chapitre 8

Publié le par Néo

Rencontres imprévues

 

Détails sur le tête-à-tête nocturne de Lily & Jacob…

Assis sur les marches de l’escalier de sa résidence, je me remémorais notre soirée de la veille au soir, ou devrais-je dire de ce matin plutôt… Ce moment avec elle avait été des plus doux et excitant toute mon existence, tout qui m’entourais n’avait plus d’importance, une tornade aurait pu souffler tout le campus que je ne me serais aperçu de rien. J’aurai pu passer le reste de ma vie les yeux plongés dans les siens. Ce matin, mon esprit vagabondait encore, s’attardant sur certains passages de notre tête-à-tête improvisé…

Alors que je venais de suivre discrètement Lily jusqu’à son cours de théâtre, je retournai à la bibliothèque pour y surveiller Bella. Je n’étais pas encore arrivé que je sentis déjà une odeur, celle du sang… froid et une fraîcheur mentholée, un vampire se trouvait non loin de moi. Me rapprochant sans bruit, et scrutant les ténèbres de mes yeux perçants, je le vis : il était perché sur une branche en haut d’un arbre, caché de tous, son regard ne bougea pas d’un millimètre, et ce malgré ma présence qu’il pouvait flairer. Je savais que depuis son observatoire il veillait sur elle, tous ses faits et gestes étaient contrôlés. En dépit de son allure impassible, je me doutais que cette tâche devait lui en coûter, car j’étais persuadé qu’il n’était pas seulement là pour la défendre contre la buveuse de sang, non, il assouvissait une envie, il s’abreuver d’elle.

Quel noble sacrifice ! Lui qui l’avait abandonné un an plutôt. Désormais, je savais qu’il ne l’avait pas fait à cause d’un manque de sentiments, puisque ses yeux reflétaient tout le contraire. Au même instant, il tourna lentement son visage vers moi. Nous nous observions quelques secondes, puis il hocha la tête à mon intention, comme s’il répondait à mes réflexions personnelles. Me remercie-t-il de l’avoir gardé en vie ? Ou d’avoir tenté d’insuffler un brin de vie dans son existence ? Car même si j’étais parvenu à lui éviter le pire, j’avais échoué à la rendre heureuse, tout simplement car elle se trompait de personne, enfin je n’étais pas celui dont elle était amoureuse. Son regard se modifia brusquement, ses traits s’étaient tendus et ses lèvres étaient si serrées qu’elles auraient pu tordre n’importe quoi. Edward pouvait lire mes pensées, aussi facilement que si elles avaient été écrites en grosses lettres sur mon front. Bien que mon attachement pour elle fut sincère et mon amour exprimé avec tant d’ardeur, Bella n’avait jamais ressenti envers moi autre chose que de l’amitié.

_ Je suis désolé du mal que j’ai pu vous causer par inadvertance. Me chuchota-t-il, afin que je sois le seul à intercepter ses paroles.

_ Le pire lui a été infligé, à elle ! Lui répondis-je en pensée, lui repassant la scène où elle avait voulu sauter de la falaise, en avril dernier. Edward baissa la tête et l’enfouit dans ses mains.

_ Merci, Jacob. Je ne souhaite pourtant que son bonheur, je ne voulais pas que les choses se déroulent ainsi. Vraiment, j’espère qu’elle sera trouvée en toi… Edward ne put achever sa phrase, car je lui coupai la parole.

_ Tu t’attendais à quoi franchement ? Qu’elle sauterait de joie ! Le seul saut qu’elle ait voulu faire, l’aurait projeté quarante mètres plus bas ! Alors oui je ne l’ai pas lâché d’une semelle. Je lui ai donné tout mon amour, toute ma patience et toute mon attention. Mais malgré tout ça, elle continue encore de penser à toi ! S’attendant à te croiser à chaque coin de rue ! Ce que j’ai pu être frustré ! Mon corps était secoué par de violents soubresauts, je devais me calmer avant de muter juste à quelques mètres des étudiants.

