chapitre 4

Publié le par Néo

Apparition

Le même soir…

En passant devant la concierge de la résidence, je n’oubliai pas de la saluer, au risque de connaître de fâcheux incidents. En effet, la vieille Hortensia était réputée pour ses coups en douce et vicieux auprès des étudiantes irrespectueuses et impolies. Ma résidence n’était pas mixte, comme certaines du campus, il s’agissait plus d’une fratrie féminine, qui avait acceptée mon emménagement malgré le peu d’entrain et le manque d’excentricité qui me caractérisait, je devais certainement venir gonfler les statistiques du groupe dans la catégorie intello. Hortensia me lorgna de son regard pénétrant, et je me dis aussitôt que grâce à sa corpulence imposante elle incarnait parfaitement le rôle du chien de garde, agressive et effrayante, il ne manquait plus que des yeux injectés de sang et le portrait aurait été parfait.

_ Bonsoir Hortensia, lui lançais-je dès que je la croisai dans l’escalier.

_ Hum ! Ce week-end le couvre-feu a été avancé d’une heure et ce pour toutes les étudiantes de cette résidence !

Si je m’étais trouvée plus proche d’elle, j’aurai eu le droit à un jet de postillons et en prime à son haleine âcre. Une chance que je me sois trouvée trois marches plus hautes qu’elle, et encore elle n’avait qu’une demie-tête de moins que moi !

_ Très bien Hortensia, j’en prends note, merci et bonne soirée à vous aussi. Je tentai une sortie pour échapper à ses remontrances acerbes, mais elle agrippa un pan de mon manteau et me vrilla des yeux.

_ Si vous ne connaissez pas la signification du mot respect, je vais vous l’apprendre jeunes demoiselles ! Nous ne sommes pas dans un dépotoir et les salles de bains ne sont pas des porcheries ! J’en ai plus qu’assez de devoir nettoyé vos saletés ! J’interrompis son flot de paroles, craignant qu’elle devienne injurieuse et surtout car elle commençait sérieusement à déraper.

_ Hortensia, je comprends la punition et ne cherche pas à la réfuter, alors lâchez mon manteau s’il vous plaît que je puisse regagner ma chambre, ma réplique fut cinglante et le timbre de ma voix la fit desserrer son emprise. Elle émit un borborygme et s’en retourna à son bureau placé juste à côté de l’entrée.

Décidemment, les gens ne tournaient pas rond dans le New Hampshire, entre les garçons inintéressants ou trop prétentieux, des gardiennes rustres et les filles écervelées qui partagées la même résidence que moi, je pouvais dire que j’étais gâtée. Heureusement, j’étais parvenue, je ne sais trop comment, à me faire quelques amies dont celle qui partageait ma chambre, Lily. Elle était tout le contraire de moi, extravagante, bavarde mais sans être ennuyeuse et surtout avec une joie de vivre extraordinaire. Son rire était communicatif, son simple sourire me faisait oublier ma mauvaise humeur ambiante et aurait pu me faire oublier tout le reste, un ami que j’avais dû abandonner à sa peine, un père en proie à la solitude, et mon chagrin qui ne me laissait toujours pas tranquille, un an après !

Désormais, je me sentais coupée du monde, isolée et différente. En quittant Forks, j’avais renoncé à plusieurs choses, un avenir sûr et certain avec Jake, des études à la faculté de Seattle et la possibilité de  rentrer tous les week-ends pour retrouver les miens, mes amis Angela, Ben, Éric, Mike et Tyler. Par contre, j’aurai dû vivre avec cet espoir, même infime, qui me tenaillait le cœur, le voir revenir me chercher, le surprendre dans l’ombre à m’épier, ou l’un des siens. Malheureusement, personne n’avait pointé le bout de son nez, personne ne s’était inquiétait pour moi, ils étaient tous partis sans un adieu, sans se retourner même lui. Je les détestais tous, surtout lui, pourquoi m’avait-il laissé en proie à ma peine et à un isolement que je ne méritais pas. Pourquoi ne m’aimait-il plus ?

