chapitre 10

Publié le par Néo

Vérités

Le lendemain matin…

Les joies du dimanche matin, pas de réveil, pas de bousculade pour les douches, seulement un repos bien mérité. Malheureusement, aujourd’hui je fus réveillée par un bruit retentissant qui me fis sursauter de mon lit et me sorti de mon doux et paisible sommeil. Instinctivement, je me redressai sur un coude et écarquillai difficilement les yeux. Dans l’entrebâillement de mes paupières, je découvris une Lily ahurissante faisant voler ses affaires dans différents coin de la pièce, et je constatai que mon propre lit était jonché de pulls, chaussettes et effets personnels en tout genre. Puis, je compris ce qui m’avait éveillé : les grognements et plaintes marmonnés par ma colocataire devenue sans nul doute une folle furieuse. Visiblement, elle avait retrouvé ses esprits et abandonné son état léthargique de la veille. Cependant, le choc de la nuit dernière avait sacrément dû la chambouler pour qu’elle se lève si tôt un jour de grâce matinée autorisé. 

Après le départ d’Alice, Jake était venu me trouver pour se renseigner sur l’état de santé de mon amie. À force d’arguments et aussi grâce à une grande persuasion, je réussis tant bien que mal à le rassurer. En retour, je lui priais de me raconter dans les moindres détails ce qu’il s’était passé pour que Lily puisse perdre connaissance ; bien que ses sous-entendus : boules de poils et canines, m’avaient donné un bref aperçu des évènements.

Jake avait beaucoup de défaut, sauf celui de ménager les gens. C’est donc sans aucune retenue qu’il me raconta sa soirée en détails, de leur… rapprochement corporel à l’arrivée théâtrale d’Edward et du quiproquo que nous avions laissé s’envenimer. Certes, Jake restait le principal coupable de ce malentendu, nonobstant je l’avais, sans le vouloir ni le savoir, conforter Edward dans cette vision. Cependant, malgré cette nouvelle information, je ne su pas l’analyser, ni même y voir une quelconque marque d’espoir dans sa réaction plutôt impulsive face à Jake et Lily enlacés en train de… d’être occupés à diverses choses intimes et personnelles.

Par contre, ce que Jake ne réussit pas à me dire de façon exact, porter sur ce qu’avait entrevu Lily au cours de la bagarre. Avait-elle assisté à sa transformation en loup-garou ? En tout cas, un point sur lequel il était inflexible, reposait sur la démonstration de force d’Edward et de la vision cauchemardesque de ses lèvres retroussées sur des canines étincelantes. L’angoisse le reprit à la simple évocation de ce pénible épisode, car tout le problème reposait sur la réaction de Lily. Comment allait-elle réagir ? Car en plus de son secret, il allait aussi devoir lui parler des vampires, mais aussi du problème de Victoria… quelle poisse. Je tentai de le rassurer que l’imprégnation ne pourrait pas les séparer et qu’elle l’accepterait tel que, en vain. Alors je lui racontai ma découverte de la vraie nature d’Edward, à l’époque malgré le danger qui rôdait autour de moi, je n’avais pas souhaité faire machine arrière. Cet aveu me bouleversa, mais pas autant que je le craignais… Son récit achevé, il m’aida à escalader le mur et enjamber la balustrade, je surpris son regard soucieux à l’attention de la forme qui respirait calmement sous les couvertures, puis m’adressant un clin d’œil il se projeta en arrière et disparut dans la pénombre de la nuit.

Ce matin, je compris son inquiétude de la veille, et même j’y adhérai puisque Lily semblait de très mauvaise humeur. L’image d’un personnage de dessin animé en train de s’agiter en remuant les bras de bas en haut s’imposa à moi. Il ne manquait plus que les onomatopées et je me serai crue devant un programme pour enfant. Sauf que nous étions loin de l’innocence du monde de la jeunesse, et que mon amie allait être mise au courant de la brusque réalité qui sévissait dans notre existence. Toutefois, je ne comprenais toujours pas pourquoi elle s’affairait à transformer notre chambre en un véritable chaos, ou scène dramatique du passage d’une tornade.

