chapitre 11

Publié le par Néo

Hostilités

Dans les couloirs de la faculté…

Des têtes qui se tournaient brusquement. Des yeux… Des yeux partout, qui s’agrandirent et papillonnèrent ne voulant perdre aucun mouvement, aucun déhanché. Puis des postures typiques et grotesques pour parfaire leur séduction. Tous ses regards me gênaient, me mettaient mal à l’aise, alors que la cible de toute cette attention déambulait joyeusement dans les couloirs de notre bâtiment, mon garde du corps personnel, et semblait s’amuser de cette nouvelle vie d’étudiante.

_ Tu te rends compte Bella ! Moi dans la prestigieuse université de Dartmouth ! J’ai connu Harvard, Columbia, et même Oxford et la Sorbonne, mais au grand jamais je ne suis venue étudiée la littérature dans le New Hampshire ! Le timbre de sa voix me fit sourire, car il claironnait telles des petites clochettes à mes oreilles.

_ Ravie que ça te plaise ma chère Alice. Par contre si tu pouvais parler légèrement moins fort, pour éviter d’attirer plus l’attention sur nous !

Alice jeta un regard circulaire et sourit à tous ces mâles en admiration. Haussant les épaules je la devançais pour me diriger vers mon prochain cours de langue appliquée. Alice allongea le pas et me rattrapa en peu de temps.

_ Tu cherches à me semer Bella ? Ma présence t’ennuie ? C’est ça, je t’exaspère et tu ne veux plus de moi ! Son sourire disparu pour laisser place à une moue dubitative qui me fit chavirer.

Je me stoppai en faisant un quart de tour pour me retrouver pile devant elle. Je posai mes deux mains sur son visage aux traits parfaits et froid afin de l’attirer vers le mien.

_ Ta présence me réconforte et m’apaise. Néanmoins, tu as tendance à oublier que tu ne passes pas inaperçu auprès des étudiants. Alors évitons d’attiser la jalousie de Jasper, et ne jouons pas avec ses nerfs. Ma réplique la fit rire aux éclats, elle passa un de ses bras sous le mien et m’escorta jusqu’à l’amphithéâtre sans s’arrêter de rire.

La présence d’Alice à mes côtés me rassurait, car je me savais en sécurité, mais aussi car j’avais l’impression de me retrouver au lycée de Forks où nous passions nos journées ensemble entre elle, moi et… Edward. Malheureusement, je devais me contenter d’Alice n’ayant pas revu Edward depuis notre conversation de la veille, il n’était pas réapparu. En fait, Alice m’apprit tout ce que je voulus savoir et donc je savais où il se trouvait : auprès d’Orline.

Hier, Alice avait appelé son frère en urgence, écourtant notre conversation à cause d’Orline qui avait faillit égorger un client ivre qui s’était trompé d’étage. Heureusement, Emmet avait réussi à la rattraper de justesse avant qu’elle ne commette un meurtre. Apparemment, le pauvre malheur était trop saoul pour se rappeler la moindre agression, et il avait continué son chemin vers la cage d’escaliers. Ensuite, Alice était parvenue à calmer Emmet et Jasper qui ne souhaitaient qu’une chose : se débarrasser d’Orline ! L’hôtel devenait un endroit remplit de tentations pour elle, alors après une multitude d’appels à des agences de location et à son père, Edward avait loué une petite maison à plusieurs kilomètres de la faculté en plein milieu de la forêt, à la frontière entre les États-Unis et le Canada.

Par conséquent, je savais qu’il resterait auprès d’elle, ne voulant pas la confronter à d’autres soucis. D’ailleurs, selon les dires d’Alice, Edward allait en profiter pour lui apprendre la chasse et se contenter de proies animales. Il ne serait plus sous ma fenêtre pour surveiller les alentours tandis que le sommeil m’emporterait. Il ne serait pas non plus là pour m’accompagner à la bibliothèque. Non… maintenant il avait une autre personne dont la survie lui importait, une charmante créature, une victime de Victoria, rien de plus pour le faire culpabiliser.