Je regagnais ma chambre juste à temps avant que les larmes ne se mettent à couler à flots. Une fois parvenue à l’intérieur, mes genoux se dérobèrent sous mon poids pour venir percuter le plancher, ma poitrine s’incendia et la bête se rua sur les lambeaux de mon cœur. Je m’écroulais sur le sol en proie à un violent contrecoup, cela faisait exactement un an qu’il était parti.

Encore combien de jours, de semaines, de mois ou d’années allais-je encore souffrir, bloquant l’accès de mes sentiments à toutes personnes, me repliant sur moi-même comme un ermite tapie au fond de sa grotte, véritable asociale, je repoussais les gens qui dédaignaient m’adresser la parole. Je me sentais à bout de souffle, de force, je n’avais plus la patience ni même l’envie de m’en sortir, j’étais vaincue. Plus rien ne me donnait la force de survivre, mon meilleur ami m’avait rayé de sa vie le jour où je pris la décision de le quitter.

Cet évènement avait eu lieu en juillet dernier, au moment où me parvenais mon dossier d’inscription pour l’université de Dartmouth, j’avais tout d’abord refusé, ne voulant abandonner personne. Puis, petit à petit, l’idée avait germé dans ma tête : ce courrier pouvait représenter un nouveau départ pour moi, une occasion de repartir à zéro pour tout oublier. Alors, j’avais accepté et avais informé mes proches de ma décision. Renée et Charlie étaient comblés par mon choix, j’étais devenue une vraie fierté nationale. Cependant, tout le monde n’avait pas aussi bien réagit qu’eux, Jake avait eut plusieurs comportements. D’abord une longue plainte suivis de supplications pour rester près de lui, ensuite il avait décidé de me suivre, mais devant mon refus catégorique il avait plongé dans une colère noire, ne parvenant plus à se contrôler, il avait alors muté et gagné la forêt en vitesse. C’était la dernière fois que je l’ai vu, il ne c’était pas présenté chez moi lors de mon départ pour me dire au revoir, ni participé à mon déménagement, ni appelé, ni même écrit depuis mon installation sur le campus en août dernier. Le système universitaire de Dartmouth est un peu particulier, en effet certaines filières comporte trois semestres, et en conséquent l’année commence début août.

Toutefois, je ne pouvais lui en vouloir, son attitude était légitime, mais il me manquait cruellement, et je me haïssais pour tout le mal que je lui avais fais, lui qui ne désirait que mon bonheur avait dû y renoncer en me laissant partir. Je n’espérais plus qu’une chose, que l’imprégnation ait lieu au plus vite pour lui.

Un bruit au dehors me fit sursauter, comme le bruit d’un caillou venant percuter ma fenêtre. Je me relevais doucement et essuyai les larmes sur mes joues pour aller à ma fenêtre. Lily avait certainement dû se retrouver coincée dehors, et avait sans doute besoin de mon aide pour rentrer dans la résidence. Notre chambre se trouvait au premier étage, un peu trop haut pour lui tendre la main ou un bout de drap, cependant, la direction avait eut la bonne idée de décorer la façade par des plantes grimpantes qui offraient de bonnes prises pour permettre à certaines d’entre nous de faire le mur. Alors que j’ouvrais la fenêtre, un vent froid s’engouffra dans la chambre et me fit frissonner jusqu’au bout des cheveux. Le climat dans le New Hampshire était certes plus clément que dans la péninsule d’Olympic, mais tout de même les hivers y étaient rudes et pluvieux.

_ Lily c’est toi ? Lançai-je dans le noir complet, ne voulant pas alerter notre chien de garde qui ne dormait que d’un seul œil. Je répétais plusieurs fois le prénom de mon amie, mais seul le vent répondait à mes suppliques.