Dans un bâillement qui faillit me décrocher la mâchoire, je bafouillai quelques mots inintelligibles :

_ B’jour Li’, tu fais quoi ?

_ Peux-tu me dire où as-tu mis mon survêtement gris ? N’avais-je pas dit bonjour ? Juste à ce moment, elle entreprit de fouiller mes tiroirs, sortant tout ce qui ne l’intéressait pas.

_ Hey, hey ! Laisse mes vêtements en paix veux-tu ? Je sautai de mon lit, renversant couvertures, oreiller et vêtements sur mon passage.

_ Avoue tu me l’as encore pris, peux-tu me le rendre ? Elle me fit face en me tendant sa main, une attitude peu commode mais je ne comptai pas me débiner pour autant.

_ Bonjour et s’il te plaît ne sont apparemment pas des mots qui font partie de ton langage ! Je me hissai discrètement sur la pointe des pieds pour paraître moins petite face à cette grincheuse surdimensionnée.

_ Mais je ne t’ai jamais autorisé à me le prendre, dans ce cas-là pourquoi dirai-je s’il te plaît ! Un argument un peu médiocre, je savais quelle était capable de mieux.

_ Non, effectivement tu n’étais pas disponible à ce moment là ! Je l’ai prêté à Jake suite… Mince ! Que pouvais-je lui dire : que suite à une mutation inopinée il s’est retrouvé nu en plein air ? Suite à un incident vestimentaire, je lui ai fais don de ton pantalon, ta taille étant plus adaptée à la sienne. J’étais fière de moi et de mon explication vaste mais qui ne m’obligeais pas à mentir.

_ Mouais… une raison de plus pour nous expliquer : prêt de vêtement toujours pas restitué à son propriétaire. Sur ce, elle attrapa sa trousse de toilettes et ramassa des affaires éparpillées sur le sol pour aller prendre une douche.

Je plaignais mon ami, il allait devoir faire preuve de tact et de diplomatie pour expliquer la situation à Lily sans qu’elle ne l’agresse ou n’en vienne aux mains. En même temps, je ne pouvais m’empêcher de compatir aussi pour Lily, elle allait se prendre une violente gifle, sa conception de la vie était très basique : ni dieux, ni religions, seulement le miracle de l’évolution des espèces et pas une accroc de science-fiction, un véritable choc des civilisations. Et encore, je n’étais au courant que pour les vampires et les loups-garous, qu’en est-il des sorcières, elfes, satyres ou korrigans ?

Un caillou percuta la fenêtre et stoppa l’élan de Lily, qui fit demi-tour pour regarder à travers la vitre. Son expression fut en demi-teinte : tandis que ses yeux s’agrandirent et pétillèrent de joie, sa lèvre se tordit en un mauvais rictus remplit de sarcasmes, présageant ce qu’il allait entendre. Je ne m’interrogeai pas sur l’inconnu qui devait se trouver sous notre fenêtre : un homme malheureux que l’on allait conduire à l’abattoir. Un soufflement franchit le bord de ses lèvres, puis elle fila sous la douche.

Quelques minutes plus tard, Lily ouvrit la porte brutalement et envoya voler ses effets personnels sur le monticule d’affaires qui recouvrait toute la surface de son lit. Avant qu’elle n’arrive en bas, je courus à la fenêtre pour lancer quelques mots d’encouragement à Jake. Je lançai vite mon message avant que Lily ne puisse l’entendre :

_ Bonne chance, elle de méchante humeur mais bon courage ! Seulement, je m’étais trompée d’interlocuteur, Jake se tenait plus loin, tournant en rond.

_ Bella, peux-tu m’accorder quelques instants, j’ai à te parler ? Le regard sombre et le visage grave ne me laissait rien envisager de bon. Il continua de me toiser alors je hochai misérablement la tête, encore étonnée de sa présence.

_ Je t’attendrai au café, situé cent mètres plus loin. Rejoins-moi dès que tu seras présentable.