J’essayais de me concentrer pour éviter une transformation, et une fois parvenue, je décidai de laisser Edward en paix, face à ses propres regrets ou ses remords peu importe. Ma vengeance pouvait attendre, abattre un homme déjà à terre n’a rien de réjouissant. Je tournais les talons et pris la direction du court de tennis, où Orline s’entraînait avec acharnement, et attendis qu’elle soit en lieu sûr pour me diriger vers la salle de théâtre où Lily répétait.

Les amies de Bella étaient chères à son cœur, je prenais donc ma tâche de surveillant extrêmement au sérieux, Victoria pourrait s’en prendre à l’une d’elles pour approcher sa cible. En sachant Edward auprès de Bella, je pouvais me permettre de rester près de Lily cette nuit.

***

J’arrivai pile à temps pour réceptionner Lily, et dès qu’elle me vit, elle se dirigea vers moi toute souriante. Un seul de ses sourires aurait pu me faire tout oublier, mes responsabilités, allant jusqu’à ma propre existence. D’ailleurs, les dernières traces de ma colère à cause de l’altercation avec Edward s’envolèrent subitement.

_ Hey, tu cherches Bella ? Elle est à la… Me lança-t-elle enjouée sans pouvoir finir sa phrase.

_ A la bibliothèque, je sais. En fait, c’est toi que j’attendais. Lui répondis-je, la coupant dans son élan avant qu’elle se méprenne sur les raisons de ma présence.

_ Oh ! Tu as quelque chose de précis à me dire ? Un message à faire passer à Bella alors ? Sa mine s’était renfrognée et toute trace de sourire évaporée.

_ Euh non ! Enfin si j’ai des choses à te dire, mais rien de précis. Ou alors… (Je bégayais) je crois que je m’emmêle les pinceaux… je vais reprendre depuis le début si tu veux bien, elle hocha la tête à la fois inquiète et curieuse. Et si on faisait un bout de chemin ensemble ? La nuit est tombée et même si la pleine lune éclaire tes pas, je serais plus rassuré si je te raccompagnais jusqu’à ta résidence. Lui demandais-je un peu hésitant.

_ Et si on s’arrêtait prendre un café bien chaud, je suis frigorifiée ? me lança-t-elle gaiement en m’emboîtant le pas.

 _ Je suis partant ! Je me poussais pour la laisser passer, pour ensuite me placer à son côté.

Moins de dix minutes plus tard, nous nous trouvions devant une porte close, toutes lumières éteintes dans la salle, apparemment le patron des lieux avait décidé de fermer bien avant l’heure.

_ Zut ! Un bon café m’aurait fait tellement du bien ! J’ai peur de mourir de froid ! dit-elle en enroulant ses bras autour de sa taille, tout en se frictionnant les épaules et les côtes.

Si seulement… Si seulement Lily connaissait tous mes secrets, j’aurai pu la serrer contre moi pour qu’elle se réchauffe au contact de ma peau, faisant disparaître les violents frissons qui l’assaillaient. Toutefois, elle devrait être mise au courant un jour ou l’autre… je devais me résoudre à lui révéler ma sinistre apparence. Pourtant, si elle reculait devant moi, si je l’effrayais, comment m’en sortirais-je ? Non, il valait mieux attendre un peu avant de lui avouer ma condition. Néanmoins, si je devais lui cacher certaines choses, je ne voulais pas lui mentir pour autant, car elle ne méritait pas une telle bassesse.

_ Veux-tu mon manteau ? À défaut de lui offrir ma chaleur corporelle comme bouillotte je pouvais bien lui prêter ma veste, mais sa réaction me désarçonna : elle me riait au nez littéralement !

_ Premièrement, ne le propose pas mais agit plutôt, c’est plus romantique. Et deuxième, quand tu veux offrir ton manteau à une fille, assure-toi de bien en porter un à ce moment-là ! D’ailleurs, que fais-tu en pull par un temps pareil ? Me répondit-elle entre deux éclats de rire.

