement de la trajectoire du loup, juste à temps avant qu’il nous heurte violemment, puis il se réceptionna sur une branche d’arbre, de laquelle il prit de l’élan avant de toucher le vampire. Ce dernier fut pris de court par une si belle réception et n’eut pas le temps de s’écarter avant que le loup ne le propulse en arrière. Durant un laps de temps très court, le vampire roula sur le sol, et la masse grise aux reflets argentés se jeta avidement sur lui, comme l’aurai fait un chien afin de saisir sa proie au cou et la maintenir au sol. Une fois parvenue à l’endroit prévu, la mâchoire du loup se referma sur la peau glaciale et robuste du vampire.

J’allai intervenir pour proclamer la victoire de Paul, mais au dernier moment je me ravisai. Alors qu’il était allongé au sol, prisonnier d’une mâchoire d’acier, je le vis soulever à bout de bras l’imposant loup et s’arracher à son étreinte dans un jet de sang. La partie prenait un tournant dangereux, je préférai y mettre un terme. Néanmoins, je ne me déchargeais pas de Lily, ne savant pas dans quel endroit elle serait à l’abri, je jugeai plus sage de la garder avec moi.

_ Ca suffit comme ça ! STOP ! Je dû hurler pour me faire entendre des deux adversaires qui se faisaient de nouveau face, en position d’attaque, prêt à repartir dans un corps-à-corps sanglant.

Connaissant le tempérament impétueux de Paul, je courus me placer juste devant lui pour lui intimer l’ordre de retrouver une apparence plus décente. J’eus l’impression que le temps s’était arrêté, et commençai à douter de ma force de persuasion face à ce loup indomptable. Pourtant, dans la minute qui suivit, il retrouva sa forme humaine dans un craquement sec.

Un couinement provenant de derrière moi, me rappela la présence de Lily et compris sa gêne soudaine. Paul avait muté sous nos yeux, n’ayant pas vu mon amie derrière mes imposantes épaules. Cependant, ce n’est pas tant ce phénomène qui embarrassa Lily, mais plus la nudité de Paul.

_ Tsst… Paul pourrais-tu nous épargner la vue de ton intimité, s’il te plaît ! Lui demandais-je gentiment à mon ami.

_ Quoi ? La vue de ma virilité dérange ce buveur de sang ! me lança-t-il acerbe.

_ Non, en fait je pensais plus à la demoiselle qui se cache, rouge de honte, derrière mon épaule, lui répondis-je en lui servant mon sourire moqueur. Puis sans même lancer un regard sur Lily, il se retourna et tâcha de masquer sa virilité.

_ Oups, Bella je suis navré. Je… dit-il hâtivement en dénouant le lacet qui ceinturait sa cheville, où se trouvait un short de rechange, au cas où.

_ Non (un long souffle) il ne s’agit pas de Bella, mais de Lily, une fois Paul habillé, je me tournais légèrement pour que mon ami puisse voir la personne calfeutrée à l’arrière de mon dos et sans doute encore rouge pivoine.

Un raclement de gorge me fit me retourner. Edward se trouvait devant moi raide comme un piquet, le col de sa chemise était imbibé par son sang, mais plus aucune trace n’était visible sur son cou. Je tournai ma tête vers Paul, pour observer s’il avait été blessé, mais le sang qui suintait sur la chemise appartenait bien au vampire, néanmoins les traces des crocs de Paul avaient disparus. J’en conclus, que le vampire s’était bien alimenté depuis notre dernière rixe. Tout de même, je restais fier d’avoir pu le mettre plus en défaite que ne l’avais fait Paul.

_ Battre un homme déjà affaiblis n’a rien de remarquable, ni même de louable, me dit Edward suite à ma remarque mentale.

J’allai répliquer à ce ton dédaigneux qui me faisait hérisser les poils de ma nuque à chaque fois, quand l’image de Bella, seule dans sa chambre, me frappa inconsciemment. Elle était seule, alors qu’un crime avait été commis. Qui veillait sur elle ? Edward pu lire mon inquiétude sur mes traits, en même temps qu’il vit la scène de crime via mon cerveau. Il décampa dans un bond et aurait pu disparaitre à notre vue, si celle-ci n’était pas perçante.