Abasourdie je refermai machinalement la fenêtre et pris mon nécessaire pour prendre une douche. J’optai pour un jean et un gilet noir, sobre. Je n’aimais guère l’expression de son visage, bien que la teneur du message me fût encore inconnue, je savais qu’il serait déplaisant. Cette mine sévère me renvoyait à une autre scène : une fin de journée d’automne dans une forêt, le cœur en lambeaux… Notre rupture. Quelle mauvaise nouvelle allait-il encore m’annoncer ?

***

Quelques minutes plus tard sur les gradins d’un stade…

_ Je t’écoute Jacob, explique-moi ce qu’il s’est passé hier soir ? Quelle est la substance coupable de mes hallucinations ?

Son regard de braise m’incendiait, et ses ongles pianotant sur le dossier de son siège m’insupportaient. Lily était dans un état d’énervement proche de la crise d’hystérie, je mis du temps avant de lui répondre, choisissant mes mots avec précision et habilité pour éviter tout dérapage.

_ Une substance ? Non rassure-toi je ne t’ai pas drogué.

Comment pouvait-elle imaginer que je serai capable d’un tel crime ? Néanmoins, j’évitai de lui faire ce genre de reproches qui ne pourrait qu’envenimer la discussion. Le plus important était de garder mon sang froid. La tête baissée sur ses mains qu’elle nouait et tordait dans tous les sens, je repris doucement la conversation.

_ Je dois te dire quelque chose de très important sur moi, mais c’est tellement étrange que j’ai peur que tu me prennes pour un fou. De plus, je ne veux pas t’effrayer, cependant ce que je vais te révéler est la triste réalité du monde dans lequel je vis et que tu côtois aussi.

_ Après ce à quoi j’ai assisté hier soir, je ne peux pas être plus terrifiée !

_ Raconte-moi ce que tu as réellement vu.

Lily ouvrit la bouche à plusieurs reprises mais aucun mot ne pu dépasser la barrière de ses lèvres, elle releva la tête vers moi, ses yeux étaient humides. En fait, elle avait peur que je ne la prenne plus pour une folle elle que moi. Je lui pris les mains et l’encourageai à me parler sans détour.

_ Des yeux terrifiants reflétant de la méchanceté. Des visages tordus par la férocité avec l’impression que la mort rodait tout autour de moi. Mais surtout, des déplacements trop rapides pour être vrais et une force… inhumaine. Je ne savais pas de quoi m’inquiéter le plus, de cet homme qui tremblait de colère, ou de toi dans une rage folle. Au fur et à mesure de son récit, sa voix montait dans les aigües, elle perdit le peu de calme qui lui restait et s’enroula dans ses bras et vacillant d’avant en arrière.

Par où fallait-il commencer ? Plus j’attendais pire se serait, néanmoins la théorie du pansement que l’on arrache vivement d’un coup sec n’était, me semble-t-il, par la meilleure technique à aborder vu son état psychique.

_ Me permets-tu de te raconter quelques-unes des légendes sur mon origine ? Je lui relevai la tête et plantai mes yeux dans les siens, et elle hocha la tête doucement.

***

Au même instant dans un café…

Je n’arrivais pas à me détacher de son visage, dès l’instant où je m’étais assise sur la banquette face à lui, j’étais restée figée sur les quatre marques qui lui zébraient le visage, de la tempe disparaissant sous son col roulé. Elles ressemblaient à de vieilles cicatrices, pourtant j’étais persuadée de les voir pour la première fois. Aucune rougeur, seulement quatre petits bourrelets de peau qui bosselaient son visage. Bien que ses marques lui donnaient une expression lugubre, je trouvais aussi qu’elle lui rajoutait un certain côté viril et rebelle qui n’était pas sans me déplaire. Pensées que je mettais sur le compte du manque de sommeil de ces derniers jours.

_ Merci d’être venu, ce que j’ai à te dire et très important mais guère réjouissant. Décidemment, je suis le messager du diable en ce moment !