 _ Merci du conseil ! Je ne suis pas très au fait de toutes ses choses. Froid ? Tu rigoles, je connais bien pire dans ma ville d’origine, là où le soleil ne perce pas à travers les épais et omniprésents nuages… Je tentais de cacher mon étonnement par quelques boutades. Je n’étais décidemment pas assez vigilant devant elle. Et puis, je portais un pull, c’était déjà trop !

_ En tout cas, tu me fais rire, et c’est le plus important pour une femme. Elle me sourit de nouveau et ses yeux pétillèrent de malice. Je me sentais très différent à ses côtés, toute mon assurance et mon impulsivité m’abandonnait. J’aurai voulu la serrer dans mes bras ou passer mes doigts dans sa chevelure noire, ou bien me pencher pour sentir son parfum dans le creux de son cou, ou encore partir à la découverte de son visage et ce seulement avec ma bouche, puis descendre mes doigts le long de son dos, mais je restai paralysé par la peur.

Un silence s’installa, ce qui me perturba, je voulais dire quelque chose pour détendre l’atmosphère, mais rien ne venait en tête, mon estomac était noué et mes lèvres clouaient fermement. Devinant, mon embarras, Lily me tira doucement à elle, glissant une de ses mains dans une des miennes, tandis que l’autre se posait sur ma joue. Ses iris irradiaient de tout leur éclat et vinrent se planter dans les miennes. Je parcouru les derniers centimètres qui nous séparait, puis elle se lova contre mon torse. Je pus sentir son odeur, sa fragrance florale : du lilas avec un mélange de violette, et aussi les pulsions de son cœur qui cognaient contre ma poitrine. Elle retira sa main de la mienne, pour la faire remonter le long de mon bras, caressant ensuite mon épaule du bout des doigts, tandis que la mienne tira sur le ruban qui emprisonner la masse de ces cheveux, et une fois libéré de leur carcan, le vent m’apporta leur douce senteur. Alors, elle se hissa sur la pointe des pieds pour se retrouver à peu près à ma taille, et déposa un baiser sur mes lèvres à la fois délicat et sucré, puis se laissa retomber sur la plante de ses pieds.

Les yeux encore fermés, je profitai des dernières traces de ce baiser sur mes lèvres, bref contact exaltant mais trop court… Alors, je la saisis par la taille pour la soulever du sol, et je plaquai ma bouche sur la sienne, mais plus violemment qu’elle ne l’avait fait. Ses mains s’agrippèrent à mes joues afin que nos visages ne puissent s’écarter, tandis que mes bras resserrèrent leur étreinte autour d’elle, les pieds à vingt centimètres du sol. Ma bouche descendit le long de son cou jusqu’à la naissance de son épaule, fourrageant dans les plis de son manteau. Puis, remonta délicatement sur ses joues et à nouveau ses lèvres. Son parfum m’enivrait, m’obsédait, je voulais qu’il s’imprègne sur moi, à jamais marquer sur ma peau au fer blanc.

Un bruit me stoppa net, puis une odeur plus mentholée qui rappelait le froid, un vampire était tout proche de nous, enfin je pouvais le flairer. Je tournai la tête pour scruter les alentours, plissant légèrement mes yeux pour qu’ils s’acclimatent à la pénombre des bois qui nous entouraient. Cependant, au lieu de discerner une forme dans l’ombre, ce fût une voix qui me parvint, un timbre familier d’ailleurs : celui de Bella.

_ Qu’est-ce qu’il y a ? me demanda Lily à moitié haletante, les joues rouges et les cheveux éparpillés.

_ Chut… Je l’embrassai de nouveau et la reposa doucement au sol, pour me concentrer sur ce que j’entendais. Le ton n’était guère courtois, une dispute faisait rage à une trentaine de mètres, Bella dans le rôle de l’attaquante et Edward dans celui de l’accusé, décidément ce n’était pas sa journée… Finalement, il ne sera pas resté longtemps dans l’ombre ! Même les vampires ne sont pas infaillibles, ils possèdent aussi leurs points faibles. Une paire d’yeux vint se coller sur les miens, les reconnaissant je leurs souris et lui tapota le bout du nez. Lily s’était redressée, s’appuyant sur mes épaules pour garder l’équilibre.

