Chapitre 12

Publié le par Néo

Culpabilité

Au soleil couchant, assis au pied d’un arbre, un vampire réalise l’ampleur des dégâts…

Il s’en était fallu de peu pour que je commette l’irréparable. Sur le moment, ma raison avait été bâillonnée et exclue de tout acte de décision, seule ma soif commandait à mes membres d’agir et obligeait mon cerveau à s’abreuver à cette source de plaisir. Ce souvenir m’était désagréable, car il reflétait ma faiblesse et mon erreur, je n’étais pas infaillible et malgré tout l’amour que je lui portais, je pouvais aussi être celui qui la ferait souffrir et même mourir. Je détestais cette partie de moi-même, toujours encline au sang humain et à la destruction, mais je devais l’accepter pourtant. J’étais un monstre avide de sang, un monstre remplit de remords et de regrets, mais un monstre dont la culpabilité l’assaillait au moindre faux pas.

Néanmoins, j’étais parvenu, grâce à je ne sais quelle force, à me détourner d’elle et à prendre la tangente, à l’opposé où Alice et Jasper l’emmenaient. Malgré la vitesse de ma course folle et le fait de n’avoir pensé qu’à une seule chose : me retenir de ne pas rebrousser chemin, j’avais une vague idée de l’endroit où je me situais : dans le Maine. La masse bleue qui se mouvait en-dessous de moi scintillait avec les derniers rayons du soleil, et la brise qui soufflait à mes oreilles m’apportait une odeur d’iode qui coupa un instant ma soif de sang. Le soleil s’engloutissait peu à peu dans la mer et offrait de jolis jeux de lumière allant du rose vif au bleu d’encre à mesure que l’on s’éloignait de ses rayons. Mes yeux étaient fixés sur le rivage, observant le mouvement régulier des vagues laissant mes pensées envahir tout mon esprit. Il fallait que je réagisse et au plus vite.

Après un long instant à réfléchir sur ce que je devais faire, je me levai d’un bond et courus sous le couvert des arbres pour me nourrir et étancher cette soif meurtrière. Les arbres défilaient sur mon passage, j’anticipai les pierres et les racines disséminaient tout au long du chemin. Je fermai les yeux pour concentrer toute mon attention sur les odeurs qui m’entouraient et sentir les marques de mes proies. J’assouvis ma soif plus que de raison, je vidai mes prises de tout leur sang et repartais en quête d’un nouvel animal à me mettre sous la dent. Après une séance de chasse intense, je sentis une chaleur au creux de mon ventre, mes muscles jusque là noués et tendus se décrispèrent. Je passai une main sur mon visage, là où une griffure avait égratignée toute la surface, mais je ne senti aucune boursoufflure. Alors je remontai la manche de ma chemise jusqu’à mon coude et contemplai  l’absence des fines traces de morsures qu’hier encore sillonnaient tout mon avant-bras, il ne restait que de fines marques imperceptible pour un œil humain. Mon sang se régénérait me redonnant force et vitalité, jusqu’à… jusqu’à ce qu’Orline désire s’abreuver.

Il fallait commencer le sevrage au plus tôt, avant qu’il ne me détruise ou pire que je vienne à tuer quelqu’un dont l’odeur du sang m’enivrerait et me ferait perdre tout contrôle : Bella. J’étais en colère contre moi-même pour ne pas être auprès d’elle en ce moment. Où l’avaient-ils emmené ? Que pensait-elle de moi en ce moment ? Toutes ses questions ne cessaient de me tarauder et d’envahir le fil de mes pensées, n’y tenant plus j’attrapai mon cellulaire dans la poche de mon jean et composai le numéro de Jasper. Il m’apprit qu’ils se trouvaient à l’extérieur de Montréal, Alice avait préféré partir loin pour effacer toutes traces de son odeur, un choix quelque peu exagéré mais judicieux. Je le priais de me donner des nouvelles de Bella sur son état d’esprit, et physique, il jugea plus habile de me laisser le découvrir par moi-même.

