chapitre 9

Publié le par Néo

Confidences

La nuit tombe sur le campus…

_ Et une soirée de plus en tête-à-tête avec moi-même ! Lançai-je pour moi seule ou pour les murs de ma chambre.

J’avais tout essayé pour me distraire, en vain. Orline était portée disparue ce qui arrivait fréquemment quand elle tombait amoureuse, tandis que Lily était injoignable, elle devait sûrement se trouver avec Jake puisqu’il ne répondait pas non plus à mes appels lancés à travers la fenêtre. En attendant, je me retrouvais barricadée entre mes quatre murs, pendant que mes amis s’amusaient comme des étudiants normaux, dont la vie n’a pas été bouleversé par des phénomènes étrangers, quoique la situation de Lily n’était pas si différente de la mienne, hormis qu’ils s’aimaient pour l’éternité, eux. Même Edward semblait avoir trouvé de la compagnie, une de ses semblables apparemment. Il fallait que je me ressaisie avant de devenir pour de bon une personne envieuse et pathétique de surcroît. Bref, une image qui me répugnait !

Allongée sur mon lit, un livre ouvert, je n’arrivais pas à me détacher des images de ce matin devant la chambre d’Edward. Qui pouvait être la personne qui occupait ses pensées désormais ? Les grognements que j’avais perçus à travers la cloison ne pouvaient provenir que d’un vampire, peut-être s’agissait-il d’un des siens ? Je tentais bêtement de me rassurer comme je le pouvais, car pourquoi Edward serait devenu si inquiet et paniqué rien qu’aux plaintes d’un de ses frères ou sœurs ? Non, vraiment la seule explication logique était qu’une femme se trouvait dans sa chambre, à lui… J’envoyai valser mon livre, n’arrivant pas à comprendre le sens des phrases que je lisais sans les voir, puis me redressai pour reprendre mes esprits. Je m’approchai de la fenêtre et relevai le store pour regarder l’horizon. En réalité, je tentai de l’apercevoir dans l’ombre des arbres situés au bas de la bâtisse. Car si Jake fricotait avec Lily, il devait certainement se trouvait à son poste de garde pour surveiller l’entrée et l’arrière de ma résidence. Je plissai les yeux pour essayer de différencier les moindres mouvements, puis tout d’un coup une masse s’approcha et sortie du couvert des arbres. La lune vint éclairer ses traits petit à petit et je pus aisément reconnaître la carrure de mon ami et de son paquetage imposant qu’il portait à bout de bras…

***

Quelques instants plus tôt… le soleil se couche sur deux personnes enlacées dans un parc désert…

J’avais ramené les provisions et Lily s’était chargée d’apporter les couvertures. A défaut d’un tête-à-tête dans un restaurant, elle avait préféré un endroit plus intime, d’autant que l’heure était aux révélations, les miennes plus précisément, ce qui me mettait mal à l’aise. J’allais devoir lui dévoiler mon étrange secret et sa réaction m’angoissait.

Lily était emmitouflée dans un duvet entre mes jambes, la tête posée sur mon torse, nous contemplions le coucher de soleil en silence. Seuls les doigts de Lily remuaient le long de mes bras. J’étais absorbé par mes pensées, récitant mentalement plusieurs discours pour lui expliquer ce dont j’étais capable.

_ Décris-moi une semaine à Forks. Demanda-t-elle, rompant le silence et la magie du moment.

_ Et bien, comme la plupart des jeunes, je passe mes semaines au lycée de la réserve, rien de palpitant ! Elle ne me laissa pas le temps d’achever mon énumération.

_ Quoi ? Au lycée ? Mais quel âge as-tu ? Elle s’était retournée vers moi, avec une expression ahurie peinte sur le visage.

_ Euh, 18 ans il me semble… Il réfléchit un long moment. Non, je suis bête j’ai fêté mes 17 en janvier, je me perds dans le décompte ! Lui répondis-je en lui souriant de toutes mes dents.

_ 17 ans ? Je t’en aurai donné 22, voire même 25 ans ! Ses yeux ne quittèrent pas mon visage, le scrutant dans les moindres détails pour discerner le vrai du faux.

_ Oh tout le monde me le dit ! C’est parce que je suis grand c’est tout. Je posai une main sur sa joue pour la rassurer et surtout pour effacer les rides qui lui zébraient le front.

_ 17 ans… et moi je vais fêter mes 20 en février. Je suis plus vieille que toi, mince ! Comment ai-je pus être attiré par un ado pré-pubère ? me dit-elle avec sarcasme.