***

Bruit de fond : une sonnerie stridente qui annonce une nouvelle journée…

J’abattis une main lourde sur mon réveil, qui sous le coup stoppa sa sonnerie désagréable, annonçant que la nuit était terminée, et qu’une journée remplie de cours m’attendait. Alors que la nuit m’offrait de doux rêves d’une tendre étreinte, des paroles passionnées, la journée me renvoyait la triste réalité. Soit à ma pauvre condition de fille pathétique, qui s’attirait toujours des ennuis inimaginables et dont tout le monde avait pitié. Bref une vraie petite chose molle et sans défense, pareille à une guimauve. La description convenait parfaitement, j’étais une guimauve, et encore moins que ça car une sucrerie suscite l’envie…

En me relevant, je sentis qu’une partie de mon lit était glaciale, comme si, ou plutôt comme quand Edward dormait avec moi auparavant. Je ne m’attardais pas sur ce détail, ayant dormie toute la nuit du même côté, je n’avais pu réchauffer l’autre pan du lit. Je passai mes mains sur mes yeux pour les forcer à s’ouvrir, et m’étirer comme un chat. Bizarrement l’absence de Lily m’ôta toute gaieté matinale. D’habitude, je me levais d’un bond, énergiquement pour la réveiller, la sortir de son sommeil imperturbable. Aujourd’hui, le lit à côté du mien était vide, inutile de faire semblant que tout allait bien, d’autant que je me sentais plus seule de jour en jour. 

Me décidant enfin à me lever, je me dirigeai vers la fenêtre pour entreprendre d’ouvrir les stores et laisser les quelques rayons de soleil pénétrer la chambre, mais en cherchant le cordon je m’aperçus que les stores n’avaient pas été baissé hier soir. Baissant les yeux sur le fil du store qui pendait de ma main, je constatai aussi que je le verrou de ma fenêtre n’avait pas été enclenché, ou alors avait été déverrouillé… Prise de doutes je lâchai le cordon un peu vivement, et dans la précipitation je tirai dessus ce qui déclencha le mécanisme, laissant les stores retomber devant moi dans un bruit métallique. Pourtant, je me souvenais d’avoir fermé les stores hier soir avant de m’être endormie, juste après avoir aperçut Jasper en bas me faire un signe de la main, je l’avais tiré.

Je restai un bon moment, debout devant ma fenêtre à méditer sur mes faits et gestes de la veille au soir. Finalement, mes rêves et la réalité devaient s’interférer de temps en temps. J’entrepris de relever le store, quand tout à coup une forme s’accrocha au cadre de la fenêtre. Je sursautai d’effroi me prenant les pieds dans le tapis et attendit la chute, qui ne vint pas. J’ouvris les yeux doucement en sentant la morsure du froid m’assaillir de part en part. Alors que je tremblais, transie de froid, son sourire me réchauffa intégralement. Mon visiteur inopiné était en fait Edward.

_ Il était moins une ! me lança-t-il en m’aidant à me remettre sur pied.

_ Euh… Oui. Tu m’as foutu une de ces frousses ! Heureusement que je ne suis pas cardiaque !

_ Excuse-moi, mais quand j’ai vu ton store se fermait si vite j’ai pris peur. Et je suis venu vérifier si tout allait bien.

_ Tu n’as vu personne cette nuit ? Lui demandai-je.

_ Non, pourquoi ? Il était étonné par ma question.

_ Non, rien. J’ai sans doute dû oublier de fermer le loquet de ma fenêtre hier alors. Edward resta muet un instant avant de hocher la tête et de me prier d’être plus vigilante à l’avenir.

Soudain sa présence m’étonna, et sortis de l’étau de se bras. La veille il avait été à deux doigts de craquer et de m’attaquer à cause de l’odeur de mon sang. Et aujourd’hui, il se tenait à moins d’un mètre de moi, néanmoins l’absence de sa longue balafre me rassura un peu. Son visage avait retrouvé sa perfection d’antan, même si sa blessure lui avait conféré un côté viril non déplaisant.

_ Excuse-moi Bella pour hier. Ne t’inquiète pas j’ai chassé plus que de raison, et ton sang ne me tente pas. Enfin, si tu me tentes… Euh non… Bref je ne vais pas craquer. Depuis quand Edward bégayais ? Depuis quand est-il incapable d’enchaîner deux mots sans revenir dessus pour dire le contraire ?

_ Oui j’ai bien compris, car ta cicatrise a disparue. Il passa sa main sur son visage à l’endroit où hier encore les stigmates de la patte de Jake avaient laissé ses traces.

Prenant conscience de ma tenue, et de mon allure, sans penser à la fraîcheur de mon visage, je pris congé de lui et sauta sous la douche. J’eus la surprise de le voir assit sur mon lit à mon retour, le regard tourné vers les posters de Lily. Cette scène me serra le cœur, la pâleur du soleil, la simplicité de la chambre, et cet apollon assis sur un couvre-lit défraîchit, me rappela ma vie d’avant, dans laquelle il avait une place importante et où je comptais encore pour lui. Je restai planté derrière la porte, ne voulant faire aucun bruit pour ne pas effacer ce tableau qui se tenait devant moi, alors que son ouïe fine n’avait rien raté de mon entrée fracassante.