Mes pensées étaient viles et peu sympathiques envers mon amie, et malgré cette prise de conscience je ne pouvais m’empêcher de la haïr tout simplement parce que je l’enviais et aussi car elle éloignait Edward de moi. A cause de ce triste constat, je compris que mes sentiments pour lui ne s’étaient ni atténués, ni amoindris. Je l’aimais encore plus fort qu’auparavant, et je désirais sa présence à mes côtés, sa protection et son amour. Alors que je ne lui convenais plus, je n’étais qu’une humaine l’obligeant à jouer une mascarade qu’il ne supportait plus et à cause de qui il ne se reconnaissait plus. De surcroît, Orline et Edward étaient si beaux, et dorénavant ils partageaient le même secret, la même condition d’immortel, tous les facteurs étaient réunis pour qu’ils représentent un couple idyllique. Qu’avais-je à lui proposer moi, pauvre humaine dont l’odeur de mon sang le tiraillait et le faisait souffrir.

Alice me sortit de mes sombres pensées car il était déjà l’heure du déjeuner. J’avais somnolé durant tout le cours et je fus étonnée de ne pas avoir été rappelé à l’ordre par mon professeur acariâtre. Nous nous rendîmes ensemble à la cafétéria pour que je puisse reprendre un peu de forces. En bonne comédienne qu’elle était, Alice remplit son plateau repas d’aliments en tout genre dont je savais qu’ils resteraient intacts une fois la pause terminée. Alors que je cherchais une table pour nous installer, je vis Lily au loin toute seule, assise dans un endroit reculé.

Je jugeai le moment opportun pour lui présenter mon amie. Jake lui avait révélé son secret et du même coup l’existence de créatures à la peau froide et avide de sang. Quand il l’avait raccompagné à la résidence hier soir, mon amie était dans un état de léthargie, amorphe. Il avait rajouté, dans un murmure, que dorénavant ils ne partageaient plus le moindre secret. Néanmoins, j’étais quelque peu anxieuse quant à sa réaction, mais Alice était si douce et si aimable qu’elle ne pourrait pas l’effrayer très longtemps.

_ Hey… Lily j’ai quelqu’un à te présenter. En me voyant déposer mon plateau à côté d’elle, mon amie releva sa tête, et quand ses yeux se posèrent sur Alice elle se leva d’un bond.

_ Désolée, Bella je ne crois pas qu’il s’agisse d’une très bonne idée ! Son regard était sombre et peu amène. Sa réaction me surprit, car ses yeux ne trahissaient aucune peur mais plutôt de l’agressivité envers Alice.

_ Non ne t’inquiète pas, Alice n’est pas ce que tu crois. Elle…

_ Quoi il ne s’agit pas d’un buveur de sang, d’un monstre qui pourrait tuer n’importe lequel d’entre nous sans difficulté et sans plaisir ? Elle darda sur moi une expression remplit de haine et d’animosité, tout en chuchotant ses paroles agressives.

_ Oui, euh non. Enfin, oui tu ne trompes pas sur ce qu’elle est, mais elle ne tentera rien de tout ce que tu viens d’énumérer. Rassure-toi elle ne te veut aucun mal. Je compris que Lily éprouvait pour mes amis ce que Jake ressentait à leur égard et j’en fus attristée.

_ Bien sûr, je suis stupide ! Ils sont aussi inoffensifs que des loups dans une bergerie ! Sa réplique était sèche et son ton sarcastique me déplut.

_ Oh ! En parlant de loups, c’est l’hôpital qui se fout de la charité ! J’avais répondu très vite, l’exaspération de son comportant m’insufflant ma réplique.

_ Sois sans crainte, tu es la dernière personne dont le sang me ferait envie ! Tu sens la même odeur nauséabonde que ton sac à puces de copain et puis ton sang est… Sans saveur. Tu ne donnerais même pas envie à Orline ! Alice lui répondit sur le même ton qu’elle employait pour lui parler depuis le début de notre échange houleux.

_ Orline ? Comment ça ? La détresse chassa rapidement son antipathie et sa colère.

_ Ca suffit toutes les deux ! Lily assieds-toi ce que j’ai à te dire n’est pas agréable alors ne me complique pas la tâche s’il te plaît ! Je criais presque maintenant et mon emportement calma mes deux interlocutrices. Elles s’assirent non sans se lancer des regards peu commodes.

Tous les regards de la cafétéria étaient braqués sur nous à cause de moi. Cette comédie, ces mensonges allaient finir par me rendre folle, comment faisaient les Cullen pour ne pas péter un plomb à force de dissimuler leur existence ?