_ Ado pré-pubère ? Merci du compliment ! Nous n’avons à peine deux et demie de différence et vue mon niveau de maturité, les gens me donnent facilement 25 ans, alors s’il y a un ado parmi nous, il ne s’agit pas de moi, fillette ! Lui répondis-je sur le même ton.

Ses yeux s’ouvrirent en grand, elle poussa ses lèvres dans une moue qui me fit rire à gorge déployée, le regard sévère qu’elle voulut m’infliger me fit glousser de nouveau. Je ne résistai pas à très longtemps à l’envie et vint déposer un baiser sur ses lèvres pulpeuses. Elle m’assena d’une tape sur la joue que je n’aurai pas deviné si je ne l’avais vu. Je lui saisi le poignet et l’embrassa délicatement à son tour, suivant le tracé de ses veines tout en remontant sa manche qui resta bloqué au niveau du coude.

_ Je connais un pull qui se sent de trop… lui dis-je alors que je partais à l’assaut de son cou.

_ Jake, ne crois pas pouvoir te défiler si facilement, je n’en ai pas fini avec mes questions ! Et pour qui me prends-tu ? Tu crois que je ne pourrai pas te résister ? Elle se recula pour me scruter de son expression moqueuse. Je baissai sa manche et réintégrai ma position initiale non sans lui lancer une grimace, ce qui la fit sourire.

_ Nous en étions où déjà ? Ah oui mon planning ! Quelle curiosité débordante !_ Au lieu de la vexer, mon cynisme la fit rire, et elle se réinstalla, son dos contre mon torse et mes bras l’entourant. Donc, je passe mes journées au lycée, et le reste du temps soit je dors, soit je pars en randonnée avec mes amis.

_ Tu fais de la randonnée, c’est génial ! Tu pourras me montrer de belles forêts alors ? me dit-elle gaiement, prête à aller crapahuter dans la minute suivante.

_ Mouais, plus ou moins… Si tu veux, un jour je t’emmènerai en balade à La Push et tu connaîtras la plus belle des forêts du continent.

_ Et une semaine avec Bella, ça donnait quoi ? Sa mine se renfrogna. Je savais qu’à peine la phrase prononçait, elle s’en voulait de me jouer la carte de la jalousie. Toutefois, pour la rassurer et lui montrer qu’il n’y a plus aucune ambiguïté je lui répondis franchement :

_ Avec Bella, nous faisions de la moto, je réparais ma voiture, et nous passions énormément de temps sur la plage. Tu sais notre relation a toujours été atypique, je voulais la protéger à tout prix et lui redonner le sourire. Le pire c’était qu’elle rêvait d’un autre qui ne pouvait pas lui apporter ce que moi je lui donnais avec toute la force de mon amour. J’étais persuadé que je l’aimais plus que tout. En réalité, je ne désirais qu’une chose : la voir revivre, la sortir de sa léthargie. Finalement, j’agissais toujours comme un ami, alors que notre relation était passée un cran au-dessus. Malheureusement, je lui avais fait une promesse : la rendre heureuse, et je voulais la tenir contre vents et marées. De plus, je suis quelqu’un de très têtu, alors quand elle comprit la nature de nos rapports, elle a tenté de rompre mais je l’en ai toujours empêché. Jusqu’au jour où elle partit… je ne serais comment la remercier, de nous avoir sauvé tous les deux. J’avais tout faux depuis le début, nous n’étions ni imprégnés et encore moins amoureux. J’ai sans doute été quelque peu jaloux, de ne pas parvenir à la rendre heureuse comme l’autre le faisait. Je tentai de me mesurer à un fantôme.

_ Imprégner, quel drôle de comparaison. Durant mon explication, Lily c’était de nouveau tourné vers moi, pour finir ses jambes croisées sur mes hanches et les yeux rivés dans les miens. J’avais attiré une belle prise avec mes révélations…

_ Ah oui, l’imprégnation, ressemble à un coup de foudre pour le simplifier. En fait, il est bien plus fort qu’un béguin. Prenant une voix qui se voulait sérieuse. C’est un phénomène… hors du commun, lui répondis-je honnêtement.

_ En tout cas, je trouve que c’est une jolie façon d’appeler le fait de tomber amoureux de quelqu’un.

_ Oui, mais tu sais ce phéno…

_ Donc Bella a fuit pour oublier un garçon ? Comment s’appelait-il ? Elle ne me laissa pas le temps de continuer mon discours. J’aurai aimé commencer en douceur avec l’imprégnation pour enchaîner sur mon secret, mais sa curiosité la dirigeait plus sur la vie sentimentale de Bella.