Puis, j’aperçus une forme tapie derrière un arbre qui s’éclipsa, j’avais déjà eu cette vision  quelques minutes plutôt, avant de rentrer dans la résidence, j’avais eu l’impression d’être suivie, puis il m’avait semblait voir une ombre au loin. Et maintenant, il y avait quelque chose dehors qui s’était cachée, peut-être avait-on essayé de me sortir de ma chambre. Ma tristesse céda la place à une panique qui m’était devenue trop familière, surtout depuis que j’avais quitté la douce sécurité que m’offrait la meute. En effet, Jake et ses amis, n’avaient pas réussi à éliminer le problème Victoria, elle errait toujours quelque part, préparant sa vengeance à mon encontre, si l’on en croyait Laurent et ses prédictions. D’ailleurs, un des derniers arguments de Jake contre mon départ avait été ma sécurité, il pensait que l’université ne serait pas un lieu sûr, je lui avais alors rétorqué le monde qui y pullulait et que je ne comptais pas finir mes jours calfeutrés à la Push, cette réplique eut le don d’envoyer valser tout self-control au diable et il avait muté sans qu’il puisse l’éviter.  

Je m’étais persuadée, un peu sottement sans doute, que Victoria n’étant pas une aussi bonne traqueuse que l’eut été James, elle ne retrouverait pas ma trace dans le New Hampshire. Mon père était en sécurité aux côtés de la meute, et ma mère avait récemment déménagée à Jacksonville où il n’y avait aucune trace de mon odeur, par conséquent mes proches étaient en sûreté.

De toute façon, j’étais rarement seule, mon temps était rythmé entre mes cours entouré de professeurs et d’étudiants, de mes heures à la bibliothèque où le personnel observait mes allers-retours, et même jusque dans ma résidence j’étais constamment englobée dans un flux d’étudiantes, et ma chambre je la partageais avec Lily. Si Victoria voulait me tuer,  elle devrait exterminer une bonne partie des résidentes ou la moitié du campus, une méthode peu discrète à mon goût, mais qui me fit frémir d’angoisse. Combien de personnes mettais-je en périple juste à cause de mon manque de chance ?

Je tentais surtout de me rassurer comme je le pouvais, pour ne pas céder à la panique ou alors je finirais mes jours dans un institut psychiatrique. Soudain, mon cellulaire, acquis depuis peu, sonna et me fit faire un véritable saut.

_ Isabella Marie Swan, il faut vraiment que vous vous calmiez ou alors vous finirez par faire une attaque ! Me dis-je avec une pointe de cynisme, car même si ma respiration l’en attestait, je restais persuadée que mon cœur était définitivement réduit en charpie.

Sur l’écran de mon cellulaire apparut un numéro qui m’était familier : "Charlie" alors je décrochais.

Bella c’est toi ?  J’eu envie de lui répondre : non c’est la reine d’Angleterre ! Mais le ton de sa voix m’en dissuada.

_ Cha... Papa qui veux-tu que se soit d’autre ? Lui répondis-je avec tout le naturel dont je disposai.

_ La dernière fois il me semble avoir eu ta colocataire au téléphone, euh… comment s’appelle-t-elle déjà, Lola ? Mouchait ! Je ravalais mon sarcasme.

_ Non papa c’est Lily, pas Lola ! Alors quel temps fait-il à Forks, je parierais sur de la pluie, et c’est mon dernier mot Charlie. C’était aberrant, je m’étais améliorée sur mes dons pour le mensonge et la comédie, ne voulant surtout pas voir mon père ou pire ma mère, rappliquer à la moindre intonation déprimante dans le son de ma voix, je feintais.

_ Cesse tes plaisanteries Bella ! Dis-moi plutôt si tu as eu des nouvelles de Jacob dernièrement ? Son ton était sec, aucun rire ne venait ponctuer les fins de ses phrases. Et sa remarque me fit l’effet d’un uppercut dans le ventre. Les dernières informations sur mon meilleur ami que j’avais pu glaner venaient de Charlie !

_ Tu fais toi aussi dans le sarcasme ce soir papa ? Jacob ne me parle plus depuis juillet, comment voudrais-tu que je sois au courant de la moindre chose le concernant ! Ma voix émit quelques trémolos, mais je parvins à juguler le flot de larmes prêtes à jaillir à la moindre inattention de ma part.