_ Quoi vous voulez notre photo ? Criais-je à l’assemblée.

_ Qu’avez-vous fais à ma meilleure amie ? Bella tu m’impressionnes ! M’interpella Alice.

_ Ah ah très drôle ! Ton frère lui a réglé son compte à celle-là ! Mon amie me décocha un regard incendié, j’en frissonnai de peur.

Après quelques secondes pour me calmer, j’entrepris de raconter à Lily ce que m’avais appris Edward hier au sujet d’Orline. Mon récit achevait, Alice tenta de rassurer aussi bien Lily que moi sur ce qui allait se passer pour notre amie commune.

_ Pour le moment, elle ne parvient pas à maîtriser sa soif, mais lorsqu’elle sera devenue plus forte qu’elle, vous pourrez la côtoyer. Mon frère, Edward, précisa-t-elle pour Lily, est à ses côtés continuellement pour éviter tout dérapage, et il lui apprend aussi à se contenter de sang animal. Orline a un caractère très fort et je suis persuadée qu’elle réussira à se contrôler. Elle fera un vampire hors du commun, elle nous éblouit déjà tous !

_ Excepté Emmet et Jasper, lançai-je avant même de réfléchir à mes paroles.

_ Quoi ? J’espère qu’il ne lui arrivera rien ! Lily vrilla ses yeux dans ceux d’Alice en guise de menace.

_ Emmet et Jasper sont inquiets pour Edward qui a tendance à trop se sacrifier pour que la… la convalescence d’Orline se passe au mieux. C’est tout ! D’ailleurs, ils ne pourront lui faire aucun mal, ils sont déjà sous son charme, même Rosalie semble s’être trouvée une nouvelle petite protégée.

C’était la cerise sur le gâteau ! Rosalie qui avait été si peu aimable avec moi, se réjouissait aujourd’hui d’avoir une nouvelle recrue à compter dans ses rangs. Et une très belle recrue en plus. J’avais l’impression d’être une étrangère, de vivre une vie qui n’était en réalité pas la même, une vie que je n’aurai fait que rêver, une illusion. Je ne maîtrisai plus la colère qui, depuis tout à l’heure se manifestait à la moindre occasion, et mon amertume pour cette nouvelle situation m’empoisonnait littéralement, envahissant tout mon corps.

_ Il faut… Je me repris et tenta de contrôler le débit de mes paroles. J’ai besoin de voir Orline !

Piètre mensonge… En fait, je voulais surtout voir comment Edward se comportait face à elle, comment se déroulait leur petite vie, et puis savoir quel vampire est-elle devenue. Alice répondit à ma requête par une grimace, je sentis que j’allais devoir être très convaincante pour qu’elle me laisse pénétrer leur antre.

_ En tout cas, ne comptez pas sur moi ! Je ne me jetterai pas dans la gueule du loup, Lily buta sur le dernier mot, enfin dans ce nid de vampires !

L’antipathie de Lily vis-à-vis des Cullen était plus que perceptible, elle est gênante. J’en étais peinée car en les insultant de la sorte, elle insultait également mon rêve, j’aurai pu être à la place d’Orline aujourd’hui si… si Edward avait continué à m’aimer. 

_ Bella, ce n’est pas une très bonne idée. Certes, Orline est sous bonne garde, mais cela ne veut pas dire que l’on peut être rassuré. Elle essayait à la fois de me tranquilliser sur mon amie tout en me mettant en garde contre toutes tentatives d’assassinat.

_ Je ne vois pas quel danger j’encours alors qu’elle sera encerclée par cinq vampires invincibles et puissants. Je lui ressortais le même couplet dont ils s’étaient servis pour me rassurer alors que James voulait me tuer l’année dernière.

_ Tu veux vraiment la voir, c’est bien ça ? Je hochai la tête à la question d’Alice pour lui montrer que ma décision était prise et que j’en étais consciente.

Un lourd silence tomba alors sur notre table, Alice et moi nous nous observions sans rajouter quelques commentaires. Mais bien qu’elle me toisait, en réalité elle n’était plus parmi nous, elle visionnait ce que ma décision allait engendrée comme conséquence. Puis, un sourire commença à naître au coin de sa bouche et je sus que la réponse à ma demande allait être positive. En même temps, sa vision me rassura, je n’avais jamais été suicidaire et me présenter devant un néophyte assoiffé n’était pas pour me soulager.