_ Oui, il s’appelait Edward, ils ont fréquenté le même bahut, mais… Quoi dire, même pour moi les raisons de leur rupture était un mystère ! Il est partit du jour au lendemain. Je pense qu’elle n’a rien senti, ni perçu les signes avant-coureurs.

_ Comment il est partit du jour au lendemain ? Tu ne sais pas ce qui lui reprochait ? Il l’a trompé ? Elle m’enchaîna toutes ses questions dans un même souffle.

_ De ne pas être vampire sûrement ! Pensai-je

_ Elle ne m’en a jamais réellement parlé, il est devenu un sujet tabou ! Du jour de son départ jusqu’à maintenant me semble-t-il, elle s’est juré de ne plus le nommer par son prénom et d’en parler le moins possible. Et apparemment, elle a tenu bon puisque tu n’as pas été mise au courant de son idylle avec cette sale san… Vermine, me rattrapai-je à temps !

_ Non, je me doutais bien que sa tristesse et sa léthargie n’étaient pas innées, mais elle ne m’en a jamais parlé, ni de toi, désolée. Lily baissa les yeux sur mes mains, l’air peinée.

_ Ah ah ah ! Ne sois pas désolée, je ne suis pas étonné. Bella n’aime pas évoquer les choses fâcheuses et apprécie peu la compassion des gens. Elle tolérait à peine la mienne… La tranquillisai-je. De plus, le sujet est encore très sensible pour elle. La seule fois, où elle a essayait de mettre des mots sur son chagrin, elle a été prise d’une violente crise d’angoisse. D’ailleurs chaque lien avec son ancienne histoire la pliait en deux, et elle était prise de secousses. Et je pense que ces accès de transe sont toujours d’actualité, malgré son éloignement.

_ Je n’ai rien deviné, ni compris l’étendue des dégâts. Quelle piètre amie je fais ! Elle posa sa tête sur mon épaule dans un souffle.

_ Peut-être n’as-tu pas su percevoir le chagrin au fond d’elle, néanmoins tu lui as redonné le goût de vivre, avec toi elle rit de nouveau. Tu as réussi là où j’ai échoué, alors ne te blâmes pas sévèrement. J’appuyais mon menton sur le haut de sa tête, et lui caressai doucement le dos.

Nous restâmes un long moment sans parler, je contemplais le ciel, ses couleurs partant du rose pâle au noir d’encre. Le crépuscule était tombé, chassant les dernières lueurs du soleil. Une journée de plus achevée, et le retour de la nuit et de ses ténèbres. Comment Bella gère-t-elle ces moments ?

_ Jake, je penchais la tête vers Lily. Toi aussi tu m’abandonneras un jour, sans aucune raison apparente ?

_ Impossible, nos deux existences sont désormais imbriquées ensemble. Nous ne pourrons désormais plus sentir, voir, entendre, respirer, vivre, l’un sans l’autre ! A tout jamais unit jusqu’au crépuscule de nos vies.

_ Comment peux-tu en être si sûr ? C’en est presque déconcertant ! L’inquiétude demeurait tout de même malgré mes tentatives.

_ Parce que je suis imprégné et que je n’aime et n’aimerai que toi. Pour appuyer mon plaidoyer je lui saisis le menton et l’embrassai.

Nos lèvres s’effleurèrent doucement, le bout de ma langue dessinant les contours de sa bouche. Elle m’agrippa les cheveux pour me plaquer violemment sur elle. Je passai doucement mes jambes sous moi, pour prendre appui et me pencher vers elle. Je la retins avant qu’elle ne vienne percuter le sol, puis je m’étendis sur elle, sans que nos bouches ne se quittent un seul instant. Mes mains déambulèrent le long de son corps, redescendant sur ses hanches, pour remonter sur son ventre et repartir sur ses jambes.

Nos cœurs battaient à l’unisson, je pouvais entendre le sien et le sentir sous mes doigts. Tandis que je fourrageai dans son cou, la recouvrant de mille baisers, elle passa une jambe autour de mes reins et entrepris de soulever mon pull par-dessus ma tête. Elle passa une couverture sur moi, recouvrant mon torse et nos têtes par la même occasion, soit elle avait peur que j’attrape froid, soit elle désirait se dissimuler des regards curieux, bien que l’endroit était désert, ou peut-être un peu des deux. Je l’embrassai doucement, alors que mes mains se saisissaient de son pull. Une fois l’obstacle ôtait, je me collai à elle, le contact de ma peau lui suffit à stopper ses tremblements. Sa peau était douce et satinée, son parfum m’enivra et me fis perdre le fil du temps. Tandis que je partais à la découverte de son corps, elle se redressa légèrement sur ses coudes et déboutonna mon jean, je l’arrêtai en attrapant sa main.