Aux premiers sons de sa voix, une vague d’apaisement parcouru tout mon corps. J’enchaînais des excuses et m’enquis de savoir comment elle se portait, si elle était indemne et si elle tenait le coup. Elle ne comprit que la première partie de mes lamentations, parlant trop vite pour ses oreilles. Je me ressaisis et inspira un grand coup pour calmer le débit de mes paroles. Je décidai de confier sa garde à Alice et Jasper pour quelques temps, ce qu’il me fallait pour recouvrir le contrôle de mon corps. Cette décision me coutait énormément, je n’étais rassuré seulement que quand elle se trouvait sous ma garde, mais aujourd’hui j’étais le plus dangereux de tous, peut-être même plus que Victoria. Je devais m’éclipser pour, d’une part régler le problème d’Orline et d’autre part, me refaire une santé de fer, je ris à cette allusion. Néanmoins, je me fis la promesse de résoudre ces deux choses très vite pour me retrouver auprès d’elle. Elle me souhaita un prompt rétablissement et me remercia. Nos échanges étaient modérés et j’avais eu très peu de contacts physiques avec elle, néanmoins je savais que le jour du départ serait extrêmement difficile.

Un an loin d’elle avait été une épreuve difficile, remplit de souffrances et de solitude, mais maintenant que je l’avais de nouveau sous les yeux, j’étais conscient que je ne pourrais plus l’abandonner de nouveau. Mais voudrait-elle encore de moi, elle qui avait cru à mes mensonges, qui ne m’avait même pas retenu ? Elle qui avait accepté notre rupture sans me forcer à rester auprès d’elle. Son amour pour moi n’était peut-être pas suffisamment grand à l’époque par rapport aux risques qu’elle encourait. Peut-être même qu’aujourd’hui elle ne désirait plus passer l’éternité à mes côtés… Je pourrais rester dans l’ombre à veiller sur elle, mais ne pas pouvoir l’approcher, de pas pouvoir la serrer contre moi et surtout la voir s’amouracher d’un autre serait une expérience insoutenable pour moi.

C’est avec ses tristes réflexions que je regagnai le chalet péniblement. Arrivé devant l’imposante bâtisse en bois, repère de chasseurs canadiens en quête de belles prises, je m’appuyai contre le tronc d’un arbre. Il allait falloir que j’affronte les miens, que je leur explique le dérapage de tout à l’heure, pour m’entendre dire qu’ils avaient raison depuis le début, que ma gestion du nouveau vampire n’avait pas été la meilleure. Avant même de m’approcher de la demeure j’entendis au loin des pas et reconnu son odeur, Orline venait à ma rencontre. Elle se stoppa à quelques pas de moi, hésitante, puis elle me sourit et réduisit la distance qui nous séparait.

Ses yeux me vrillèrent comme si elle essayait d’y lire une réponse, pour connaître mon état d’esprit, alors pour la rassurer je lui souris et me redressai.

_ Tu n’as plus à t’inquiéter, elle est partie avec Alice et Jasper. D’ailleurs, elle est tellement loin que son odeur m’est complètement impossible à sentir. Elle continuait à marcher vers moi doucement d’une démarche déhanchée.

Ses cheveux blonds retombaient sur ses épaules dénudées. Son bustier modelait à merveille les courbes de son corps élancé, et la blancheur de sa peau contrastait avec le noir intense de sa robe. Sans aucun doute, Orline était un vampire séduisant, le venin lui serait inutile si elle voulait paralyser une victime, ces yeux pouvaient envoûter n’importe quel homme. Devant une telle allure, j’oubliais un instant la teneur de ses paroles, et je dû baisser les yeux pour retrouver mes mots. 

_ Oui, je sais. Orline, il faut que l’on revoie ton régime alimentaire avant qu’il ne coûte la vie de quelqu’un et la mienne par la même occasion. Lui lançai-je pour couper court à mes pensées, et aux siennes toujours avenantes.

_ Mais… mais j’apprécie tellement ton sang. Il me rend forte et grâce à lui ma gorge ne me fait plus souffrir. Son visage se décomposa en même temps que son sourire disparu. Elle était abattue et attristée.

_ Je sais, mais aujourd’hui j’étais tellement affaibli que j’ai failli tuer Bella, t’en rends-tu compte ?