_ Excuse-moi chérie, je suis un peu à cran, cela fait une semaine qu’il a disparut apparemment, et il semble que je sois le seul à m’inquiéter de la fugue d’un adolescent ! Billy ne se fait pas de mourrons, même ses amis. Je suis persuadé qu’ils savent très bien où il se trouve, mais je ne comprends pas pourquoi ils ne veulent rien me dire ! Je pensais qu’il était partie te rejoindre pour se faire pardonner de son comportement en juillet dernier. Apparemment je me suis trompé, car s’il était partie à ta rencontre il devrait déjà se trouver sur le campus.

A travers le téléphone je le sentais déprimé et vraiment mal, je ne m’étais pas rendu compte à quel point Jacob était important pour lui. Je n’étais pas trop inquiète car il avait du partir en reconnaissance, ils avaient dû sentir un vampire dans le coin, peut-être Victoria et Jake avait suivi sa trace. Et puis ce qu’il fallait savoir de mon ami, c’était qu’il avait la fâcheuse habitude de déguerpir dès que ses sentiments le mettaient à mal…

_ Ne t’en fais pas papa, je suis persuadée qu’il va revenir très vite, et puis n’oublie pas qu’il est très mûr pour son âge. Et si j’ai la moindre nouvelle je t’appelle tout de suite. Je tentais de rassurer mon père, et comptais appeler Sam dans la minute qui suivait, afin qu’il puisse servir un bon alibi à mon père, et surtout pour connaître le fin mot de l’histoire.

_ Très bien, je te recontacte moi aussi dès j’ai du nouveau ! Puis il raccrocha.

Je m’empressais de joindre Sam Uley, le chef de la meute, pour savoir où se trouvait mon meilleur ami. Les loups n’ayant que le strict minimum sur eux, ne pouvaient se permettre le luxe de transporter un portable au risque de devoir en racheter un à chaque mutation, ou alors de le perdre en pleine forêt. Par conséquent, je le contactais chez lui et dès la deuxième sonnerie, une voix douce me répondit, c’était Emily.

_ Bonsoir Emily, c’est Bella, désolée de te déranger j’aurai voulu parler à Sam s’il te plaît. Me rappelant subitement le décalage horaire, j’effectuais un bref un calcul et fus rassurer de savoir qu’il devait être au plus tard 18h00 dans l’État de Washington.

_ Bonsoir Bella, je suis désolée mais Sam est absent pour le moment, tu l’as raté de peu il vient juste de partir. Elle avait un ton enjoué à l’autre bout de la ligne, est-ce mon appel qui la réjouissait à ce point ?

_ Zut ! Je pestais contre moi-même, peut-être qu’Emily pourrait m’informer suffisamment en attendant que Sam me recontacte. Tu peux peut-être renseigner ? J’aurai aimé avoir des nouvelles de Jake, mon père est soucieux de son départ, sais-tu où il est partit ? Ma demande ressemblait plus à une supplique qu’à une simple demande, j’étais bien plus angoissée que je ne le pensais. Un silence à l’autre bout. Que voulait-elle me cacher ?

_ Écoute Bella, ce n’est pas contre toi, mais je ne peux pas te le dire. D’ailleurs, je ne suis pas sensée être au courant. Mais je te le jure que tu le seras très vite. En attendant peux-tu me promettre une chose, entre filles à loups ? Son ton n’était pas menaçant, bien au contraire elle aurait pu m’envoyer balader que je l’en aurais remercié. Que pouvait-on refuser à Emily, surtout quand elle prenait une voix si douce et si mielleuse.

_ Euh… Bah… Oui… Je… Je te le promets. Je bégayais comme un amoureux devant la fille de ses rêves, et depuis quand promettais-je quelque chose avant d’en connaître les tenants et les aboutissants ?

_ Ne reste pas seule, ne sors pas la nuit et aucun acte stupide et téméraire ! Elle me connaissait bien décidemment. Tu m’as bien entendu jeune fille ? C’était la deuxième fois que l’on me prénommait comme ça aujourd’hui ! 

_ Mon lot quotidien en somme ! Lui répondis-je.