_ Maintenant ? Ici ? Est-ce vraiment ce que tu souhaites ? Lui demandai-je étonné par tant d’initiatives.

_ Oui maintenant, ici. Car le principal c’est que se soit toi ! Me susurra-t-elle à l’oreille, retirant les obstacles vestimentaires, les miens comme les siens.

Toujours étendu sur elle, je la couvrais de baisers, alors qu’elle pétrissait mes bras, m’enfonçant ses ongles dans mes omoplates. Nous progressâmes en douceur, avant de nous laisser submerger par les vagues successifs du plaisir. Son souffle se fit plus rapide, tandis que le mien était saturé. Pourtant, je restai vigilant, je ne savais pas ce qu’elle pouvait risquer… la pression me ferait-elle muter ? Je n’étais ni énervé, ni en colère, pourtant le plaisir me faisait trembler. Soudain, les jambes de Lily resserraient leur étreinte sur mes reins et je perçus comme des convulsions, elle aussi frémissait, ce devait être normal alors.

Du coup, je m’abandonnai également dans cette sensation de bien être et de plénitude extrême. Laissant la houle m’emportait, m’inonder et me noyer dans la jouissance. Nos deux corps s’emmêlaient, nos cœurs s’enchaînaient à jamais, et nos deux peaux s’absorbaient entièrement. Je relevais doucement la tête pour la contempler, de fines larmes coulaient de ses joues, mais son sourire trahissait le délice et le ravissement. Alors, elle ouvrit les yeux et je restai submergé par la transparence de ses iris, à ce moment une onde de chaleur me parcouru l’échine, et le plaisir m’assaillit de part en part.

Nous demeurâmes un long instant immobile, sa tête dans le creux de mon épaule, et mes bras enroulés autour de ses épaules avec mon visage enfouit dans le désordre de ses cheveux. Sa peau était moite à cause de la transpiration que la chaleur de mon corps lui renvoyait. De fines gouttelettes perlaient le long de sa poitrine, faisant apparaître un duvet délicat. J’écartai quelques mèches de ses cheveux collés à son front et l’embrassa longuement.

Je venais de vivre une première expérience magique et sensuelle, sans précédant comparable. J’aurai pu faire durer ce plaisir une éternité, si nous n’avions pas été dérangé par une saleté de chauve-souris. Dès que mon odorat perçut les marques de son avancée, je me relevais d’un bond et intimait l’ordre à Lily de ne pas bouger. Je passai rapidement mon caleçon et me planta devant Lily afin de la protéger de la bête qui marchait droit sur nous.

_ Espèce de sale clébard, tu me répugnes ! Comment oses-tu ? Dorénavant, plus rien ni personne ne va m’empêcher de te réduire en bouillie, ou plutôt en pâtée pour tes semblables ! Edward me fixai sévèrement, d’un regard que je n’avais encore jamais vu. Ses dents étaient tellement serrées que je pouvais les entendre grincer.

_ Quoi ? Tu es toujours vexé à cause de ces images douloureuses ? Mais si cela ne te dérange pas, je te demanderai de repasser un plus tard. Comme tu peux le voir, je ne suis pas tout seul… ironisai-je, ce qui sembla lui déplaire puisqu’il me sauta dessus. Un cri perçant retentit dans la nuit, celui de Lily…

Son saut fut fulgurant ! Je sentis son épaule percuter mon abdomen et la force de son coup me fit reculer de plusieurs mètres. Ma réception fut pitoyable, je roulai plusieurs fois sur moi-même et atterris violemment contre un arbre, tête à l’envers, qui eut au moins l’avantage de me stopper. Prenant appui sur le tronc, je me relevai rapidement, et mes yeux cherchèrent Lily. Elle était à quelques mètres de moi enroulée dans un duvet jusqu’au cou. Malgré la distance, je voyais ses tremblements et l’effroi dans son regard.

_ Tu es un monstre mort Cullen !