_ Bien évidemment, je te rappelle que j’étais présente ! S’il t’arrivait le moindre accident je ne m’en remettrais pas. Devant sa mine dépitée je la pris par les épaules plus pour la rassurer, lui montrer que je ne lui en voulais pas.

_ Je partage aussi les torts, je n’aurais jamais dû t’acculer autant dans cette voie. Néanmoins, je suis fier d’une chose. Son visage se releva vers moi, ses yeux pétillant. Tu as réussis à dominer tes instincts tout à l’heure, tu es sur le bon chemin._ elle était ravie de mes encouragements et de la fierté que je ressentais pour elle. Pour le coup, tout ce qu’elle souhaitait maintenant était de tout faire pour ne jamais perdre ma confiance.

Au fil des jours que je passais avec elle, je pus me rendre compte qu’Orline était une personne appréciable. Je connaissais sa souffrance, le vivant en même temps par le biais de ses pensées, et malgré ça elle était déterminée. Pour elle combattre la soif s’assimilait à un match de tennis qu’elle ne devait pas perdre. J’admirais sa combattivité et son endurance à repousser toujours plus loin ses limites. Mon sang n’avait été qu’un plus, sa persévérance était le résultat de sa réussite.

Bien entendu, j’avais très vite appris que je ne la laissais pas indifférente, et que ma compagnie était recherchée, c’est pour cela que le sevrage nous serait bénéfique.

_ Dorénavant, je vais pouvoir te confier à Emmet pour des parties de chasse endiablées. Et Jasper pour t’apprendre l’art du combat. Lançai en rigolant comme pour mettre fin à notre conversation.

_ Non ! Je préfère rester avec toi, tu es le seul à pouvoir me freiner, à m’arrêter à temps. Ta présence me rassure et me force à devenir meilleure. Elle s’accrochait aux pans de ma veste et colla sur son visage tout près du mien.

_ Orline…

_ Line ! Me corrigea-t-elle.

_ Si tu veux, Line. Mes frères et sœurs te surveilleront tout autant, voire même plus, que moi. Tu n’as aucun souci à avoir. Tu es une fille épatante, dotée d’un caractère fort. Continue comme ça et tu trouveras la voie du régime végétarien. Rajoutai-je pour faire stopper ses pensées qu’elle avait à mon égard, et qui pour la première fois me mirent mal à l’aise. 

Elle continuait à se rapprocher dangereusement de moi, et ses yeux me transperçaient, je les fuyais autant que ses pensées.

_ Line, je t’ai déjà expliqué les raisons de ma présence ici, à Dartmouth : je dois veiller sur Bella, elle est to…

_ Je sais qu’elle est en danger. Et je veux aider moi aussi ! Apprends-moi à me battre s’il te plaît.

_ Tu es trop jeune pour te battre contre un vampire comme Victoria. Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose, et puis si tu es présente je risque d’être distrait et donc vulnérable. Lui dis-je pour la rassurer.

Orline se redressa sur la pointe des pieds pour se retrouver à la même hauteur que moi. Soudain, mes yeux rencontrèrent les siens. Pourquoi ses yeux avaient-ils gardé la même couleur que dans sa vie ? Un vert émeraude transperçant, éblouissant, envoûtant…

Une de ses mains relâcha ma veste pour venir caresser mon visage, à l’endroit de mon ancienne cicatrise. Je sentis le contact de ses doigts froids sur ma peau gelée, et la vis prendre son temps pour effleurer ma joue et descendre le long de ma mâchoire. Elle continua à descendre jusque dans mon cou, je restai éblouit, sous l’emprise de son regard et ne bougeai plus. Sa main remonta et glissa sur mes lèvres qui s’entrouvrir légèrement pour laisser son doigt entrer. Elle s’amusa à jouer avec ma langue avant de le déplacer sur l’une de mes canines et le planta fortement. Le sang perlait de son doigt qu’elle glissa sur ma langue, je m’en emparai avidement, attrapant sa main pour la plaquer contre ma bouche sans jamais la quitter des yeux.

_ A mon tour de t’abreuver de mon sang. Elle lâcha ses mots dans un soupir de plaisir.