_ Ca devrait aller, si elle reste sous le contrôle d’Edward tout devrait bien se passer. Aucun sourire ne vint conforter sa vision, ce n’était pas sans risque mais Alice était prête à le prendre pour satisfaire mon caprice, ou mon mensonge plutôt.

***

Le chemin le plus court pour se rendre au petit chalet que les Cullen louaient, passait bien évidemment en plein cœur d’une forêt, et se trouvait à une centaine de kilomètres de la faculté. N’ayant ni voiture, ni moyen de transport en tout genre, Alice me proposa de m’y acheminer sur son dos. Je refusais tout de suite, Alice étant si petite et si menue, je ne la pensais pas capable de me porter sur une aussi longue distance. Ma remarque la fit rire, et elle m’attrapa par le bras pour me faire basculer de telle sorte j’atterris sur son dos. Elle ne me laissa pas le temps de m’installer qu’elle encercla fermement mes jambes autour de sa taille. Puis elle s’élança à travers les arbres et les rochers qui jonchaient le sol et les alentours. Je respirai un grand coup en n’oubliant surtout pas de fermer les yeux et enfermait mes bras autour du cou d’Alice. Elle ne semblait éprouver la moindre gêne, ou fournir un effort particulier, au contraire j’avais l’impression de voler.

Ce bref voyage m’en rappela d’autres, en compagnie d’Edward : notre premier rendez-vous dans la clairière, la partie de base-ball, autant de souvenirs qui me prirent de court et qui entrainèrent quelques larmes ruisselant sur mes joues. Alice ne s’étonna pas de voir les sillons que les larmes avaient tracés sur mon visage poussiéreux, sans doute dû à la course pensa-t-elle.

Dès que je foulais le sol du pied, je fus impressionnée par le décor qui s’offrait à moi et à ma contemplation. Un imposant chalet en bois dominait l’espace entouré d’une végétation luxuriante et dense. Un balcon courait tout le long du premier étage avec ses rambardes sculptées dans des formes géométriques et originales. Des fleurs pendaient des bacs depuis la balustrade et renvoyait des couleurs chaudes, du jaune, du rose et du orange illuminant les fenêtres d’éclats scintillants. Aucun signe ne trahissait de la présence des Cullen, les lumières ne chatoyaient pas à travers les baies vitrées, la cheminée ne recrachait aucune fumée attestant qu’un feu chaleureux réchauffait les convives, aucun bruit ne provenait des alentours ou de la maison. Tout était silencieux et désert, jusqu’à ce que Jasper apparaisse derrière le reflet d’une vitre.

Ce dernier ouvrit la baie vitrée et s’avança sur le balcon attrapant la balustrade fermement quand il m’aperçut, je n’étais pas attendu apparemment. Alice lui lança un sourire irrésistible qui eut le don de détendre les traits inquiets qui marquaient le visage de son fiancé.

_ C’est comme ça que tu m’accueilles Jaz ? lança-t-elle à son amoureux.    

Il entreprit de descendre les escaliers pour venir à notre rencontre quand Rosalie et Emmet sortirent eux aussi sur le balcon. La surprise se lut sur le visage de Rosalie en me voyant, ce qui me fit frissonner tandis qu’Emmet me servit son plus beau sourire qui me fit rougir.

_ Bella et ses joues rouges pivoines ! Vous m’avez manquées, me lança Emmet en enjambant la balustrade pour atterrir juste à côté de moi. Il me serra dans l’étau de ses bras tout en me faisant sauter. Sa bonne humeur fut contagieuse car il réussit à faire rire l’assemblée y compris Rosalie.

_ Je suis contente de te revoir saine et sauve après tout ce temps, Bella. Rosalie s’était rapprochée de moi et posa une main sur mon épaule. Cette attention particulière et si inattendue de la part d’elle me coûta quelques larmes qui roulèrent jusque dans mon cou. A la vue de ses traitresses, Emmet me relâcha pour rire aux éclats et les trois autres me sourirent, même Jasper.