_ Ah… Ah… Ah… Tu es un monstre autant que moi Black ! Un parasite tout aussi dangereux ! D’ailleurs, as-tu mis cette demoiselle au courant des risques qu’elle encourait en ta compagnie si rapprochée ? A ta tête il me semble que non. Donnons-lui un bref aperçu de qui tu es vraiment, lycans.

Il se rapprocha doucement de Lily, ses lèvres retroussées sur ses canines acérées. Je savais pertinemment ce qu’il cherchait à faire : m’énerver pour que ma mutation l’emporte sur mon apparence humaine. Il ne pourrait pas s’en prendre à elle : innocente victime et amie de Bella.

Néanmoins, plus j’attendais et plus il se rapprochait d’elle. Il fallait que j’agisse, mais si je bondissais vers lui, mon corps se transformerait sous l’impulsion. Parvenu à un mètre d’elle, il s’accroupit et lui dit :

_ Sais-tu au moins quel genre de garçon fréquentes-tu ? Lily effrayée ne répondit pas mais ses pupilles restèrent braquées sur celles du vampire. N’as-tu pas honte de lui faire ça ! Espèce de traite !

Je ne lui laissais pas le temps de finir, je m’élançai vers lui dans un bond qui me fit exploser littéralement, et l’attrapai en plein vol. Nous roulâmes l’un sur l’autre, jusqu’à temps que je prenne le dessus. Je lui plantai mes griffes dans sa poitrine et le sang teinta sa chemise de petites tâches vermeilles. Sous la douleur, il me propulsa en arrière et m’assena un coup de poing en pleine mâchoire. Réussissant à me défaire de son emprise, je jetai un œil sur Lily qui était étalée à terre. Que lui est-il arrivé ? Hors de moi je donnai un coup de pate à Edward, lui zébrant toute la joue de quatre traits sanglant : l’œuvre de mes griffes… Alors que ses plaies suintaient, il tomba à genoux, en proie à de vigoureux tremblements, il se vidait de son sang, surprenant… Une fois l’ennemi à terre, je parvins à calmer ma nervosité et repris mon apparence normale. Puis, je courus jusqu’à Lily et passai un jean.

Lily avait perdu connaissance, je palpai son cou, ses poignets, ses épaules dénudées à la recherche d’une marque ou trace de sang. Quand je fus persuadé qu’il ne l’avait pas mordu, je la couvris et me dirigeai vers Edward.

_ Que lui as-tu fais ?

_ Arf… rien, elle s’est évanouie ! Les humains ne réagissent pas forcément bien devant une mutation ! Il souffrait le martyre, mais j’en savourais chaque souffle. Il continua :

_ Comment as-tu pu la bafouer, avec sa meilleure amie en plus ! Tu es un être vil et abject ! Me dit-il entre deux aspirations.

_ La bafouer ? De quoi parles-tu ? Tu es en train de dérailler, la mort ne te réussis pas, tu perds la… Je ne pus finir ma phrase, il s’était élancé sur moi m’agrippant par l’épaule pour m’attirer à lui.

_ Tu es imprégner de Lily, je l’ai vu dans ton esprit et pourtant tu es toujours avec Bella ! Je le repoussai vivement, étonné. Dans mon élan, il retomba au sol n’ayant plus aucun soutien. J’avais entretenu un mal entendu que je n’avais pas cherché à démentir, et voilà qu’aujourd’hui je me prenais en pleine face les conséquences de mes actes.

_ Il y a méprise, Bella m’a quitté depuis le mois de juillet.

_ Pardon ?

_ Oui je sais, la dernière fois je n’ai pas été très ingénieux ! Je voulais seulement te faire souffrir autant que ce tu as pu lui faire endurer. Simple vengeance. Tu ne mérites pas un tel attachement de sa part !

_ Simple vengeance ? Mais tu n’es qu’un idiot ! En vous voyant tous les deux, je n’ai qu’une envie vous tuer, surtout toi ! Comment aurais-tu réagis si par inadvertance, il était arrivé quelque chose à Lily ? Il posa un poing par terre, sur lequel il s’appuya pour se relever, tout en se tenant la poitrine de son autre bras.

Le haut de sa chemise n’était plus qu’une énorme tâche rougeoyante, tandis que le sang continuait de perlait de son visage. Ma griffure était considérable, je pris le temps de l’examiner, les premières traces partaient de sa tempe, pour s’enfoncer plus profondément sur sa joue et disparaître dans son cou. Pourtant, je restai étonné qu’il puisse se vider de son sang et de perdre si vite toute vitalité et toute force. Avec les récits de nos légendes, et du peu que Bella m’avait appris, j’étais resté persuadé de l’invulnérabilité des vampires… Sortant de mon observation, mes yeux se posèrent sur le duvet gisant à terre : Lily.