_ Très bien. Je serais moins soucieuse si je te sais bien entourée et en sécurité. Bonne soirée Bella, j’ai été ravie de t’entendre. Puis elle raccrocha ayant obtenue ce qu’elle voulait tandis que je n’avais rien à me mettre sous la dent.

Pourquoi m’avait-elle demandée de rester prudente, la meute avait-elle sentie un danger, Victoria dans les parages ? Mais si elle se trouvait à Forks en quoi devrais-je faire attention, il y avait des milliers de kilomètres qui nous séparaient. A moins qu’elle n’ait appris où je me trouvais !

Le portable dans la main, la tête dans mes pensées j’avais perdu toute notion du temps et je sursautais une nouvelle fois, quand Lily entra par la fenêtre que j’avais laissée ouverte par mégarde, j’aurai pu me faire attaquer par n’importe quoi à cause de mon manque d’attention !

_ Tu prends le frais ? A moins que tu ne cherches à attraper une pneumonie en laissant la fenêtre ouverte par ce temps !

Encore à califourchon sur le chambranle de la fenêtre, Lily me décocha un regard remplie de soupçons. 

_ Je l’ai ouverte pour toi, tu as fais tellement de bruit que je suis étonnée que le pitt bull ne t’ai pas croqué les fesses ! Lui répondis-je les bras sur les côtes.

 _ C’est bizarre j’aurais pariée l’avoir vu ouverte avant d’escalader le mur, me dit-elle tout en scrutant mes réactions.

_ Parfait, je ne savais que pas je faisais de la collocation avec la fille de l’inspecteur Colombo, espèce de mégère ! Je m’étais rapprochée afin que nous nous fassions face.

_ Tu attendais qui perchée à ta fenêtre ? Ton Roméo ? me rétorqua-t-elle avec son sourire en coin. Sa réplique me transperça, elle s’en aperçut et me pris dans ses bras.

Lily n’était pas au courant pour Jake et encore moins pour… pour lui. Néanmoins, elle avait la capacité de lire en moi comme dans un livre ouvert, et savait comprendre ce qu’il ne fallait pas dire ou faire, mes réactions ou mon regard étaient pour elle de vrais indices sur mon état.

_ Et si on se descendait un pot entier de glace à s’en rendre malade ? me proposa-t-elle en m’entraînant sur son lit, les yeux pétillants de malice.

_ Petite maligne il est 23h passés ! Comment comptes-tu défier la garde notre chère concierge, et surtout sous quel prétexte va-t-elle bien vouloir nous laisser sortir et rentrer une fois notre course effectuée ? Lui répondis-je en mimant Hortensia.

_ Petite sotte, nous n’aurons qu’à enjamber la fenêtre ! A moins que la trouille ne te prennes aux tripes et t’empêches de sauter dans le vide ? Elle me toisa de son regard en coin, avec un air sournois et espiègle.

Son arrogance  m’irritai et j’acceptai le défi qu’elle venait de me lancer, oubliant les promesses que j’avais tenues quelques minutes plutôt à Emily ! Décidément, j’étais vraiment trop stupide et trop téméraire, surtout quand l’on connaissait mes dons pour me fourrer dans les dangers les plus inimaginables.

Alors que Lily se laissait tombée la première sur le gazon en contrebas, la lumière de l’entrée s’alluma, elle me fit signe de fermer la fenêtre et elle partit se cacher dans une rangée d’arbustes. J’ouvris délicatement la porte de notre chambre, puis avança discrètement jusque sur le palier pour jeter un coup d’œil dans les escaliers et tenter d’apercevoir qui se trouvait dans l’entrée. Je vis une ombre passée furtivement du côté de la loge d’Hortensia puis faire demi-tour vers la chambre de cette dernière. Une fois que j’entendis le loquet de sa porte se refermer, je m’élançais de ma chambre et enjambais la fenêtre.

Bella ! Non !

Le son de sa voix vint percer mes tympans au moment où je me retrouvais à trois mètres du sol. Son courroux se répercutant contre les toutes les parois de mon cerveau. Je ne l’avais pas entendu depuis des mois, et sur le coup de la surprise je lâchais la prise.