_ Je réitère ma question : qu’est-ce qu’il se passe ? m’interrogea-t-elle d’un air furieux. Je l’attirai vers moi, mes mains sur le bas de son dos.

_ Une dispute fait rage, mais il l’a bien cherché ! Je restais évasif, mais sans lui mentir pour autant. Un des ses sourcils s’arqua et sa lèvre se tordit dans une grimace qui aurait pu me faire rire si ses yeux ne m’avait pas autant fixé. Pourtant, je ne résistai pas longtemps, et embrassa tour à tour ses sourcil en forme d’accent circonflexe, et cet élan lui suffit à réactiver son système sanguin… Elle glissa sa tête sur mon torse et ses mains se faufilèrent sous mon pull. La fraîcheur de ses doigts me fit frémir alors qu’ils s’élançaient à la découverte du moindre millimètre de mon buste. Mes lèvres cherchèrent les siennes, ce qui lui provoqua une série de frissons qui couraient le long de son échine.

 _ Est-ce moi qui ait trop froid, ou toi trop chaud ? me demanda-t-elle la tête dans mon cou.

_ Sans doute un peu des deux. Lui répondis-je en collant mes mains sur ses joues afin que je puisse plonger dans le bleu transparent de ses yeux.

_ Je ne comprends pas… toute cette attirance que je ressens pour toi, et qui émane de moi tel un volcan sur le point de rentrer en éruption. C’est d’autant plus étrange que je ne te connais pas. Cependant, je sais une seule chose : je ne désire plus que toi ! Comment est-ce possible de ressentir une telle sensation ? Me chuchota-t-elle.

_ Crois-tu au coup de foudre, aux âmes sœurs ? je tentai une approche, brève tentative pour lui ouvrir les yeux sur le phénomène de l’imprégnation.

_ Et bien, pas jusqu’à hier en tout cas ! C’est bizarre, je ne connais même pas ton nom de famille et toi tu ne sais rien non plus de moi… Surtout, ne va pas t’imaginer que je suis une fille frivole ! Me débita-t-elle avec une virulence étrange.

_ Ne t’inquiète je sais que tu n’appartiens pas à cette catégorie de fille, sinon je n’aurais jamais eu le coup de foudre pour toi. Lui dis-je sur le ton de la plaisanterie. Et en ce qui concerne l’autre partie de la question : Jacob Ephraïm Black, enchanté de te connaître Lily…

_ Non… Mademoiselle Élisa Hilde, enchantée également. Elle se recula pour effectuer une courbette, alors je lui saisie la main au vol pour y déposer un baiser. Nous partîmes dans un éclat de rire en même temps.

S’ensuivit un nombre incalculable de questions sur notre enfance, nos parents, nos passions… Jusqu’au petit jour.

