Promesse

Vacances d’avril…

_ Non ! Bella !

Je pouvais presque me représenter son visage tordu sous la colère, j’entendais distinctement ses avertissements et mises en garde contre mon projet démentiel et stupide. Sa colère me parvenait clairement, tant ses intonations virulentes que suppliantes. Un délice extrême pour moi, qui ne pouvait le faire revivre autrement. Dans ces rares instants, aussi stupides que téméraires, je le sentais de nouveau près de moi, il était enfin à mes côtés, et rien qu’à moi. Un flot de souvenirs m’inonda, je le percevais, retrouvais l’éclat de ses yeux qui me foudroyaient, sa mâchoire qui se crispait sous l’impulsion de sa fureur, ses pommettes saillantes, qui tressaillaient à chaque mot hurlé.

_ Crie-moi dessus autant qu’il te plaira, ça m’est bien égal du moment que je peux t’entendre je serai prête à tout ! Murmurais-je pour moi-même.

Le vent, soufflant plus fortement qu’à l’instant d’avant, m’emmêla les cheveux qui revenaient sur mon visage en me fouettant violemment. Je pouvais sentir l’écume de la mer propulsée par les rochers. Quelques cailloux tombèrent dans le vide vertigineux au moment où mes pieds se rapprochaient dangereusement du précipice. Toutefois, malgré la peur qui me sciait le ventre à cause du vide vertigineux, le spectacle était imprenable. Juste sous moi, la falaise tombait à pic, aucune anfractuosité ne dépassait de cette roche grise recouverte d’une mousse verte par endroit, ne laissant qu’une surface lisse contre laquelle l’écume remontait.

La mer s’étendait à perte de vue, encadrée par une muraille de roches, qui formait un arc de cercle autour de cette masse marine mouvante. Je relevai la tête pour admirer une dernière fois ce paysage inhospitalier, ces pentes colossales qui s’élevaient juste au-dessus de moi tout en me menaçant. Finalement, il ne m’avait fallu que peu de temps pour atteindre cette hauteur, déjà impressionnante pour l’exploit que je comptais accomplir. Après avoir laissé ma voiture sur le bas côté, je m’étais infiltrée à travers les bois, me faufilant entre les ronces et évitant le plus possible de me prendre les pieds dans les racines. Le trajet devenait de plus en plus ardu, à mesure que j’avançai, le sol s’élevait, je dus bientôt évoluer à quatre pates, m’aidant de mes mains pour escalader ce chemin toujours plus abrupt.

Soudain, les arbres se firent moins nombreux et la lumière plus vive. Puis, le bruit des vagues s’entrechoquant me parvint nettement. Alors, je franchis rapidement les derniers mètres qui me séparaient de la lumière et débouchai sur une petite plateforme verdoyante donnant sur l’océan. Le sol était humide, libérant des gerbes d’eau sous chacun de mes pas, mouillant au passage mes tennis en toile. Seulement trois mètres plus loin, le terrain disparaissait dans le vide sous forme de pointe.

Je devais reconnaître que la hauteur de cette falaise était déconcertante, surtout pour ce que je souhaitais y faire. Toutefois, je n’allais pas m’élancer de la hauteur prévue, en tout cas pas du même endroit d’où sautaient Sam et les autres. Et puis, si Jake m’avait promis qu’on sauterait un jour de cette falaise, cela devait être sans risque. Du coup, je restais persuadée que je n’en mourrai pas, je sortirai de l’eau sans doute transie par le froid, mais avec la joie de l’avoir à nouveau entendu.

J’écartai mes bras perpendiculairement à mon corps, prête à me laisser glisser le long de l’escarpement. J’hasardai tout de même un regard en contrebas, où les vagues venaient se fracasser contre la paroi rocheuse du promontoire sur lequel je me trouvais, à plus d’une dizaine de mètres de hauteur. Malgré l’angoisse qui faisait palpiter mon cœur, je ne voulais pas renoncer à mon saut de l’ange. Cela faisait des semaines que je n’avais pas pu entendre sa voix, et je ne tenais plus en place.

_ BELLA ! Souviens-toi de ta promesse !