Je sursautai au son de sa voix, il m’avait surprise dans l’observation de son visage, ce qui me prit au dépourvu. Ma question me brûlait les lèvres, mais ne réussit pas à sortir. Toutefois, son regard interrogateur me fit comprendre que mon comportement ne devait pas être normal, n’ayant prononcé aucune parole dès lors que j’avais croisé son visage.

_ Bella, si tu as une question à me poser, fais-le maintenant au lieu de me fixer comme tu le fais.

_ Euh… Non. En fait, c’est juste ces marques que tu as qui retiennent mon attention. J’étais persuadée que tu ne pouvais t’entailler, c’est tout.

_ Rassure-toi je ne me les suis pas faites tout seul. Ton ami Jake m’a donné un coup de pate !

_ C’est comme même étrange qu’il ait réussi à transpercer ta peau ! Au pire, j’imaginai que votre système, enfin que vos capacités de guérison étaient décuplées.

_ En temps normal, ces griffes ne m’auraient même pas égratignées, mais… J’ai quelques soucis avec ça en ce moment. D’ici quelques jours, elles disparaitront.

Dommage ! La serveuse s’approcha de notre table pour prendre la commande, et comme à son habitude, Edward commanda deux sodas alors qu’il ne boirait pas une goutte de sa boisson. Une fois, les boissons déposaient sur la table, il attendit que je fasse le plein en sucre avant de me révéler ce qu’il avait à me dire. Malgré la tension qui suintait à travers tous les pores de sa peau, je me sentais étrangement confiante et à l’aise.

_ Je viens de comprendre les plans de Victoria. J’allais ouvrir la bouche mais il m’arrêta d’un mouvement de main. Comme nous le pensions Alice et moi, elle a pour objectif de monter sa propre armée de vampires pour nous dépasser numériquement. Et elle a déjà commencé, en se fournissant sur le campus même.

Ce n’était donc pas d’une seule tueuse dont j’allais devoir me méfier, mais de toute une bande de nouveau-nés lancés à ma poursuite ?! Toutefois, si Victoria était sur le campus elle allait donc s’approvisionner directement sur des…

_ Non ce n’était pas possible ! Dis-je à haute voix.

            Face à mon constat je plaquai mes mains sur mes lèvres pour étouffer le cri qui aurait alarmé les clients accoudés au bar. Edward baissa sa tête en signe de résignation.

_ Malheureusement, elle n’a pas l’intention de faire des détours pour rapatrier ses soldats… Et elle c’est déjà lancée dans l’élaboration de son plan.

_ Quoi ? Des étudiants ont déjà été mordus ? Lui demandai-je paniquée. Il ne me répondit pas mais me signe que oui.

_ Je suis désolé Bella, je ne suis pas arrivé à temps. Si seulement, j’étais parvenu à l’endroit une minute plus tôt j’aurai pu lui éviter la transformation. Mais maintenant, elle se trouve en sécurité. En voyant me fondre sur elle, Victoria a abandonné sa victime et je l’ai recueilli.

Edward fut pris de violents tremblements, il devait certainement culpabiliser de ne pas avoir pu empêcher la transformation d’avoir eut lieu, alors que la seule fautive était Victoria. Après tout il ne pouvait pas se trouver à tous les endroits à la fois. Je tentai de le rassurer, en lui disant qu’il faisait déjà son maximum en veillant sur mes amies et moi, et qu’il ne pouvait pas avoir l’œil sur les milliers d’étudiants qui sillonnaient le campus en plus. Même si je restai affligée qu’elle puisse s’en prendre à des personnes innocentes dans le seul but d’accomplir sa vengeance.

_ Tu ne comprends pas Bella ! Il s’agit d’Orline ! Il tapa son poing sur la table renversant nos verres.

Aucun son ne retentit, mes muscles étaient paralysés et mes yeux exorbités. Ce n’était pas possible, mon amie ne pouvait pas être morte, non ce n’était pas vrai, Edward avait du confondre.

_ J’ai essayé d’aspirer le venin, mais sa transformation était trop avancée, le venin avait déjà atteint son cœur. Si je continuais à lui aspirer du sang, je l’aurai tué plus qu’autre chose. Alors, je l’ai pris avec moi et conduis en lieu sûr.