_ Je vais la ramener à la résidence avant qu’elle n’attrape froid.

Je tournai les talons et pris Lily dans mes bras, je pris soin de bien l’enrouler dans les couvertures pour que le vent froid ne s’engouffre à l’intérieur.

_ Jake ?

_ Chut… Rendors-toi tout va bien, je te ramène à ta chambre.

Je voulus me retourner pour essayer de dire quelque chose à Edward, mais il avait déjà disparu. Aussi me dépêchai-je de regagner la résidence, car il y avait de très fortes chances pour qu’il soit parti chasser afin de guérir ses blessures au plus vite grâce à l’énergie que lui provoquerait le sang… Du coup, Bella devait être toute seule, sans personne pour veiller sur elle, j’accélérai l’allure.

***

Une fille penchée par-dessus la balustrade de sa fenêtre…

_ Jake c’est bien toi ? Lançai-je à l’intention du visiteur et de son drôle de paquet.

_ Qui veux-tu que se soit d’autre, un sale buveur de sang peut-être ? Rien qu’à son vocabulaire, je savais que je ne m’étais pas trompée.

_ Où est Lily ? Qu’est-ce que tu transportes ?

_ Une petite chose, qui s’est évanouie à la première apparition de griffes et de poils, à moins que ce ne soit la vision des canines qui lui ait sapé le moral… plaisanta-t-il.

Le couvre feu n’étant pas encore atteint, je me permis de rejoindre Jake dehors pour qu’il m’explique plus clairement les évènements de ce soir. Je courrai dans les escaliers, ouvris brusquement la porte et vint me planter devant mon ami. Je reconnus la forme inerte que formaient les couvertures, le corps de Lily.

_ Mais Jake que lui est-il arrivé ? Il faut l’emmener tout de suite aux urgences ? Vous avez croisé Victoria ? Je m’affairais à palper mon amie et me rendis compte d’une chose singulière : elle était nue sous les couvertures. Jake où sont ses vêtements ? La torpeur agrandissant mes yeux.

_ Là ! me répondit-il en me montrant les affaires de Lily suspendues à son épaule, ses chaussures attachées par leurs lacets pendaient dans le vide. Ne t’inquiète pas, elle s’est juste évanouie en me voyant muter.

_ Oh… donne-la moi je vais la mettre dans son lit. Je passai un bras autour du cou de mon amie, mais Jake se recula.

_ Laisse-moi rire, comment comptes-tu t’y prendre poids plume ?

_ Il n’y a pas le choix, tu ne peux pas rentrer Hortensia te verra de suite ! Les garçons ne sont pas autorisés à ramener leur dulcinée dénudée dans leur lit pour les bercer ! Lily se fera renvoyer du pensionnat si on te voit. A la rigueur, je vais me cacher dans un bosquet pour la rhabiller.

_ Pure perte de temps ! Moi, je serai invincible !

J’interrompis tout mouvement et relevai doucement la tête. Cette voix qui venait de parler n’était pas celle de Jake, ni celle de Lily. Cette voix… Depuis combien de temps ne l’avais-je pas entendu claironner à mes oreilles. Cette voix mélodieuse et douce, qui aurait inspirait la gaieté à n’importe quel artiste. J’entrepris de me tourner pour savoir si ce que je venais d’entendre était pure hallucination ou réalité. Alors que je bifurquai la tête sur la gauche, une main vint se poser sur mon épaule droite et me fis sursauter.

_ Et bien, n’aie pas peur Bella. On croirait que tu viens de voir un fantôme ! Me dit-elle gaiement.

_ Alice ? Il s’agissait bien d’elle mais mon cerveau était bloqué.

_ Bon ne perdons pas notre temps, tu peux me la donner Jacob, j’irai aussi vite que la lumière, personne ne nous verra ! S’adressant à mon ami ; lui décochant son plus beau sourire.

_ N’y compte même pas ! Je ne confierai pas Lily à une saleté de buveuse de sang comme toi !

_ Alice ?

_ Ce que tu peux être têtu ! Ne joues pas les fortes têtes, et comporte-toi comme un adulte ! Je n’ai jamais tenté de tuer Bella, qui soit dit en passant, sent bien meilleur que Lily. Alors ne soit pas inquiet, si je dois craquer je tuerai Bella avant, ce qui te laisseras suffisamment de temps pour sauver Lily.