Dans ma chute j’essayais de me rattraper à d’autres endroits m’égratignant les doigts. Je chutais d’au moins trois mètres et atterrit sur le dos dans une plainte de souffrance. En entendant ma chute, Lily sortit de sa cachette et m’aida à me relever. J’avais les mains en sang et le dos endoloris, mes capacités physiques m’handicapées toujours autant, ce n’était guère réjouissant. Une fois que j’eu rassuré Lily que mon dos allait s’en remettre et stopper l’hémorragie, elle partit dans un fou rire à réveiller les morts. Mais je restai perplexe, cette expérience m’avait désarçonnée, l’été dernier j’avais dû faire une croix sur toute tentative pour l’entendre de nouveau. Et voilà, qu’aujourd’hui, sans l’avoir souhaité, son souvenir me frappa violemment.

_ Franchement explique-moi comment tu as fais pour tomber ? J’ai pris exactement les mêmes prises que toi ! Soit tu n’es pas douée, soit tu te traînes une poisse d’enfer ! dit-elle en pouffant de rire.

_ Disons que je ne brille pas par mes exploits sportifs, et que je mets régulièrement ma vie en péril, surtout quand des filles irresponsables ont des idées insensées ! Comment allait-elle rebondir avec ça ?

_ Tout le monde s’en serait sortit mieux que toi ! Heureusement que le bizutage est interdit, on t’aurait retrouvé morte avant la fin !

_ Hum très subtile comme réponse ! Je fis la moue et elle me prit par les épaules, sans se départir de son sourire. Elle me rappeler Jacob, à croire que j’avais son double féminin à mes côtés, ce qui me dérida après avoir entendu sa voix suave, aux accents colériques et fermes.

Alors que nous marchions vers l’épicerie qui restait ouverte 24h/24h, Lily me racontait en détails les réactions de Sean après ma répartie, c’est en riant aux éclats que nous allions entrer dans l’épicerie quand nous fûmes interrompues.

_ Bella qu’est-ce que tu fiches ici ? Dépêche-toi de rentrer ! La voix m’était étrangement familière, trop familière, et je frissonnai de la tête aux pieds en l’entendant. Néanmoins, la personne resta dans l’ombre de la rue parallèle à l’épicerie. Connaissant mon interlocuteur je me retirai de l’étreinte de Lily, pour m’avancer vers lui.

_ S’il te plaît n’avance pas, je ne suis pas là pour ça, pas pour toi ! Uniquement pour… Pour… Sa voix butait sur chaque mot au fur et à mesure que je m’approchais de lui. J’étais trop heureuse de le voir pour m’arrêter ou même reculer. Je ne faisais même plus attention à ses injonctions. Tout ce qui m’importait était de le voir, de plus près, de le sentir contre moi. Je m’avançais toujours, un léger sourire sur mes lèvres, et quand je me retrouvai pile devant lui, il craqua et me pris dans l’étau de ses bras.

_ Oh Bella, comme tu m’as manqué, je te déteste ! Si seulement tu savais à quel point je me suis détesté aussi ! Excuse-moi de ne pas être revenu plus tôt, mais je ne pouvais pas faire autrement à ce moment là. Tu me comprends ? Maintenant, je ne te ferais plus souffrir, plus jamais ! Les larmes avaient envahis ses yeux et ruisselaient le long de ses joues, s’écoulant sur mon front.

_ Tu m’as manqué Jake, comme je suis heureuse de te voir ! Mon père est si inquiet, et je me faisais beaucoup de soucis aussi, mais me voici rassurée et heureuse par la même occasion. Je ne vis plus depuis que je suis partie, tu as gardé la dernière partie de mon cœur avec toi à la Push, mais maintenant que tu es revenu il va pouvoir rebattre de façon plus convaincante ! Je me collai à son torse irradiant de chaleur. La visite inopinée de mon meilleur ami me réjouit au plus haut point. Comment avais-je réussi à vivre si loin de lui ?

_ Bella, j’étais sans cesse là. Je n’ai pas pu rester loin de toi très longtemps, alors quotidiennement je venais sur le campus pour savoir si tu n’encourais aucun risque. Il resserra son étreinte.