Elle retira délicatement son doigt de ma bouche, pour venir y poser ses lèvres. Nos yeux toujours grands ouverts se fixaient intensément. L’odeur de son sang était encore présent, et m’enivrer à en perdre haleine. Je passai ma main derrière sa tête pour plaquai sa bouche plus fortement contre la mienne, puis mes dents se saisirent de sa lèvre inférieure et la transpercèrent de part en part afin que son sang continue de ruisseler le long de ma gorge.

Orline émit un petit gémissement sous la douleur et son corps se cambra. Afin qu’elle ne m’échappe pas, je mis ma main sur ses reins et la tirai vers moi, sa poitrine se lova contre mon torse qu’elle entreprit de caresser. A aucun moment elle chercha à me chasser, au contraire elle me fit reculer contre un tronc d’arbre et passa une de ses jambes autour de ma taille. Instinctivement, ma main quitta la courbe de ses reins pour venir se nicher derrière son genou et la tenir plaqué contre moi.

Tandis qu’elle fourrageait dans ma chevelure je l’entendais gémir de plaisir. Son corps ne cessait de se pétrir sur le mien, et ses mains étaient redescendues plus bas, s’attardant sur ma chemise qu’elle déchira d’un mouvement sec puis jusqu’à la boucle de ma ceinture qui ne lui résista guère longtemps. Je quittai la saveur de ses lèvres pour me pencher sur son cou. La saveur de son sang me rendait littéralement sauvage, bestial. Ma conscience à ce moment-là m’était complètement étrangère.

 J’entrepris de caresser sa nuque du bout de ma langue pour sentir le chemin de ses veines et principalement celle de son artère. Une fois que je sentis les pulsations de son sang dans sa gorge, mes dents perforèrent sa peau pour s’abreuver d’elle, à la source. Mon corps fut parcouru de frissons, naissant dans ma nuque pour mourir dans le creux de mes reins.

Après voir arraché ma ceinture, elle s’en prit à la boutonnière de mon jean qui s’ouvrit brutalement laissant apparaître mes sous-vêtements et mon intimité. Des bruits de vêtements déchirés parvenaient à mes oreilles, des gémissements aussi, les siens se mélangeant aux miens. Alors qu’elle gesticulait tout contre moi, je sentis une vague de chaleur me remplir l’abdomen, et un violent désir naître au plus profond de moi, qui me commandait de m’emparer de cette femme, de la conquérir pour assouvir mon plaisir.

Mes muscles se tendirent sous la pression, et une de mes mains, jusque là cantonnée à son cou, partit à la découverte de son corps. Ses épaules étaient petites mais puissantes, je descendis jusqu’ à sa poitrine rebondit et ferme sur laquelle je plantai mes crocs. Après avoir continué mon cheminement jusqu’à ses reins, je passai la main sur l’arrière de sa cuisse dont je me saisis et l’entourai autour de ma taille, tout comme son autre jambe. Sa jupe remonta légèrement sur le haut de ses cuisses quand elle se colla à moi et resserra ses jambes autour de mes hanches. Il ne restait plus qu’un dernier obstacle avant de laisser le désir prendre le total contrôle de nos corps : nos sous-vêtements.

Subitement, un autre décor s’imposa à moi : une chambre exiguë avec son papier jaunie, ses meubles basiques, un rocking-chair qui trônait dans la pièce prenant le reste de la place et son petit lit. Puis, une autre image s’imposa à moi : son sourire, ses baisers et ses caresses. Ce jour-là, nous avions été à deux doigts de laisser nos corps exprimer l’amour que nous éprouvions l’un pour l’autre, avec d’autres gestes. Elle était décidée de se donner à moi sans retenue et ses yeux me déclaraient tout l’amour qu’elle avait pour moi. Malheureusement, je ne réussis pas à lui donner satisfaction. En effet, au dernier instant, doutant de moi-même j’avais préféré mettre fin à nos ébats ayant trop peur de lui faire le moindre mal. Et aujourd’hui encore, à l’instar de mon cœur, mon corps ne réclamait plus qu’une seule personne : Bella. Et en ce moment précis, il me rappelait vivement la seule personne qui réussirait à le combler.