_ Alice ?

_ Je rigole Bella, que vas-tu t’imaginer ? Et puis arrête de répéter mon prénom, on dirait que tu essaye de persuader quelqu’un. Aide-moi à le convaincre lui, au lieu de jouer les étonnées !

_ Alice ? Mais que fais-tu là ? Lui demandai-je encore sous la surprise de ma découverte.

_ On peut remettre les questions à plus tard ? Votre couvre feu expire dans à peine deux minutes.

_ Euh… oui… Jake fais-moi confiance je reste avec Lily. Je te ferai signe dès qu’on sera arrivées dans la chambre, d’accord ? Suppliai-je Jacob.

_ Elle la dépose et redescend tout de suite, seule condition non négociable ! concéda-t-il. Nous hochâmes la tête en même temps, et Jake déposa le corps de Lily dans les bras d’Alice qui partit à la seconde même, lui emboîtant le pas, à une allure humaine, je refermai la porte sur un Jacob qui fulminait de rage.

A peine rentrée dans la chambre et Lily déposée sur son lit, je courus à la fenêtre faire signe à mon ami, puis j’entrepris de rhabiller cette petite dévergondée, mais chanceuse.

_ Bella ?

_ Lily ? Tu vas bien ? Décidemment je n’arrêtai pas avec mes questions…Je respirai un grand coup.

_ Je viens de faire un horrible cauchemar ! La pauvre si seulement elle savait que son cauchemar était réalité, toutefois ce n’était pas à moi de la renseigner sur le secret de Jake.

_ Rendors-toi tu es en sécurité, je suis là ! Quel piètre mensonge, elle n’était pas plus que moi en sécurité avec Victoria qui était dans les parages, et je n’étais guère un modèle d’auto-défense exemplaire. Elle se tourna sur le côté et se rendormit. Je mis mon manteau et ouvris doucement la fenêtre, je voulais rassurer Jake sur l’état de Lily, et surtout je voulais revoir Alice.

Alors que je passais une jambe par-dessus la balustrade je sentis des mains glacées m’enlacer la taille et me coller contre une pierre froide, un instant je rêvais qu’il s’agissait de lui, même si mon assaillant était clairement plus petit. Elle me déposa délicatement sur le sol, indemne.

_ Tu es devenue très téméraire Bella, moi qui t’ai connu maladroite et fragile, tu entreprends de faire le mur ! Elle ria aux éclats ce qui me donna le sourire.

_ Alice, je suis tellement heureuse de te revoir ! Si tu savais comme tu m’as manqué tout ce temps loin de moi ! Je l’enlaçai fortement, enfin aussi fort que je le pouvais.

_ Moi aussi Bella tu m’as manqué, même si je n’étais jamais très loin…

_ Elle brisa l’étreinte de mes bras pour m’examiner sous toutes les coutures. Comment as-tu fais pour rester en vie, malgré tout ce à quoi j’ai assisté !

_ À quoi as-tu assisté Alice ? Cette fois-ci c’est moi qui me reculai d’elle.

_ Et bien pour ne citer qu’une seule chose : la moto par exemple ! Charlie te tuerait s’il apprenait ce genre d’activité !

Alice me raconta qu’elle avait trahi la promesse de son frère et ce à plusieurs reprises, pour continuer à veiller sur moi et aussi parce qu’elle n’arrivait pas à se tenir loin très longtemps. Alors, j’appris qu’elle venait régulièrement prendre de mes nouvelles. De nombreuses fois, elle voulu me révéler sa présence, mais elle avait peur de me faire plus de mal que de bien. Du coup, les premières semaines, elle resta chaque nuit auprès de moi, impuissante mais présente. Ses révélations m’allaient droit au cœur, et certaines m’étonnèrent, notamment sa peur que je ne mette fin à ma vie. Je ne lui confessai pas l’exactitude de ses craintes toutefois.

Malheureusement, à partir du jour où Jacob muta, ses visites s’espacèrent. Car la meute la prenait pour Victoria, elle me conta qu’une fois elle faillit y passer pour de bon ! Face à autant de dangers, Jasper mit un terme définitif à ses longues absences et l’obligea à regagner l’Alaska. Ainsi, c’était donc elle que la meute pourchassait en pensant s’en prendre à Victoria. Mon amie aurait pût mourir par mégarde. Cette pensée m’ôta un cri des lèvres, que je ravalai immédiatement.

_ Alors ce n’était pas Victoria, mais toi qui m’espionner ! Si seulement j’avais su !