_ Bella… Je tournai la tête vers mon interlocuteur dont l’air grave me déstabilisa. Je n’ai pas eu le temps de te présenter mes excuses. Je suis responsable de cette situation actuelle et de ta… votre rupture. Malheureusement, je n’ai pas réussi à plaider en ta faveur face à Edward. Alors sache que dorénavant tu pourras compter sur moi pour te protéger. Je ne voulais qu’une seule chose : m’élancer dans les bras de Jasper et le rassurer, mais j’avais peur que l’odeur de mon sang le perturbe plus que ne le réjouisse. Alors je restai stoïque avec un pauvre sourire figé sur mes lèvres. Comme s’il sembla deviner ma réticence, il ajouta :

_ Ne t’inquiète pas Bella, ton sang ne me fait plus autant souffrir. En septembre dernier, quand j’ai failli… bref j’ai réalisé le danger auquel tu as été exposé et les conséquences dramatiques qui auraient pu se produire si Edward n’avait pas réagi à temps. Dorénavant, je m’efforce de dominer cette soif et je pense être enfin sur le bon chemin.

C’était la première fois que je l’entendais parler autant, surtout à moi ! Le timbre de sa voie était tout aussi mélodieux que le reste de sa famille, mais un côté plus grave, pénétrant. Pourtant, alors qu’il me rassurait sur ses bonnes dispositions à mon égard, j’en tremblais. Trop de choses déplaisantes remontèrent à la surface de mon cerveau : mon anniversaire et puis notre rupture…

Toutefois, suite à cet aveu je sautai sur mes pieds et atterrit entre les bras de Jasper, afin de lui montrer ma confiance en lui et aussi pour cacher ma douleur aux autres. Je sentis une légère crispation sous mon corps, étant peu enclin aux démonstrations publiques Jasper se sentait un peu mal à l’aise. Néanmoins, ses muscles se relâchèrent et il me tapota légèrement le dos.

Notre échange ne s’éternisa pas non plus, je ne souhaitais pas mettre ses efforts à rude épreuve. Alors que je me reculai doucement, je levai la tête sur lui. Il était resté bras tendus avec un air surpris peint sur le visage, il était embarrassé par autant de déversement de sentiments. Tandis que mes joues s’empourprèrent à cause de l’embarras de la situation, Emmet se mit à rire fortement contaminant le reste des troupes qui partirent dans des éclats de rires bruyant.

Pendant que nous rigolions toujours de mes joues rosies et de mes larmes qui ne voulaient plus s’arrêter de couler, ils apparurent dans l’encadrement de la porte vitrée. Les rires se stoppèrent net devant l’expression peu courtoise qui devait se lire sur mon visage. Le regard que me lançait Orline était un mélange d’étonnement et d’envie. Une envie de me parler ou une envie de mon sang, je n’aurais su dire exactement.

Elle fit un pas vers la balustrade, mais Edward l’attrapa par la main et l’attira à lui, alors elle se blottit dans ses bras qu’il referma vivement autour de ses épaules. Cette vision fit disparaître la bonne humeur qui s’était installée sur mon visage et mon sourire se tordit dans une grimace plus liée à l’écœurement qu’à la surprise de les voir ensemble.  

_ Alice tu es inconsciente ! Tu cherches à faire voler en éclats le travail que nous avons accumulé ou quoi ! La voix d’Edward me fit tressaillir tant il était hors de lui.

_ Ne t’inquiète pas, Bella s’inquiétait pour Orline. Elle voulait juste la voir pour se rassurer. Et tout se passera bien ! Au contraire de son frère, Alice se voulait rassurante, mais Edward ne bougea pas d’un poil pour autant.

Le soleil m’éblouissait et m’empêchait de voir la scène du balcon correctement. Je m’écartai du petit groupe et avançai doucement vers le chalet. Edward fulminait de rage à chacun de mes pas, je pouvais l’entendre souffler. Sitôt, Alice m’emboîta le pas pour me couvrir au cas où, mais ses traits ne trahissaient aucune crainte, du coup je m’approchais sans peur. Dès que l’ombre me couvrit je pus contempler à loisir la beauté d’Orline.

Son teint d’albâtre renforçait la couleur émeraude de ses yeux translucides qui me surprirent.

_ Ces yeux ils ont… Ils sont… bégayai-je.

_ Oui, ils n’ont pas changé de couleurs. Franchement, personne ne sait pourquoi ! m’apprit Alice.