Dans un sursaut je poussais violemment Orline qui réussit à ralentir sa chute grâce au secours d’un arbre de l’autre côté. Du sang coulait le long de son menton, de son cou jusque sur ses seins à moitié cachés par les restes de son bustier. Ses cheveux étaient emmêlés et certaines de ses mèches étaient pleines de sang. Quand je baissais le regard, je remarquai que sa robe avait été fendue en divers endroits, son bustier ne soutenait plus sa poitrine dont les courbes généreuses apparaissaient derrière les déchirures, et le bas de sa robe était tailladé des hanches aux cuisses laissant apparaître le satinée de sa peau.

Je m’essuyai vivement la bouche pour ôter l’odeur de son hémoglobine et me pour me faire redescendre sur terre. Que m’était-il arrivé ? Je ne me souvenais que de deux choses : ses yeux pénétrant et son sang. Après, tout avait été si vite, j’avais réagit comme un animal, tous mes sens éveillés face à la soif et devant l’envie de sentir un corps contre le mien.

_ Excuse-moi… Je… Je… Je ne sais pas ce qui m’est arrivé… J’ai perdu le contrôle de mon corps semble-t-il.

_ Arrête de t’excuser toutes les cinq minutes Edward ! Nous ne faisions rien de mal. Tu en avais envie et moi aussi, rien de dramatique. Elle s’était redressée et passait sa main sur sa bouche endolorie et ensanglantée.

_ Ce n’était pas une bonne idée. Je suis désolée Orline, je… Je… Ne peux pas faire ça. A mon tour j’essuyai le sang qui me gouttait du menton du revers de ma main.

_ Je ne te plais pas, c’est ça ? Elle pensait à tellement de choses en même temps que je ne parvins pas à déchiffrer quoique se soit.

_ Tu es une magnifique jeune femme, mais mon cœur appartient à quelque d’autre. Elle me manque tellement, j’ai dû perdre la raison un instant. Je suis inexcusable et désolé pour ta robe.

_ Qui ? Ne me dis pas que tu ne me désirais pas ! J’entendais ton souffle rauque entre chaque absorption de mon sang. Le caractère de feu d’Orline et sa répartie me laissèrent perplexe et confus.

_ Ton sang m’a fait perdre la tête, et puis tes yeux… Ils… M’ont paralysé… Mon analyse était imprécise, car moi-même je ne savais pas pourquoi un tel évènement était arrivé.

_ Tu n’as pas répondu à ma question ! Quelle est la personne que tu désires Edward ? Sa question était sèche et son ton brut n’attendait aucune fuite de ma part.

_ Bella. Répondis-je dans un souffle, j’étais si las, si désemparé.

_ Quoi ? Tu es tombé amoureux de ma Be… Son ton était redescendu, de mon amie… Elle se retint sur le tronc d’arbre, elle accusait le coup difficilement. Puis, elle recula doucement avant d’effectuer un demi-tour rapide et de s’éclipser dans la forêt.

Je posai un regard sur ma veste à terre, et sur ma chemise déchirée, mon jean était également éventré au niveau de mon entrejambe avec ma ceinture qui pendait sur chaque côté. Le rouge de son sang recouvrait mon torse et avait imbibé les restes de ma chemise. Mon apparence me fit honte et encore plus quand je vis de loin le reflet d’Alice postait au coin de la baie vitrée, qui me lançait un regard assassin, bien évidemment nos ébats n’étaient pas passé inaperçu. J’entendis une porte claquée violemment, et Rosalie sautait par-dessus la balustrade du balcon, elle se planta devant moi. Furieuse, fut la seule chose que je décryptais. Enroulé autour de son bras elle tenait ce qui ressemblait à une robe de chambre.

_ Bien joué ! Elle non plus ne te convient pas décidemment ! J’encaissai sa réplique sans broncher, il n’était pas nécessaire de me disputer aussi avec elle.

Carlisle l’avait sauvé dans l’espoir qu’elle devienne un jour ma compagne, mais je ne l’avais jamais considéré comme tel. Et sa vanité n’avait pas accepté mon manque d’entrain envers sa beauté subliminale. En conséquence, je baissai les yeux et pinçai fortement mes lèvres pour m’empêcher de lui rétorquer une phrase qui n’aurait fait qu’envenimer la situation. Sur ces dernières paroles je m’éloignai d’elle, je voulais me changer et ne voir personne. Mais éviter quatre frères et sœurs insomniaques, dont certains peuvent voir vos réactions, n’est pas une chose aisée.