_ Non… N… Tu te trompes. Ce n’est pas Orline, tu ne la connais pas ! Des larmes coulèrent sur mes joues et mes lèvres tremblèrent tellement que mes paroles étaient incompréhensibles.

_ Elle a repris connaissance il y a quelques heures et nous a révélé son identité. Malheureusement, il n’y aucun doute à avoir. Je camouflai mon visage dans le creux de mes bras et donna libre cours à mes sanglots. La serveuse vint ramasser discrètement nos boissons, mais au vue de la situation elle ne s’attarda pas.

Une fois que les sanglots s’arrêtèrent et que je pus formuler une phrase sans bégayer, je lui fis savoir mon envie de la voir tout de suite. Edward refusa catégoriquement, elle était un tout jeune vampire contrôlée par sa seule soif, et désormais je représentais trop une source de tentation pour elle. La situation aurait été trop difficile à contrôler, d’autant plus que Jasper et Emmet ne l’appréciaient guère et se seraient réjouis de la tuer au moindre faux pas. Je me révoltais à l’idée qu’ils puissent toucher à un seul de ses cheveux, mais Edward me rassura qu’il veillait sur elle constamment, seul Alice et lui avaient l’autorisation de l’approcher.

_ Pour un nouveau-né, les premiers mois sont ceux où il est le plus guidé par la soif, et où il est aussi le plus fort. Je le regardais avec des yeux ronds, je ne percevais pas tout ce qu’il me disait. Pour le moment, son sang coule encore dans ses veines, du sang humain ce qui lui donne une force prodigieuse, encore plus impressionnante qu’Emmet. Toutefois, la seule chose qu’elle désire en ce moment, reste de l’hémoglobine. Je tente de la plier à notre régime alimentaire mais c’est une vraie souffrance pour elle d’ingurgiter du sang froid.

_ Du sang froid ?

_ Je lui ai rapporté des petites proies, comme elle ne sort pas de la chambre, mais le temps de les lui ramener, la température du sang avait chuté et cela ne permet pas de satisfaire son besoin.

_ Pourquoi ne la laisses-tu pas chasser avec toi ? Dis-je sur un ton qui révélait de l’évidence.

_ Parce qu’elle commettrait un vrai carnage ! Le temps de l’emmener dans les forêts canadiennes plus au nord, elle aurait décimé plus d’humains que de caribous !

Je ne pouvais pas comprendre le triste constat que me faisait Edward. Comment est-il possible qu’elle soit incapable de se contrôler alors que la famille Cullen y parvenait, avec certes plus de difficultés pour certains. Mais, ils pouvaient tout de même côtoyer des humains, à condition qu’ils ne s’entaillent pas le doigt. Edward me laissa quelques instants dans mes pensées, puis il reprit ses explications.

_ Opter pour un régime alimentaire comme le notre, demande énormément de volonté et une force hors du commun pouvant surpasser l’envie du sang humain. Une néophyte comme Orline, n’a pas encore d’expérience pour contrôler sa soif et encore moins l’envie de le faire. Alors pour le moment, elle reste cloitrée dans ma chambre. 

_ Pourtant, tu viens de dire que le sang animal ne lui convenait pas. Comment se nourrit-elle dans ce cas-là ?

Edward remonta légèrement sa manche sur sa peau translucide, puis j’aperçus une marque sur son poignet, un dégradé de couleurs passant du violet au rouge marbrait l’endroit où l’on avait laissé plusieurs traces de dents…

***

Retour sur les gradins du stade…

_ Un loup… comme un loup-garou ?

L’expression de son visage ne me permit pas de me tranquilliser quant à son état mental. En effet, elle avait penché sa tête légèrement sur le côté, ses sourcils en accent circonflexe et ses lèvres qui ne s’étaient pas arrêté de tressauter.

_ En quelque sorte, seulement les effets de la lune n’ont aucun impact sur moi. Je peux contrôler ma mutation. Il ne s’agit que d’une auto-défense face à des ennemis potentiels.