Passant outre ses yeux obsédants et intimidants, je continuai de la détailler. La courbe de sa mâchoire était plus prononcée et ses pommettes plus saillantes, néanmoins je n’observai pas d’autre changement. Elle était d’une beauté parfaite quand elle était vivante. Qu’aurait pu lui apporter de plus l’immortalité ?

            Je jetai un coup d’œil anodin à Edward dont sa cicatrice au visage tendait à disparaître, ne laissant que de petits bourrelets de peau blanche. Son corps était tendu comme un arc et son regard remplit de colère. Au fur et à mesure de mes avancées, il reculait doucement en resserrant sa prise sur Orline. Le duo qu’ils formaient tous les deux me choqua, leur beauté hors du commun, leur peau semblable, leurs cernes violacés, identiques. Ils ressemblaient à deux mannequins posant pour une publicité de parfums, représentant la jeunesse, la perfection et la sensualité. Bref, tout ce que je ne pouvais offrir ! Il était évident que je ne ferai jamais le poids face à telle beauté froide.

_ Bella, je ne savais pas que tu étais au courant ? Je hochai fébrilement la tête à la réponse de mon amie et rivale, elle me souriait de joie, de ses dents blanches étincelantes.

Mon amie… Ma Line délurée et bouillonnante de vie. Comment pouvais-je la détester ? En la regardant, je mis le doigt sur ce qui m’énervait depuis le début. Ce n’était pas elle que je maudissais, c’était le vampire qu’elle était devenue : mon rêve avorté.

Puis elle détourna son regard de moi pour se plonger dans les yeux d’Edward :

_ Tu as vu, j’arrive à me contrôler ! Ton travail n’a pas été vain. L’odeur de son sang chatouille mes narines mais je tiens trop à elle pour risquer le moindre faux pas, sa réflexion me fit l’effet d’une gifle.

Elle se réjouissait de ne me faire aucun mal avec ses crocs, alors qu’elle n’imaginait pas la souffrance qu’elle m’infligeait tout en restant dans les bras d’Edward. Elle s’inquiétait de me faire le moindre mal, elle ne voulait pas me blesser, tandis que l’aurai envoyé au diable si cela avait été dans mes capacités. La jalousie est vraiment un sentiment infect et exécrable, pourtant je ne parvenais à le faire taire.

Tandis que mon regard se posait sur Edward, je sentis une main m’agripper le bras et me tirer en arrière. A cet instant, je pus lire l’expression d’horreur qui courait sur le visage d’Edward, il tremblait de la tête aux pieds.

_ Alice emmène-la loin ! Remplacez-moi, je ne me contrôle plus ! DEPECHEZ-VOUS ! Edward cria ses instructions à ses frères et sœurs qui agirent très vite, mes yeux ne virent pas les déplacements qu’ils effectuèrent. Tout ce que je perçus dans ce remue-ménage fut Rosalie enlacée Orline au moment où Edward se volatilisa et les bras d’Alice me soulevant du sol, m’emportant très loin et très vite.

Notre course folle se termina dans un endroit que je ne connaissais pas. Le soleil commençait à décliner et j’étais morte de froid. Alice me reposa à terre et je vis que nous n’étions pas seules, Jasper venait juste de s’arrêter derrière sa fiancée. Les bruits d’un train passant au-dessus de ma tête me firent sursauter et je me mis à observer les alentours. Nous étions à la lisière d’une forêt et un pont passait juste au-dessus de ma tête, je me mis à suivre ses courbes dans l’horizon et les contours d’une grande ville avec ses immeubles se dessinaient dans le lointain.

_ Où est-on ? Et que s’est-il passé au juste ? Ma voix n’était pas aussi posée que je le voulus mais je parvins néanmoins à être compréhensible.

_ A Montréal. Il était moins une ! Jasper s’adressa à moi calmement tout en enlevant sa veste pour la passer sur mes épaules, et je m’aperçus que je tremblais comme une feuille. Ma mine surprise et incrédule força Alice à prendre la parole alors qu’elle paraissait aussi bouleversée que moi.

_ Je suis désolée Bella, j’étais persuadée que le danger viendrait d’Orline. Alors je n’étais attentive qu’à ça ! Elle s’appuya sur un tronc d’arbre et se frotta le front de ses doigts comme pour chasser les mauvaises idées de son esprits.

_ Je lui avais dit ! C’était une très mauvaise idée de lui faire boire son sang. Le résultat aurait pu être drôle s’il n’avait pas été dangereux. Jasper malgré son calme apparent, était hors de lui.