Heureusement, je ne sentis que la présence d’Alice dans le séjour, en lisant ses pensées j’appris que Jasper et Emmet montaient la garde devant la résidence de Bella. J’aurai tant voulu me trouver près d’elle et effacer les remords qui me hantaient. Je m’attendais à recevoir une rafale d’insultes en tout genre, à une explosion de paroles de la part de ma petite sœur virulente, finalement elle m’accueillit avec un pâle sourire tout en me prenant dans ses bras. Je fus étonné par cette marque d’affection alors que je connaissais l’attachement qui unissait Alice à Bella. D’ailleurs, j’avais toujours été étonné par le fait qu’elle ait su gérer l’absence de cette dernière, bien mieux que moi en fait.

Elle te manque cruellement n’est-ce pas ? Tu essayes de la chercher à travers toutes les personnes que tu croises ? pensa-t-elle.

_ Tu n’imagines pas à quel point, elle me manque. (Silence) Dis-moi, l’a vois-tu toujours devenir vampire ?

_ Non…

Je baissai ma tête sur l’épaule d’Alice, démoralisé par la réponse de ma sœur. Elle qui avait toujours vu Bella devenir vampire, elle qui avait toujours été une fervente partisane de sa transformation, et ce même après notre rupture, venait de me faire perdre tout espoir de pouvoir la récupérer, qu’elle soit mienne à jamais. Si seulement j’avais était moins têtu à l’époque, je l’aurai transformé dès la partie de base-ball, m’évitant de tuer James et aussi les représailles de Victoria. Du coup, elle ne se serait jamais coupé le doigt, Jasper n’aurait jamais tenté de la tuer et elle serait toujours à mes côtés aujourd’hui. Je l’aurai pris sous mon aile pour lui apprendre à se contrôler, les premiers mois auraient été difficiles mais sa présence aurait balayé tous les obstacles. En réalité, j’avais reproduit ce schéma avec Orline… comme j’aurai souhaité qu’elle soit Bella.

Ayant pris congé de ma sœur je grimpai dans la salle de bains et me glissai sous le jet d’eau. Peu importait la température de l’eau, de toute façon le froid ne pouvait pas me frigorifier et le chaud encore moins me brûler, je souhaitais seulement me débarrasser de l’odeur et du sang d’Orline qui collait à ma peau, espérant par ce procédé effacer nos baisers et nos ébats. Je restais un long moment sous la douche, la tête appuyait contre la faïence froide. Puis je les entendis, Orline et Rosalie venaient de rentrer dans la maison. Ne sachant pas comment réagir face à sa présence, j’optai pour une solution simple et lâche : la fuite. Me séchant en hâte j’attrapai les premières affaires qui trônaient sur une étagère, puis j’ouvris la fenêtre et sautai.

Le soleil s’était couché laissant place à une lune rayonnante et à ciel étoilé, néanmoins je ne perdis pas de temps à contempler la beauté de la nuit, je décampai rapidement en prenant la direction du campus, avec une seule idée en tête : la voir.

            Mon comité d’accueil ne fut guère chaleureux quand ils m’entendirent arriver. Cependant la cicatrisation de mes blessures au visage et sur mes bras, les rassurèrent sur la quantité de sang que j’avais ingurgité. Néanmoins je fis l’impasse sur le sang que je venais de dérober à Orline. J’étais en pleine possession de mes moyens et je leur fis savoir.

_ Je ne vois pas de lumière, elle s’est endormie ? Demandai-je inquiet à mes frères.

_ Oui, dès que Lily la prévenue qu’elle passerait la nuit avec Jacob, elle s’est couchée. L’avertit Emmet. Par conséquent elle était seule dans sa chambre et déjà plongée dans un sommeil réparateur.

_ Vous pouvez retourner au chalet, je vais rester avec elle durant le reste de la nuit. Emmet et Jasper hésitèrent avant de bouger. Ils devaient se demander s’il était bien raisonnable de me laisser seul en sa compagnie, alors que j’avais voulu la tuer quelques heures plus tôt. J’argumentais comme un acharné pour qu’ils me laissent quelques instants d’intimité avec elle. C’est à contrecœur qu’ils s’éloignèrent de moi, non sans jeter quelques regards anxieux tout le long du chemin.