_ Alors c’étais toi ! C’est toi que j’ai aperçu tout à l’heure ! J’aurai pu en rire, si les larmes n’avaient pas jailli, me brouillant la vue.

_ Quoi ? Non ce n’était pas moi Bella. Il fit une pause comme s’il cherchait ses mots. Je l’ai sentie cela fait deux ou trois jours maximum qu’elle est là ! Les traits de son visage étaient tendus et je pouvais sentir ses muscles se crisper sous son t-shirt. Pour tout dire ce soir, j’ai perçu deux odeurs provenant de deux vamp…

_ Chut !! N’en dis pas plus je ne suis pas seule ! Lui plaquant ma main sur sa bouche, et murmurant à son oreille pour que Lily n’en apprenne davantage.

_ Oups, fais les présentations pour la rassurer, avant qu’elle ne trouve la situation effrayante et qu’elle rameute tous les clients de l’épicerie, me répondit-il tout aussi doucement.

Alors je me mis à essuyer toutes traces de larmes pour que Lily ne me croie pas plus sensible que je ne l’étais. Et enfin, Jake et moi sortîmes de l’ombre et je fis les présentations.

_ Lily je te présente mon meilleur ami Jacob, il est venu de Forks pour me faire une surprise. Sacrément bien réussit d’ailleurs, il nous a mis une de ces frousses ! Je tentai de rire pour rendre mes paroles plus crédibles, mais aucun d’eux ne riaient, ni ne parlaient d’ailleurs, ils se toisaient du regard sans bouger. Il me semblait que je n’existais plus pour aucun des deux, un séisme aurait pu faire trembler toute la terre qu’ils ne s’en seraient pas rendu compte. Puis, Lily pris enfin la parole.

_ Humm… enchantée Jacob, moi c’est Lily, je partage la chambre de… De… Elle avait oublié mon prénom ou quoi ! Elle bégayait comme une enfant, je ne reconnaissais plus mon amie.

_ Bella ! Tu sais Bella Swan, une fille de taille moyenne, cheveux châtains foncés, yeux chocolat, avec un teint d’albinos ! Lançai-je amèrement à son attention. Ce qui eut pour réaction de les faire rire tous les deux, parfait.

Le vent froid qui vint lécher nos visages, ramena mes deux amis sur terre et Jacob à ses préoccupations.

_ Il fait froid, rentrez à la résidence avant d’attraper un rhume ! Je vais vous raccompagner se sera plus sûr, en nous poussant dans le sens inverse. Je compris sa manœuvre, Victoria ou son acolyte devait se trouver dans le coin, prêt à surgir, et Jacob désirait nous ramener à l’abri, à partir duquel il aurait pu monter la garde. 

Une fois raccompagnée à bon port, Lily nous laissa sous la fenêtre et entrepris l’escalade du mur, mais je sentie que la séparation était difficile pour elle. Jacob la regarda progresser, sur ses gardes, prêt à intervenir en cas de chute inopinée, tel un chevalier servant pour sa dulcinée. Alors qu’il continuait à la regarder il me demanda :

_  Je sens que tu vas avoir besoin d’aide Bella, tu n’es pas capable d’un tel exploit ! Me dis Jacob sur un ton mi-sérieux, mi-amusé.

_ Il est vrai que se serait pas du luxe de refuser ton aide face à deux vampires qui veulent me vider de mon sang, tu es perspicace ce soir Jake ! Lui lançais-je au visage alors qu’il ne regardait que la fenêtre, espérant sans doute croiser son regard de nouveau.

_ Je ne te parlais pas de ces deux sangsues, mais plutôt de ce mur ! D’ailleurs, comment as-tu fais pour arriver en bas ? Posant enfin ses yeux sur moi. Alors en guise de réponse je lui montrai mes mains et il se mit à rire à gorge déployée. Je comprends mieux, tu as presque faillis m’étonner ! Plus sérieusement, nous pouvons passer par derrière, la fenêtre des toilettes n’est jamais verrouillée, tu n’auras qu’à grimper sur mon dos.

Pour qui me prenait-il à la fin, n’avais-je pas faillis sauter d’une falaise, et fais de la moto ?