***

Elle m’apprit que son père était ambassadeur, en affaire avec l’Europe pour le compte des États-Unis. Aussi, durant toute son enfance, Lily résida dans la plupart des capitales européennes telles que Londres, Berlin, Paris, Madrid, Vienne, Rome, Dublin et même Athènes. D’ailleurs, elle naquit non pas en Amérique du Nord mais en France. Quant à sa mère, comme toute épouse mariée à un homme dont la carrière occupe une place prédominante dans sa vie, elle était chargée de veiller sur son intérieur, l’organisation de banquets et sur l’éducation de leur unique fille. Par conséquent, Lily vécue dans une belle et luxueuse prison dorée, devenant une gentille petite fille douce et docile, dont les déménagements successifs empêchaient toutes rencontres avec des enfants de son âge. A peine arrivée dans une nouvelle école, collège ou lycée, elle était toujours la nouvelle, l’objet de curiosité, et une fois familiarisée avec les lieux, son père obtenait une autre mission dans un autre pays. Chaque jour, Lily devenait de plus en plus timide, repliée sur elle-même, voire même complètement associable. Néanmoins, la petite fille convenable et malléable, ne tarda pas à revendiquer ses envies auprès de ses parents, et notamment son désir de partir étudier aux États-Unis, son pays d’origine. Après moult colères et refus catégoriques, ses parents se résignèrent à la laisser quitter le cocon familial, mais elle devait remplir deux conditions… Le choix de la faculté : Harvard, Dartmouth ou rien. Grâce à ses brillants résultats, et aux recommandations de plusieurs de ses professeurs, Lily intégra l’université de Dartmouth, et ce dès le mois d’août, soit disant pour profiter des sessions de remise à niveau afin d’améliorer son accent américain. En réalité, elle cherchait seulement à fuir au plus vite, et rejoindre ce pays qu’elle ne connaissait pas, mais dont elle rêvait depuis toujours… La deuxième condition imposée par son père, concernait le cursus à suivre ; son choix c’était bien évidemment porté sur une formation juridique, lui ayant déjà planifié tout un avenir entre une carrière politique, ou dans les assises. Lily avait accepté cette dernière formalité en s’inscrivant en droit, toutefois, elle s’était aussi inscrite à d’autres options comme la littérature ou le théâtre. Personne dans sa famille ne prenait en compte ses envies, ce qui avait le don de la révolter, elle qui n’aspirait qu’à une vie paisible dans un des États américains sans aucun faste, ni luxe, ni carrière ambitieuse. Vivre selon ses envies, vivre grâce à ses passions, et au jour le jour… Quelle jolie utopie.

Lily se livra à moi sans barrière, ni faux semblant avec les bons comme les mauvais côtés, par exemple elle ronflait, bégayer quand elle se mettait en colère et ne parvenait toujours pas à se familiariser avec le type de nourriture que l’on trouvait aux U.S.A… Plus sérieusement, à force de bonnes manières et de leçons de conduite, elle voulait s’extirper de cette éducation trop guindée. Par conséquent, sans toutefois devenir grossière, elle avait pris l’habitude de dire tout haut ce que les autres pensaient tout bas, et de débattre de ses idées et surtout d’avoir le dernier mot. En d’autres termes, elle était têtue, obstinée et franche. En somme, elle était une fille qui goûtait enfin à la liberté, loin de ses parents et de leur mode de vie, et elle souhaitait en profiter un maximum. Tout ce qui m’attirait car cela la rendait vivante à mes yeux.

Puis, après avoir coupé les cheveux en quatre, j’entamai un sujet épineux : ses précédentes relations. Malheureusement, le récit de ses aventures amoureuses fut très exhaustif, puisque les rares garçons à avoir eu le courage de l’approcher, n’en voyaient qu’après son argent. Ils avaient été plus intéressés par le luxe et les paillettes, que par elle-même. Nombre d’entre eux souhaitaient seulement profité de ses relations ou de son argent, ce qui la freina dans ses rapports avec la gente masculine par la suite. Néanmoins, ma réaction la rassura puisque je lui appris que l’argent n’avait pas de valeur pour moi, enfin n’était pas une source de bonheur. Malgré le fait qu’elle ne me connaissait que depuis 24 heures, elle sembla croire mes propos, et j’en fus heureux.

J’étais tellement absorbé dans le récit de la vie de Lily, que je ne m’étais pas rendu compte des premières lueurs du soleil qui perçaient à travers les nuages, et encore moins de l’absence de Edward…

_ Je crois que nous n’avons pas vu l’heure ou les heures passées, dis-je en tournant la tête vers l’horizon, éclairait par les rayons du soleil.

_ Oh non, j’ai cours dans moins de trois heures ! Je ne tiendrai jamais toute la journée ! Dit-elle en regardant sa montre.

_ Allez, je vais vous raccompagner mademoiselle. Je me levais du banc sur lequel nous avions atterrit et lui tendit la main qu’elle attrapa vigoureusement.