N’oublie pas que tu le regretterais, m’informa Jasper par ses pensées.

Il est taré ce gosse, tourne pas rond ! Celles d’Emmett étaient toujours si… Si désopilantes que je ne me renfrognai pas.

Une fois seul, j’observai les alentours de la résidence pour savoir si la voie était libre. Je fis le tour de la bâtisse, puis dans un bond je me propulsai sur la façade et atteignis la fenêtre des toilettes, celle qui restait toujours ouverte. Parvenue dans la demeure, j’épiai les moindres bruits, les paisibles ronflements m’apprirent que toutes les étudiantes dormaient tranquillement et que les couloirs étaient donc déserts. M’orientant à l’aide de mon odorat je repérai facilement la chambre de Bella, et y entrai sans un bruit.

La chambre était très vétuste, deux lits occupaient le principal de l’espace, ainsi que deux bureaux surmontés de lampes et de deux penderies encastrées à même les murs. Au dessus du lit vide, je pouvais voir une quantité de posters, principalement des groupes de rock à ce qu’il me semblait deviner avec des noms tels que Radiohead, Metallica, R.A.T.M., ou encore Queen.

Puis mon regard se dirigea vers l’autre lit, juste à côté, où dormait Bella. Une de ses jambes était repliée au-dessus des couvertures et je pus constater qu’elle portait toujours le même survêtement que je ne connaissais que trop bien. Je m’agenouillai près d’elle sur le tapis moelleux qui recouvrait le parquet, et posai ma tête sur le lit, près de ses mains. Sentir son odeur me fit autant de bien que de mal. Du bien parce que j’aimais sa fragrance, du mal parce que je devais me contenter de la respirer de loin, je ne pouvais laisser mes lèvres parcourir sa peau pour me regorger de son parfum. Je restai un moment assis à terre, la tête sur son matelas à l’écouter respirer calmement, à la voir remuer. J’étais tenté de m’emparer d’une de ses mains, je me serai même satisfait d’un doigt, mais si je venais à la réveiller comment aurai-je expliqué ma présence dans sa chambre ?

_ Edward…

En un quart de seconde, j’avais bondi sur mes pieds et entreprenais de sauter par la fenêtre, quand un léger ronflement m’avertit qu’elle dormait toujours et qu’elle ne m’avait pas vu. Comment avais-je pu, en cet instant, oublier que Bella parlait toujours en dormant. Je retournai à ma place, mais au lieu de posai ma tête je la regardais attentivement.

_ Edward… Reste. Ne pars pas.

Je fus interloqué par ses murmures. Était-il possible que ces paroles soient exactement les mêmes que ce premier soir où j’étais entré dans sa chambre ? Cela remontait à plus d’un an, nous étions alors à Forks et je venais de pénétrer illégalement dans l’espace intime d’une jeune fille pour savoir ce qui m’attirais en elle. Tandis que j’étais sur le point de quitter la ville pour de bon, elle m’avait prié, de façon inconsciente, de rester près d’elle. A l’époque, ces paroles m’avaient suffit pour rester et lui avouer mon amour et lui laisser découvrir mon terrible secret.

_ Quoi qu’il arrive, je resterai toujours auprès de toi, je serai à toi pour l’éternité. Murmurai-je dans son oreille.

_ Idem. Je fus étonné qu’elle puisse me répondre, et surtout qu’elle ait pu m’entendre en plein rêve.

La nuit se déroula comme toutes celles que j’avais passées à Forks, à une différence près : je ne partageais pas son lit et ne pouvais la serrer contre moi. Néanmoins, je restai à la contempler jusqu’aux premières lueurs du soleil qui essayaient de percer à travers les épais nuages qui s’étaient amoncelés durant la nuit. Ce temps était bien commode, ils nous permettaient de pouvoir sortir sans craindre les rayons accusateurs du soleil. Malheureusement, dès la première sonnerie de son réveil je dus me volatiliser hors de sa chambre, j’atterris en contre-bas sans avoir pris la peine de vérifier la présence d’un individu auparavant. Une chance, l’endroit était désert enfin à une exception, un loup-garou traînait dans les parages. Je pouvais à la fois sentir son odeur pestilentielle, et entendre ses pensées confuses.