_ Pff ! Je ne suis pas en sucre et il faut que je le fasse, sinon Lily appréciera le raconter à tout son entourage ! Dès que je prononçais le prénom de mon amie, le regard de Jacob se modifia, j’eus l’impression de retenir toute son attention avec seulement quatre lettres. Étrange réaction, on aurait dit qu’il était… Qu’il était… Mais oui ! Mon cerveau buta sur les mots « tombé amoureux » ou devrais-je dire plutôt imprégné.

L’évidence me sauta aux yeux, et je compris le bégayement de Lily et le mutisme de Jake. Ce que j’avais désiré ardemment pour mon ami avait enfin eut lieu et bizarrement je ressenti comme un pincement au cœur. Jacob ne m’avait jamais appartenu, et je ne considérais aucune personne comme une possession, mais quand je compris la situation mon cœur, en même temps qu’il s’allégea, se rétrécit. La sensation est difficile à décrire mais c’est comme si je devais faire le deuil de mon ancienne relation avec lui. Au moins notre amitié n’en sera que plus saine et sans ambigüité.

Jacob remarqua que j’étais ailleurs, car il me secoua doucement par l’épaule pour me faire revenir à moi.

_ Ne t’inquiète pas, une partie de la meute ne devrait plus tarder à se mettre en chemin. Nous nous en débarrasserons rapidement. Alors tu pourras étudier en toute quiétude et retrouver une vie plus normale. Il me prit par les épaules pour retenir toute mon attention et je hochais la tête.

Il relâcha son étreinte et me laissa me diriger vers le mur en brique, non sans rigoler. Je pris mon courage à deux mains, et commença par repérer les prises potentielles avant de me lancer dans mon périple. Le plus important était d’assurer mes prises, et le plus dur serait fait. Je faillis tomber trois fois, à chaque fois j’eus peur que Jake se précipite à mon secours, alors que Lily nous observait plus haut. Une fois arrivée à porter de bras de mon amie, elle me hissa tant bien que mal dans notre chambre et c’est en m’écroulant que je mis fin à mon ascension. J’avais accomplis un vrai exploit et j’étais fière de moi ! Je regagnai la fenêtre pour faire signe à mon ami que tout allait bien, il me sourit et partit trouver une cachette quand Lily lui fit au revoir de la main, il resta un instant sans bouger, un sourire niais coller au visage, puis il déguerpit.

Lily ne me parla pas de la soirée, elle rêvait debout, je dus lui rappeler de prendre sa douche, d’enfiler son pyjama et d’aller se coucher. Une fois mon amie couchée et endormie, je fixais la lune qui rayonnait à travers la vitre, elle était pleine mais je n’entendis aucun loup-garou hurlé et je me mis à rire bêtement. Mon ami veillait sur moi et dans très peu de temps je serai débarrassée de toute menace vamp…, bref de toute menace. Alors peut-être que je parviendrais à l’oublier…

 

Publié dans fiction

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Commenter cet article

Clo# 19/10/2009 21:14


Bon ^^ Etant donné l'heure il va falloir que j'arrête ma lecture mais tu peux compter sur moi pour revenir te lire au plus tôt ;)


Néo 20/10/2009 18:41


à très bientôt dans ce cas là ^^


la Bella du Quebec 01/10/2009 14:32


oh merde super bon et jacob qui revien et en plus il s'impregne de lily ses super trop hâte a la suite

mais ou est mon beau Edward elle doit le revoir


Néo 01/10/2009 22:26


xD cool Lily te plaît alors ? Ne t'inquiète pas elle va le revoir très vite Edward...


Bérangère 09/05/2009 01:26

Wahouuuu super ta fiction !!
Je suis totalement transporter , bravo c'est super !!!
On reconnait bien les personnages de stéphenie Meyer, sa façon d'écrire . C'est super agréable !!
Relire une total autre version avec les mms personnages, la même écriture c'est super!!
Merci !!

Néo 09/05/2009 02:51


merci beaucoup j'espère que la suite te plaira tout autant ;) bonne lecture !!