Il tourna la tête vers moi en me souriant, je fus paralysée par son regard et mon cerveau s’arracha un instant à la réalité pour imaginer des scènes de réconciliation. Il divaguait sur les différentes possibilités qui s’offraient à moi : lui sauter au cou et coller mes lèvres sur les siennes, ou alors plus sensuellement, je m’avançais doucement vers lui d’un pas chaloupé sans le lâcher du regard, puis il me renverserait et m’embrasserait fougueusement. Malheureusement, mon corps noueux aurait quelques difficultés avec le chaloupé, et ma maladresse ambulante me ferait tomber avant d’arriver dans ses bras. Heureusement, que mon cerveau lui était fermé, pour je ne sais quelle raison d’ailleurs, car mes pensées nous auraient mis mal à l’aise tous les deux.

Au lieu de m’embrasser passionnément et de me renverser comme dans un tango ardant, il me tendit sa main et m’invita à m’asseoir sur le lit de Lily, cette distance eut le don de mettre mes nerfs en pelote. Trop de distance ! Son rire accueillant disparu, pour laisser place à sa mine sombre et grave, dernier souvenir que j’avais gardé de lui.

_ Ce que j’ai à t’annoncer n’est pas facile, mais n’ai crainte tu sais bien qu’il ne t’arrivera rien…

Qu’était-il sur le point de m’annoncer ? Des scènes défilèrent devant moi : il allait m’avouer sa passion dévorante pour Line, ou encore il m’abandonnait suite à un exil commun avec elle, cette dernière devenant trop dangereuse ils préféraient partir loin sur une île déserte.

_ …Bella ? Tu m’écoutes ? Revenant à moi je hochai la tête. A mon avis il s’agit de Victoria. Son corps a été retrouvé dans la fontaine, sans…

_ QUOI ? Victoria a été tuée ? Je sortais de ma torpeur.

_ Steve Thompson, tu le connaissais ? Je suis désolé.

_ Non… Non, je ne le connaissais pas. Sur le coup, dans ma tête, j’avais fais l’amalgame entre Victoria et le décès que m’annonçait Edward.

D’ailleurs, ma première réaction avait été le soulagement, puis la déception. Ainsi, un étudiant venait de perdre la vie à cause de moi ! Si je n’étais pas venu ici, Victoria ne s’en serait jamais prise à lui. Mais où que j’irai, elle serait toujours là à tuer des innocents. Je craquai, laissant les larmes envahirent ma vision. Ces derniers jours, plus rien n’avait de sens. Edward était revenu, Line était un vampire, Victoria voulait me tuer… Trop de pression.

Edward resta immobile un moment, ne connaissant ni la raison de mon épanchement, ni la façon appropriée de me consoler. Il se pencha vers moi et passa sa main froide sur mon dos, mais sa peau glaciale fit naître des frissons, qui rajoutaient à mes pleurs, et me donnais l’impression de convulser. Puis constatant que ses caresses causaient plus de mal que de bien, il entreprit de me rouler dans la couette de Lily et m’attira à lui, agenouillé sur la moquette. J’atterris dans le creux de ses bras, en posant ma tête sur son épaule. Son odeur était toujours la même, un mélange de citron et de menthe fraîche que j’affectionnai tout particulièrement.

Une fois ma crise calmée, je fis semblant de m’être assoupie pour ne pas avoir à me retirer de l’étreinte de ses bras, et ma feinte passa inaperçue, nous restâmes un long moment, par terre enlacés. Alors je sentie ses lèvres frôler inlassablement le haut de mon crane et ses doigts caresser le bout des miens dépassant de la couverture, tout en me fredonnant un air que je connaissais par cœur : ma berceuse. Du coup, sans remarquer les signes annonciateurs, je tombai dans un sommeil de plomb, bercée par sa voix, entourée de ses bras et le nez dans son cou. Mon sommeil fut doux et sans rêve.

Je m’éveillais doucement, la lumière qui s’infiltrait dans la pièce m’indiqua que le soleil était haut dans le ciel, et par conséquent que la matinée était sur le point de s’achever. Malheureusement, j’étais dans mon lit et seule.

_ Edward ? Je bondis sur mes coudes pour scruter la chambre.

_ Ne t’inquiète pas Bella, je suis là. La voix était familière et chaleureuse mais ne ressemblait en rien au ténor qui me faisait défaillir.

_ L’université est fermée jusqu’à nouvel ordre, et les étudiants sont amenés à rester dans leur résidence. Alors tu peux te reposer. La dernière fois que j’avais parlée à Lily, j’avais eu le droit à un concentré de mauvaise humeur, alors qu’aujourd’hui elle était douce et mielleuse.

_ Où est Edward ? Demandai-je d’une voix fluette.