_ Des ennemis potentiels qui seraient des sorcières ou des vilains elfes ? Apparemment elle ne me prenait pas au sérieux. Préférait-elle l’hypothèse de l’inhalation de produits illégaux ?

Agacé je lui pris la main et la tira pour la conduire dans un lieu plus intime et discret. Mon seuil de tolérance avait des limites, et je changeais de tactique. Finalement, la théorie du sparadrap que l’on décolle d’un coup sec allait sans doute porter ses fruits.

_ Jake tu m’emmènes où ? Et lâche-moi tu me fais mal ! je lançai un regard circulaire pour voir si nous étions observés, et constatant l’absence de monde autour de nous, je me jetai sur Lily passant un bras sous ses genoux et un autre sous sa nuque et la fit basculer pour qu’elle se retrouve emprisonnée dans mes bras. Surprise, elle n’avait pas vu ma parade la cueillir alors qu’elle continuait à me parler.

_ Il semblerait que tu ne puisses croire que ce que tu vois, alors je vais te donner une preuve de ce que j’avance !

Je courus le plus vite que je pus et poussai violemment la porte des vestiaires qui rebondit sur le mur avant de se revenir sur moi. Lily n’avait pas prononcé une parole depuis le début, gardant ses pupilles fermement close. Maintenant, elle allait assister au bouquet final. Je l’installai sur le banc et me recula au fond de la pièce, retirant mon pull et mon jean.

_ Je ne suis pas un menteur Lily, d’ailleurs je n’en serais pas capable envers toi, car tout comme mon apparence, notre relation est unique. Sur ces paroles je me concentrai pour lui révéler mon autre apparence. Alors que je sentis les premiers tremblements qui parcouraient mon échine, je vis le regard de Lily se modifier en un instant : elle m’observait de ses pupilles grandes ouvertes la bouche à moitié entrouverte.

***

Dans la chaleur d’un café…

Je restai figée sur les fines traces de crocs qui s’étalaient sur tout l’avant-bras d’Edward. Je pouvais apercevoir les marques les plus récentes des plus anciennes, car elles cicatrisaient avec difficulté, certaines étaient encore rouge vif.

_ Elle… elle se nourrit de toi ? Dis-je en bégayant. Mais… Ta peau… Enfin je croyais que tu étais… Invincible.

_ Nos dents peuvent transpercer n’importe quoi, y compris nous… Parfois, certains d’entre nous ont besoin de notre sang pour survivre. De plus, j’ai pensé que de lui faire boire du sang animal par mon intermédiaire pourrait lui être plus facile, mais je crois qu’elle se créé une dépendance vis-à-vis de moi et le sevrage se révèle pénible pour elle.

_ Mais pourtant ton sang est froid ! Mon ton était un peu agacé, je n’adhérais pas à l’idée que quelqu’un fragilise Edward.

_ Oui il est froid, mais il lui apporte pleins d’autres éléments importants. Et j’espère un peu naïvement peut-être, qu’elle s’habituera à notre type d’alimentation.

Orline était devenue un vampire, et Edward s’occupait d’elle…En quelque sorte, c’était comme si elle avait pris mon rêve, ma place auprès de lui. A la seconde où je ressenti de la jalousie pour mon amie, je m’en voulus. Sa transformation n’avait pas dû être une partie de plaisir, et son aversion pour le sang animal devait la faire souffrir. Mais surtout, elle n’avait pas choisi sa destinée, pas comme moi. Néanmoins, je ne pu refouler ce sentiment que j’éprouvais à son encontre. Orline passait son temps avec Edward et Alice, à s’abreuver de son sang tandis qu’il se fragilisait de jour en jour.

Au fond de mes pensées, j’entendis une sonnerie de téléphone retentir, Edward décrocha vivement, émit quelques oui, puis raccrocha.

_ Je suis désolé, je dois partir.

_ Hum… un contretemps ?

_ Si on veut, je te raccompagne à la résidence.

Hors de question que je finisse ma journée enterrée dans ma chambre. Je préférais encore passer mon temps à la bibliothèque, plutôt qu’à cogiter toute l’après-midi sur ce qu’il venait de me révéler.