Une fois arrivée devant la résidence, elle grimpa deux marches et se retrouva pile à ma hauteur, ce dont elle semblait fière à voir le sourire qui lui barrait le visage. De ce fait, je plaquai ma main sur ses reins et l’attira à moi, ce qui lui fit perdre l’équilibre.

_ Quelle force ! Tu as faillis me casser en deux ! Me lança-t-elle tout en rapprochant son visage du mien.

_ Je n’arrive plus à me contrôler, et encore moins mes pulsions quand je suis avec toi. Lui susurrais-je à l’oreille, puis tout en suivant la courbe de sa mâchoire, je vins déposer un baiser sur le coin supérieur de sa bouche.

_ Est-il correct de se dire bonne nuit ? me demanda-t-elle alors qu’elle cherchait mes lèvres, les paupières closes.

_ Ma nuit est déjà passée, et elle a été plus que bonne ! Elle fut douce et agréable. Néanmoins, je te souhaite une bonne journée. Je l’embrassai de nouveau avant de desserrer mon étreinte et de la laisser partir, loin de moi, à regret.

_ Bonne journée à toi aussi dans ce cas-là. Elle tourna les talons, non sans m’avoir envoyé un baiser du bout de ses doigts. La porte de l’entrée grinça légèrement puis se referma sur mon alter ego.

L’image d’une bonne douche et d’une nuit de sommeil m’apparut comme une illumination, malheureusement, je ne voulais pas laisser Lily et Bella seules, sans protection.

_ Roh ! Où a-t-il pu filer ce fichu buveur de sang ? Me dis-je pour moi-même alors que je regagnais ma souche qui me paraissait plus familière.

_ Aujourd’hui, c’est mon tour de garde. Edward a rencontré quelques difficultés…

Incroyable ! Je ne l’avais ni entendu s’approcher, ni même senti la présence d’une sangsue.

_ À qui ais-je le droit aujourd’hui ? Lui demandais-je d’un ton bourru, aucunement sympathique. Tandis que je restais planté à la même place, les bras croisés sur le torse, elle flotta légèrement jusqu’à moi, son sourire figé sur un visage immaculé.

_ Je me présente, je m’appelle Alice Cullen, je suis la sœur d’Edward, me dit-elle toute guillerette, en quoi pouvait-on être fière d’être parente avec cette vermine ? Tu peux aller te reposer, je vais veiller sur Bella et sur l’autre fille aussi. J’hésitai quelque temps avant d’accepter cette proposition, je savais toute la confiance que Bella lui portait, elle ne pouvait pas se tromper en conséquence.

_ Hum… de toute façon, je n’en ai pas pour longtemps. Je serai de retour avant qu’elle n’ouvre les yeux, et toi tu pourras déguerpir ! Lui balançais-je vivement.

_ Mais tout le plaisir est pour moi ! Tu me fais trop d’honneurs. Ironisa-t-elle puis, elle se détourna de moi, et alla s’asseoir sur ma souche d’arbre m’ignorant totalement.

Alors que je m’éloignais prudemment, surveillant mes arrières, je l’entendis marmonner des paroles comme :

_ Si près de toi et tout à la fois si loin… quelle promesse difficile à tenir…

***

Au même moment, dans une chambre d’hôtel…

Une brûlure qui vous incendie tout le corps…

Le chemin du venin jusqu’à votre cœur, et chacune de ses pulsions qui le renvoi dans toutes les artères, prenant petit à petit le contrôle de vos membres… De votre volonté…

Puis, les battements de votre cœur qui s’espacent, ralentissent, puis disparaissent à tout jamais.

Et enfin, une soif ! Une soif intenable, qui vous tiraille, qui vous assaille de toutes parts, sans que vous puissiez la dominer. C’est elle qui prend le dessus et vous brûle la langue, la gorge jusque dans vos poumons.