_ Il ne pensait pas à mal ! Et puis il s’en remettra très vite, il lui suffit de chasser plus que nécessaire, tout rentrera dans l’ordre. Alice s’était redressée et faisait face à Jasper tout en tentant de le rassurer, mais de quoi ?

_ Je t’en prie, tu connais aussi bien que moi l’addiction d’Orline pour Edward maintenant. Le sevrage va être douloureux !

_ Peut-être mais grâce au sang d’Edward, nous avons une néophyte plus gérable et qui se contrôle bien mieux !

 _ Humm à quel prix ? Il a faillit tuer Bella, l’odeur de son sang a réveillé sa soif et lui a fait perdre la tête !

_ STOP ! Je hurlai car je ne comprenais plus leur échange et la teneur de leur discussion. Edward avait faillit me tuer… Mes jambes se dérobèrent sous mon poids, mais avant de percuter le sol, Alice me soutint d’un bras et m’aida à m’asseoir doucement. Je sentis une onde de chaleur me parcourir tout le corps, qui eut le don de m’apaiser et de calmer mon cœur qui battait à la chamade. Jasper usait de son pouvoir pour éviter de mettre mes nerfs à rude épreuve. Il attendit que je me calme complètement pour commencer à m’expliquer les événements périlleux de notre après-midi. 

_ Au début de sa transformation, Orline ne supportait pas le sang animal. Il nous a fallut recourir à du sang humain une fois, je blêmis, non ce n’est pas ce que tu crois. Nous avons volé des échantillons de sang c’est tout. Puis, Edward a eut la brillante idée de lui faire boire son propre sang. Cette alimentation lui a apporté une force incroyable, et elle lui a permit d’assouvir sa soif et de commencer à la contrôler. En contrepartie, cela a fragilisé Edward, il se vide de toute son énergie, de sa force et retrouve des instants primaires. Aujourd’hui, en sentant l’odeur de ton sang, il n’a pas réussi à dominer sa soif et il s’est laissé aller.

_ C’est aussi pour cela, qu’il cicatrise très mal, rajouta Alice, la tête baissée.

_ Pourquoi ne chasse-t-il pas davantage pour combler le manque de sang ? Demandai-je paniquée.

_ Mais il le fait ! Seulement, Orline est devenue dépendante de lui. Il a donné énormément de son sang au début et il n’arrive pas à retrouver un équilibre. Et puis, il préfère prendre ses tours de garde plutôt que d’aller chasser ! L’imbécile ! Alice était désemparée face à une telle situation.

_ Mince ! Empêchez-la de l’approcher un point c’est tout ! Je tapai vigoureusement mon poing sur le sol devant une telle évidence.

_ Tu crois que l’on n’a pas déjà essayé de le ramener dans le bon sens ?! Tu penses que l’on le regarde tranquillement se vider de toute son énergie ? Le ton de Jasper me fit sursauter tellement il était virulent. Le problème est Edward et sa culpabilité !

_ L’échange de sang n’est pas non plus anodin, il créé un lien entre le donateur et le receveur, qui rend tout sevrage long et pénible mais pas impossible. Alice tentait de me rassurer en vain.

_ Au moins l’incident d’aujourd’hui va le faire réagir. Quand il aura retrouvé ses esprits et qu’il s’apercevra qu’il a faillit tuer la personne la plus importante pour lui, il reverra sa philosophie sur Orline ! La remarque de Jasper me surpris et me plut en même temps.

_ La personne la plus importante pour lui, pensai-je. Serait-il possible qu’il lui reste encore le moindre sentiment pour moi ? Serait-il possible que je sois toujours importante pour lui ?

Au même moment, je sentis une vibration dans le manteau de Jasper, en cherchant la provenance de ses mouvements, je tombai sur un cellulaire. Avant de le donner à son propriétaire, j’eus le temps de lire le nom du correspond : Edward.

Jasper décrocha mais il parlait si vite que je ne compris pas leur échange, par-dessus le tout ce dernier me tournait le dos. Il se retourna vivement et me tendis le téléphone, j’allai le remettre dans la poche intérieur du manteau quand il m’informa qu’Edward voulait me parler.

_ Oui ? Ma voix était hésitante et le nœud dans ma gorge m’empêchait d’en dire davantage.