_ Non merci, je vais aller à la bibliothèque. Je me levai et m’aperçus que je n’avais ni sac, ni bloc note sur quoi écrire. Edward le remarqua aussi.

_ Es-tu vraiment sûre, qu’un détour par ta chambre ne te soit pas indispensable ? Il me sourit et lâcha un petit rire.

Il régla la note puis me tient la porte et m’emboîta le pas. Durant tout le trajet du retour, je ne pipai pas un seul mot, je ne savais pas quoi rajouter. Et puis, nos rapports étaient devenus si disloqués qu’une discussion banale aurait été déplacée. Nous nous étions éloignés l’un de l’autre, et malgré notre rapprochement, je n’arrivais pas à oublier ce qu’il m’avait fait. Devant la résidence, il m’attendit patiemment le temps de récupérer mes affaires, puis il insista pour m’escorter jusqu’à la bibliothèque. Notre trajet ensemble touchait à sa fin, et nous n’avions pas ouvert la bouche l’un comme l’autre. Devant les marches du vieux bâtiment, il fit un pas vers moi et tentant de décrypter l’expression de mon visage.

_ Encore désolé pour Orline, si seule… Je le coupai d’un signe de la main, je ne voulais plus entendre parler d’elle pour l’instant, ma jalousie emportant tous sentiments de tristesse, j’étais détestable.

_ Je vais demander à Alice de venir te rejoindre, si sa compagnie te convient bien sûr. Je hochai la tête vaincue.

Il approcha sa main vers mon visage et passa un doigt sur mes sourcils pour les lisser et ôter les rides de contrariété qui s’étaient installées sur mon front. Le contact de son pouce froid sur mon visage me fit frémir, mais son odeur réussit à envoyer mes ressentiments hors de moi.

_ Ne t’inquiète pas, je vais veiller sur elle. Je ne pourrais pas supporter l’idée qu’elle commette le moindre crime, car je suis persuadé qu’elle s’en voudra plus tard. Je ne ferai pas d’Orline une criminelle rassure-toi.

Orline était une humaine époustouflante, tant par sa beauté que par sa façon d’être, je ne doutais pas que son nouvel état devait la rendre encore plus admirable et épatante. J’assistai impuissante aux premiers émois d’une relation hors du commun de deux êtres semblables : beaux et immortels. Alors que mon corps réclamait à force de cris le sien et que mon cœur voulait retrouver la sérénité de ses bras.

***

Frayeurs dans les vestiaires…

_ Lily… Lily… Lily… Je lui donnai quelques claques sèches pour la réveiller, mais rien n’y fit, alors je la pris dans mes bras, poussai la porte de la cabine de mon pied et la posai à terre. Une fois relevé j’actionnai la pomme de douche et l’arrosai d’eau froide. Elle s’éveilla dans un sursaut qui la mit sur ses pieds en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Elle s’essuya les yeux et entrepris de s’essorer au mieux qu’elle pouvait. Puis, tout d’un coup, ses yeux se posèrent sur moi, elle resta sans voix mais ils me renseignèrent sur son étonnement.

Lily avait subit une réelle épreuve, j’avais muté devant elle pour qu’elle comprenne mon terrible secret, mais la seconde suivante, ses jambes ne supportant plus son poids, elle s’était écroulée de tout son long, la plongeant dans un semi sommeil salvateur. Son cerveau avait coupé toute alimentation afin de se préserver fasse à ce qu’elle voyait.

_ Tout va bien ? Navré de te l’avoir révélé de cette façon. Veux-tu que l’on en parle ? Je m’approchai doucement d’elle, il ne fallait pas la brusquer et encore moins l’effrayer. Une autre perte de connaissance aurait pu être problématique, surtout quand il s’agissait de la deuxième en moins de 24 heures. A ma question, elle hocha légèrement la tête et je m’enquis de savoir ce qu’elle désirait apprendre davantage sur moi.

_ Pourquoi ? Fut le seul mot qu’elle parvint à articuler.