_ S’il te plaît, je ne t’incommode pas avec la présence de Jacob, alors ne m’incommode avec la sienne s’il te plaît ! Je l’ai mis à la porte ! Son ton jusque là affectueux disparu.

_ Euh… Dois-je te rappeler que Jake est mon ami et que par conséquent sa présence ne peut en rien m’incommoder… Et tu as mis Edward à la porte ? Je m’imaginai furtivement la scène : je voyais Lily débarquer en laissant la porte se fracasser contre le mur, se mettre bien droite face à la sortie tout en la désignant du bout des doigts à mon visiteur. La classe !

_ Bien évidemment que j’ai mis cette sang… Quoi ? Oui je l’ai mis à la porte ! En plus tu t’étais endormie dans ses bras par terre, une position qui t’aurais esquinté le dos à coup sûr ! Sa voix se radoucit mais son attitude trahissait sa nervosité. Lily était une aussi bonne menteuse que moi. Je savais que son aversion pour les vampires venait de Jake.

Je me levai pour connaître l’identité de notre garde personnelle ce soir, espérant croiser un regard familier, mais avant d’arriver à la fenêtre Lily me lança :

_ Loups-garous au menu ce soir ! Réunion au sommet pour les vampires !

_ Humm… merci madame météo, lui dis-je en me retournant de trois quart, avant de poser mon regard sur la forêt en contrebas.

_ Tu es au courant pour Steve Thompson ? me demanda Lily doucement.

_ Oui. Je ne le connaissais pas et toi ?

_ Non, enfin pas personnellement. Il était dans la même promo que Sean il me semble.

_ Il s’agit de Victoria à ton avis ? me demanda-t-elle inquiète.

_ Qui veux-tu que se soit d’autre ?

_ Jake a pensé à Line durant un instant. Après tout c’est un nouveau-né, elle peut craquer. Mais je n’y crois pas, c’est Line après tout non ? Elle semblait si inquiète pour notre amie.

_ Oui c’est toujours notre Line, elle se porte bien. Elle n’a pas essayé de m’attaquer bonne nouvelle, non ?

_ Humm… Elle me manque tellement… ma Line… elle tomba sur son lit dépitée.

_ Oui à moi aussi elle me manque ? Chose véridique, mon amie me manquait bien que j’exulte face au vampire qu’elle était à présent. Je repris :

_ Si Line avait craqué Edward me l’aurait dit, personne ne peut rien cacher à un télépathe !

_ Mouais… Mais faut faire quelque chose et vite, pour qu’ils puissent tuer cette sado avant qu’elle s’abreuve du campus en entier ! Lily était très inquiète, très probablement pour Jake, comme je l’avais été envers Edward quand il avait fallu s’occuper de James.

_ Oui, il faut réfléchir à un plan… Victoria ne demande juste qu’à être appâtée… murmurai-je pour moi seule, les yeux rivés sur le clocher du bestiaire que l’on pouvait apercevoir.

 

 

Publié dans fiction

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Clo# 22/10/2009 20:43


Je dervais faire mes devoirs, je devrais faire mes devoirs ... Tant pis ! ca me plaît trop ! je vais lire la suite !


Néo 23/10/2009 14:42


vas faire tes devoirs, mes chapitres seront toujours là après tu sais ;)


la Bella du Quebec 04/10/2009 03:08


bon belle bataille entre Paul et Edward et un petit raprochement entre Edward et Bella mais j'en veut plus

je vais voir la suite encore une fois super bon


Néo 05/10/2009 13:46


Vous en voulez toujours plus en ce qui concerne Bella et Edward mais il faudra être patiente =)


Angie 21/09/2009 22:36

j'avais exactement la même comparaison en tête ^^

Néo 21/09/2009 22:51


les bons esprits se rencontrent alors ;)

j'adore tes points de vue ^^


Angie 21/09/2009 22:24

nan je pensais plus à ça "« Oui, il faut réfléchir à un plan… Victoria ne demande juste qu’à être appâtée… » murmurai-je pour moi seule, les yeux rivés sur le clocher du bestiaire que l’on pouvait apercevoir."
^.^

Néo 21/09/2009 22:34


Oui Bella adore jouer les appâts xD elle est stupide et téméraire, surtout quand c'est pour défendre les autres, du haut de son mètre soixante !!! elle me plie en deux quand elle a ce genre de
réactions! On dirait vraiment un chaton qui se prend pour un lion ! j'adore


Angie 21/09/2009 22:13

elle serait pas un peu mazo notre bella ? ^^ x)
c'est trop chou le passage edward-bella ! tu sais faire passer des sentiments par les mots ♥ c'est tellement magnifique !

Néo 21/09/2009 22:18


Maso pourquoi que fait-elle exactement dans le 13 déjà *se creuse les méninges* humm la bataille Edward/Paul...