Aucune volonté ne peut la faire taire. La soif de sang frais, encore chaud et oxygéné ! Tout ce qui vous entoure devient une source de tentation : le réceptionniste à l’accueil, le couple paisiblement endormi de la chambre jouxtant la votre, le personnel qui s’affaire en cuisine, les étudiants, les enseignants, toutes personnes qui se tiennent dans le périmètre de votre… Odorat. Que des victimes potentielles que vous réclamez à corps et à cris, mais que votre conscience repousse tant bien que mal !

Que disait Oscar Wilde déjà ? Le meilleur moyen de résister à la tentation, c’est d’y céder. Un homme qui n’a sans doute pas connu les ténèbres dans lesquelles je suis en train de me noyer…

_ C’est fulgurant, je n’ai jamais assisté à une transformation si rapide… S’étonna un premier homme.

_ N’empêche que va-t-on en faire ? Elle risque de nous gêner plus qu’autre chose ! Grogna un autre.

_ Oh, et que voulais-tu que je fasse ? Que je la laisse à l’ennemie ?

Des voix… Trop de voix… Qui étaient-ils ? Pour qui se prenaient-ils pour juger de mon sort aussi facilement que si j’étais une moins que rien ! Je me sentais la capacité et la force de les faire taire, malheureusement ma gorge me brûlait, et cette étrange envie s’accaparait toute mon énergie, afin que je ne pense qu’à elle : la soif !

_ Je t’en prie calme-toi, je vais aller te chercher du sang, mais reste ici ! Je n’en ai pas pour longtemps. M’implora le jeune homme.

_ Et si je ne tiens pas jusque là ? Répondis-je

_ Je t’en pris prend ceci, pour te faire patienter… Le jeune homme déboutonna une manche de sa chemise et la remonta jusqu’au niveau du coude, puis il porta son poignet à ma bouche… Je m’en emparai avidement et transperça sa peau de mes canines acérées. Son sang était gelé, mais cela restait du sang alors je m’en abreuvais pour calmer le feu qui se répandait en moi. Le sang glissait sur ma langue, coulait le long de ma gorge et commença à apaiser mes sens.

_ Stoppe-la avant qu’elle ne tue ! Tu es irresponsable, elle t’a complètement vidé de toute ton énergie ! Tu vas devoir chasser plus que d’habitude pour combler le manque ! Un des jeunes hommes parla dans la pièce, il avait une voix plus revêche, et moins chaleureuse. Alors, il desserra l’étau de mes doigts sur son poignet pour me faire lâcher à contre cœur…

_ Laisse moi partir, et je reviendrai avec plus de sang. En attendant, ne bouge pas et essaye de te contrôler, sinon ces deux là n’auront aucun scrupule à te tuer… Dit-il en regardant ses frères…

 

Publié dans fiction

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Clo# 20/10/2009 20:52


La chute de ce chapitre est vraiment excellente ! ^^
Seule (toute) petite remarque : attention à ne pas confondre les -er et les -ai. Plusieurs fois tu as fait la confusion.
Je me dépêche d'aller lire le chapitre suivant !


Néo 20/10/2009 21:44


oui j'ai quelques soucis pour m'apercevoir de mes fautes de conjugaison -_-" en tout cas merci bien ; )


la Bella du Quebec 01/10/2009 23:25


qui Edward nourit-il comme ca et que ses donc cute l'amour entre Lily et Jacob ses trop beau je lis le chapitre 9 vraiment bon Néo tu est vraiment tres bonne écrivaine bravo encore


Néo 01/10/2009 23:37


xD qui Edward nourrit-il? BOnne question !! Cherche et tu trouveras ou dépêche toi de lire la suite ^^


lena 28/03/2009 01:43

je me répéte mais j'aime découvrir la partie sensible de jacob, le reconnais à 100%. comment ne pas craquer facilement pour le doux et têtue lycan.
sinon la fin comme est trop dure, insoutenable qui est cette personne qui se nourri du sang d'edward? ai-je bien compris.
j'attends le chap 9 avec impatience.

Néo 29/03/2009 11:48


oui oui tu as bien compris un néophyte se nourrit du sang d'Edward !!!