_ Parce que ce phénomène est héréditaire et que nous avons un peuple à défendre face à des ennemis redoutables.

_ Les vampires !

_ Oui, les vampires… Que pouvais-je ajouter d’autre ? Je lui avais raconté toutes nos légendes sur mon peuple et maintenant elle comprenait que ses mythes étaient réalité, un vrai choc pour elle.

_ Hier soir, de qui s’agissait-il ?

_ Edward Cullen : ancien petit ami de Bella et vampire.

Devant sa mine impassible, je me mis à tout lui raconter : du pacte de non agression que mon peuple avait passé avec le clan des Cullen, ainsi qu’une partie de l’histoire de Bella en y incluant James et… Victoria. Je la rassurais tout de suite, lui jurant qu’il ne pourrait rien lui arriver car je veillerai continuellement sur elle. Puis, j’attaquai sur deux autres problèmes ; l’imprégnation et mon espérance de vie.

_ Donc pour résumer ce que tu viens de me dire, nous sommes unis à jamais, je hochais la tête fier de moi, mais je vais vieillir et mourir avant que ta première ride apparaisse. Mon sourire se tordit en grimace car ce qu’elle venait de me dire était vrai. Effectivement, tant que je muterai, mon système ralentira. Mes gènes de loups m’empêchant de vieillir mais je finirai tout de même par mourir, un jour bien après la mort de Lily…

_ Tant que je pourrais muter, mon système sera au ralenti c’est exact. J’étais peiné d’envisager notre futur de cette façon, et de me dire qu’un jour je devrais vivre sans elle. Rien qu’à cette évocation, je savais pertinemment que cela allait être impossible.

_ A moins que tu ne mutes plus… Je partis dans un éclat de rire, mais me stoppa rapidement devant le visage peu coopératif de Lily.

_ Oui, mais tant qu’il y aura des vampires, je ne pourrai pas m’en empêcher.

_ Tant qu’il y en aura… répéta-t-elle.

Lily était encore très fragile et très perturbée par ce qu’elle venait d’apprendre. Tout son monde et sa perception de ce dernier venait de voler en éclat, un peu comme quand vous vous rendez compte que le père noël n’existe pas, que la petite sourie n’est qu’une supercherie et que les fées ne font parties que des contes, en plus stupéfiant bien évidemment. Néanmoins, j’eus le droit à une tendre étreinte, mais aucun sourire ne réapparut sur son visage. Elle ne m’adressa pas un mot non plus, je la laissais dans ses pensées pour digérer le flot d’informations qu’elle avait reçu.

 

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Clo# 21/10/2009 15:19


Excellent chapitre ^^ j'ai hâte de savoir comment l'histoire va évoluer puisque Bella semble croire que Bella et Edward ... Héhéhé !
Je reviendrais lire un peu plus tard ;)


Néo 22/10/2009 08:45


^^ ne t'en fais pas l'histoire évolue dans un sens plus poussé par rapport à la série


la Bella du Quebec 02/10/2009 17:30


oh la la y a de l'action dans ce chapitre, les explication pour lily qui n'a pas l'air a bien saisir et ses perte de conscience, Orline qui est mordu par Victoria et Edward qui la nouri en plus
Bella croit que Orline et Edw sont amoureux ouffffff trop fort
je suis toute renverser vraiment tres bon

ok la suite 11 ouffff


Néo 02/10/2009 18:13


=) j'essaye de rythmer mes chapitres pour éviter de vous endormir !! Comment trouves-tu Orline et Lily?


mayline 12/04/2009 14:30

Pas de suite!!!! C'est horrible de nous faire languir!!!!!

léna 11/04/2009 23:30

excellent j'attends la suite avec impatience.

Boulette 09/04/2009 11:56

Aaaah ! Vraiment génial !
A la fin quand Lily dit :"Tant qu'il y en aura ..." On dirais qu'elle va aller tous les tuer pour qu'il n'y en ai plus x)
Enfin en tout cas j'attends de le 11 avec IMPATIENCE !
Good Job (:

Néo 09/04/2009 16:50


thanks = )