_ Bella, je suis désolé, tu vas bien ? Il était anxieux et parlait extrêmement vite, à tel point que je n’entendis pas la suite de ses paroles.

_ Edward je vais bien rassure-toi. Mais parle moins vite je ne saisis à peine la moitié de ce que tu me dis. Il respira un grand coup puis rajouta.

_ Tu es venue te rassurer sur le sort de ton amie et c’est moi qui perds pied ! Il s’était un peu calmé, pourtant mes mots franchirent mes lèvres avec une grande difficulté ce qui le fit rire, mais un rire retenu tout de même. Alice et Jasper veilleront sur toi, j’ai confiance en eux. En attendant je vais t’éviter, ton odeur me prive de tout sens de contrôle. Je me mets en chasse très vite et dès que je suis à nouveau maître de moi je te débarrasserai de Victoria une bonne fois pour toute.

_ Merci et rétablis-toi vite. Mes paroles me paraissaient stupides et dénués de sens, mais rien d’autre ne me vint en tête. Sur ces dernières paroles il me souhaita bonne nuit et raccrocha dans un souffle.

Je rangeai le téléphone et me plongeai dans mes pensées, deux choses me tracassaient : la remarque de Jasper, et l’après Victoria ? Les Cullen repartiraient en emportant Orline avec eux, me laissant seule derrière. Cette image me rendit maussade et triste. Alice se pencha devant moi en agitant les mains pour attirer mon attention.

_ Tu as sans doute faim non ? A moins que tu ne préfères rentrer dormir ? Je lui souris et optai pour la deuxième option. Jasper m’aida à monter sur le dos d’Alice et nous nous mîmes en route rapidement.

Avant de m’endormir, l’image de Line et Edward enlacés s’imposa à moi et m’empêcha de fermer l’œil tout de suite.

Ce soir, Edward ne se trouverait pas en bas de ma fenêtre pour veiller sur moi, mais auprès d’elle…

 

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Clo# 21/10/2009 17:45


RAAH ! Jusqu'à présent Orline m'était indifférente mais maintenant ... ! Qu'elle laisse Edward tranquille !!
A part moi, il n'y a que Bella que je peux lui voir pendue à son cou ;)


Néo 22/10/2009 08:46


oh ma pauvre Orline elle n'a vraiment pas la côte décidémment =(


la Bella du Quebec 02/10/2009 18:41


pour que ta fic sois crédible ce serait le pont Victoria car ses celui la que le train passe a montéal si tu veut l'intégrer se serait celui la
ou des petit pont que le monde ne connait pas trop, Victoria pas mal tout le monde le connais ses un tress gros pont

bon voila merci encore pour ta fic elle est super


Néo 02/10/2009 18:53


et bien merci je l'ajouterai x)


la Bella du Quebec 02/10/2009 17:37


bon le je pouvais pas imaginer que tu ferrais mieux que le chapitre 10 mais encore une fois tu te surpace chaque fois

nonnnn comment Edward peut vouloir sans prendre a Bella mde il est vraiment amocher pour tenter de la tué comme ca

et en plus Alice, mon beau Jasper et Bella sont ici chez moi a Montréal dit moi ou??????? que je m'y rendre hummmmm
sous quel pont ,Jacques Cartier? ou Camplain le quel??????


Néo 02/10/2009 18:14


Ah oui c'est vrai ils sont au Canada xD hum pour le pont je ne sais pas trop ^^ il est sorti de mon imagination, dis moi lequel des deux tu préfères et je l'insèrerai dans ma fix ;)


Angie 21/09/2009 21:41

ah bah il manque les trois quarts de mon com' >.< et je sais même plus ce que j'avais écrit --"

Néo 21/09/2009 21:53


c'est malin xD

allez continue à lire. Moi aussi je relis ma fic' depuis le début car je fais la chasse aux fautes, aux tournures de phrases et je regarde si dans certains de mes indices je ne me mords pas la
queue ^^


Angie 21/09/2009 21:37

^.^ je suis pas au bout de mes surprises alors ! espèce de sadique :P x) (tout les auteurs de fictions le sont >.

Néo 21/09/2009 21:39


oui je sais je suis une sadique, autant avec les persos qu'avec les lecteurs, tu le découvriras très vite car j'ai une fâcheuse habitude de mal couper mes chapitres ;)