_ Nous savons de source sûre, qu’elle n’a jamais remis les pieds à Forks !

_ De source sûre… Tu te flattes maintenant Alice.

_ Ce n’est pas moi la source ! Depuis votre rupture, Edward la pris en chasse et c’est pourquoi il est ici aujourd’hui. Victoria la conduit jusqu’à toi.

Edward… Continuait toujours à me protéger. Son aveu me désarçonna quelque peu, mais en même temps me paru naturel : tant qu’elle serait en vie, il ne pourrait pas vivre tranquillement, toujours en proie aux soupçons et aux complots contre sa famille. Après tout, Victoria cherchait à se venger du meurtre de James commis par les Cullen, je n’étais que le piège dans toute cette histoire, un simple appât que l’on tue sans remord.

_ Bella… A quoi penses-tu ?

Je relevai la tête, que j’avais inconsciemment baissée ; Alice me fixait de ses pupilles scrutatrices. 

_ Au problème Victoria, quoi d’autre ?

_ Oh, mince ! Je dois te laisser nous ne sommes plus seules. Tu ne sens pas comme une odeur de chien mouillé ? Je ne compris pas l’allusion tout de suite, et me à renifler bêtement. Alors elle reprit :

_ Humf… Jacob est dans les parages. À cran comme il est, j’ai peur qu’il ne puisse se contrôler ! Ne l’énerve pas d’accord ?

_ Alice je t’en pris ne t’y met pas non plus ! Jake est très vindicatif de nature, mais il s’y fera !

_ Peut-être mais en attendant, ne le provoquons pas davantage. On se voit lundi en cours ?

_ En cours ? Dis-je hébétée.

_ Ah oui j’ai oublié de te dire : je me suis inscrite à tous tes cours, on a pensé que je ne pouvais pas mieux te surveiller qu’en étant à tes côtés !

_ On ? Qui d’autres des membres de ta famille se trouve sur le campus Alice ?

_ Tu serais étonnée, même Rosalie a fait le déplacement, mais ne te méprends pas je crois que c’était surtout pour revoir Edward. Seuls Carlisle et Esmée sont restés à New York.

_ Vous vous êtes tous inscrit à la faculté aussi ?

_ Non seulement moi, une condition d’Edward, qui a déjà fait un beau compromis tu ne trouves pas ?

_ Effectivement, cela dois lui coûter de m’avoir dans son champs de vision !

_ Plus que ne le crois pas Bella, plus que tu ne le crois…

Sur ces dernières paroles, elle s’éclipsa et Jacob pu enfin m’approcher. Je ne perdis pas de temps et le rassurai sur l’état de Lily, et le mit en garde sur ce qui lui dirait le lendemain.

 

Publié dans fiction

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Clo# 20/10/2009 21:06


Encore un excellent chapitre ^^
Je reviendrai demain pour lire la suite !


Néo 20/10/2009 21:44


merci à demain pour de nouveaux commentaires alors ; )


la Bella du Quebec 02/10/2009 03:53


ohhhh wow encore une fois ses super, belle acrochage de Jake et Edw mais jespere qu'il na rien de bien grave je veut revoir Bella et Edward ensemble de nouveau

bravo je saaute sur le chap 10 ses trop bon


Néo 02/10/2009 10:38


ah ah ah Edward va avoir quelques séquelles ^^ wow quel engouement =))


Berangere 10/05/2009 00:31

Merci pour la réponse .
Oui j'ai lu les explications d'édward à bella par la suite.


Vivement la suite ♥

Berrangere 09/05/2009 03:49

enfin quand je dis en metal non hein, mais comme du métal , froid comme du métal, dur comme du marbre ...Les coups et blessures font un bruit sonores ressemblant a celui d'un métal ...

Néo 09/05/2009 23:47


oui mais leurs dents peuvent tous transpercer et arracher des têtes des autres vampires = )

Mais il est vrai que j'ai rajouté ma touche personnelle =)


Berrangere 09/05/2009 03:47

Franchement j'adore ta fic !!!!
Je ne m'en détache plus , voila plus de deux heures, voir trois que je suis dessus ^^
Juste quelque chose qui me dépliat, me machine c'est que tu dis qu'aedward et les autres vampire présent apparament son fait de sang ... D'après la saga de SM, il ne saigne pas , il sont en metal , grince ...Aucune dents ou griffe ne peut le percer et les faire saigner ...
Avec ce que tu dis , on croirait à un simple humain .

Autrement le reste : parfait !!! Jadore !!!!