_ Sors de ta cachette, je ne vais pas te tuer ! Aujourd’hui je n’ai pas de motif valable pour te mettre une raclée ! Lançai-je dans le vide à mon interlocuteur caché, pensant qu’il s’agissait de Jacob.

_ Bien évidemment tu ne vas me tuer, puisque je le ferai en premier. La voix ne m’était pas du tout familière, il ne s’agissait pas de Jacob.

Il apparut doucement sous les pâles rayons du soleil, il avait le même teint halé que les Quileutes et une carrure imposante, néanmoins ce visage taillé à la serpe n’avait rien de sympathique. Ses yeux d’un noir de jais me menaçaient ouvertement, tandis que ses lèvres s’étirèrent dans un rictus. Il portait des cheveux aussi noirs que ses yeux et les avait très court. Son air agressif ne me plaisait pas plus que ces propos querelleurs. S’il souhaitait se mesurer à moi, il n’allait pas être déçu, d’autant que mes forces étaient à leur paroxysme. Et puis en quoi un loup pouvait faire le poids face à un vampire aussi rapide et fort que moi.

_ Sais-tu que seul, tu ne feras pas le poids face à moi ?

J’entendis un rire moqueur à travers ses pensées, et je pus aussi apprendre que cet imbécile de clébard me prenait pour un ennemi, apparenté à Victoria. J’aurai pu éclaircir la situation maintenant au lieu de la laisser s’envenimer, mais j’avais tellement besoin de décharger toute la tension qui s’était accumulée dans mon corps, que le plaisir de me battre fut plus grand et dépassait même mes inclinaisons pacifiques. J’allais seulement me défouler sur une personne aussi résistante que moi, sans être pour autant être invincible, une personne qui osait se mesurait à moi.

Ma réplique parut le déstabiliser, car il fut secouer par de violents tremblements. J’aperçus les coutures de son bermuda se déchirer petit à petit, puis son t-shirt fut réduit en charpie sous le coup de la mutation. Un loup gris gigantesque aux reflets argentés me dominait de toute sa hauteur, néanmoins je n’étais pas effrayé par si peu. Je me baissai pour me mettre en position d’attaque, prêt à montrer à ce jeune loup désinvolte le sens du mot : respect. Ce jeune homme était bien trop impulsif et colérique, je me devais de lui remettre les pendules à l’heure.

 

 

 

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Clo# 21/10/2009 17:58


Mon Dieu !! j'ai cru qu'Edward ... enfin bref :)


Néo 22/10/2009 08:47


allez faire l'amour avec Orline ? XD il a le droit d'avoir un peu de comparaison lui aussi, comment être sûr qu'il aime Bella sinon ?


la Bella du Quebec 04/10/2009 01:09


ouffff merde tu m'a fait peur j'ai bien cru que Edward allait flancher et aurrait fait l'amour avec Orline

mais bon il s'est reprit juste a temps

ton chapitre a été génial je continue pour voir la futur bagare avec un autre Quileute j'ai trop hâte merci Néo


Néo 05/10/2009 13:45


je voulais aussi qu'Edward connaisse les lèvres de quelqu'un d'autre comme Bella avec Jake ^^ histoire de ne pas connaître que les siennes, pour avoir un point de comparaison. En tout cas merci,
tes messages me font plaisir !!


Sandra 25/05/2009 18:28

Génial, j'ai trop aimé ce chapitre. Incroyable.
Et il y a mon Paul! bon d'accord, il n'arrive qu'à la fin.
J'ai adoré être dans la tête d'Edward. Savoir ce qu'il ressent.
Magnifique.

Néo 26/05/2009 18:28


Oui j'ai rajouté Paul et les autres, en attendant de les mettre plus en avant ; )


Dri 19/04/2009 17:45

J'ai eu une petite peur. J'ai bien cru qu'Edward... enfin ouf !

Anne sophie 18/04/2009 19:14

et les miennes avec!!! XD