A ce moment-là, elle se fit plus ferme et plus dure, le plaisir s’infiltra dans tout mon corps, parvenant même à panser le trou béant de mon cœur. Au diable ma promesse ! Avait-il tenu la sienne ? Celle de rester auprès de moi tant que c’était mon désir. Non ! Alors peut m’importait de revenir sur la mienne, nous étions quitte à présent.

Je fis quelques pas de plus, pour que mes pieds soient au plus près du gouffre, et m’inclinai vers la masse bleue de la mer en dessous de moi. Le ténor se mit à gémir et hurler en même temps, me priant de ne pas sauter, alors se fut avec le sourire que je m’effondrai du précipice.

_ Aussi stupide et téméraire que je puisse !  Sur ce mon corps se pencha dangereusement…

Tout d’un coup, et même plus tôt que je ne l’aurais imaginé, je me sentis propulser sur le côté, certainement à cause de la puissance du vent, et je vins percuter avec force un revêtement ferme. Bizarrement, je ne ressentis pas la morsure du froid m’assaillir, ni l’eau m’envelopper. Bien au contraire, j’avais l’impression d’être recouverte d’une camisole chauffante.

Alors, j’ouvris les yeux et ce que je vis me laissa pantoise. Ce que j’avais pris pour une couverture, n’était autre que les bras de Jacob, qui m’enlaçaient fermement. Finalement, je n’avais pas pu sauter, il m’avait rattrapé juste à temps.

_ Mince ! Pensai-je.

Sa tête était enfouie dans mes cheveux et il me serrait fortement contre lui. Je tentai de remuer, mais en vain, il me tenait trop bien pour que je puisse bouger ne serais-ce qu’un membre. Qu’allait-il penser de mon acte ? Qu’allait-il croire ?

Soudain, s’apercevant de mes tentatives infructueuses pour me mouvoir, Jacob releva la tête, faisant vriller ses yeux dans les miens. Alors, je vis des larmes couler le long de ses joues. A la vue de sa tristesse je m’en voulus de lui causer autant de soucis. Je n’étais qu’un monstre, un être égoïste qui ne pensait qu’à son petit plaisir personnel, sans tenir compte des sentiments de mon entourage. Je méritai son mépris, mais au lieu de me rejeter, il colla son front au mien sans quitter un seul instant mon regard.

_ Ne refait plus jamais ça ! Qu’importe ce que tu ressens, qu’importe le mal dont tu souffres, jure-moi de ne plus attenter à ta vie.

À ce moment là, ses larmes redoublèrent, ses mains se déplacèrent sur mes bras, me tenant par les épaules. Devant une telle détresse, j’éclatai en sanglots, baissant le regard, honteuse.

_ Je désirais juste l’entendre encore une fois. Je ne voulais en aucun cas mettre fin à mes jours, seulement apaiser ma blessure grâce… Grâce au son de sa voix, de… De son ténor. Répondis-je en m’étranglant à moitié.

_ De quoi parles-tu Bella ? De qui ?

Son regard en disait long sur ce qu’il pensait. Jacob était complètement ahurit et surprit, n’ayant pas dû saisir l’ampleur des dégâts, du moins pas jusqu’à ce point. À cette heure, il devait sûrement me considérer comme une folle à lier, cette seule pensée me gênait et je fus prise de tremblements violents.

_ Oh, Bella calme-toi s’il te plaît, je ne te laisserai jamais ! Moi je ne t’abandonnerai pas, et je t’aiderai à apaiser tes douleurs, à panser tes blessures. Donne-moi seulement l’opportunité et je pourrai te rendre heureuse, je te le promets. Essaye de me faire confiance !

Il ne me quittait pas des yeux, et son expression était à la fois sincère et grave. Je me mis alors à hurler la triste vérité sur mon cas :

_ Je ne suis qu’une coquille vide Jake ! Un trou énorme a envahi ma poitrine, mon cœur se meurt et de mes blessures coulent un sang froid et terne. Que pourrais-je t’offrir ? Je relevai les yeux les plongeant dans les siens, et restais étendue, lasse de ce que j’étais devenue, une pitoyable créature.

_ Je ne te demande rien en retour, ton sourire et ta joie de vivre seront pour moi ma seule consolation. Je désire seulement ton bonheur, laisse-moi t’aider, tenter d’y parvenir. Ton cœur a beau être ravagé par le chagrin et la douleur, il continu de battre, il te faudra vivre avec cette cicatrice indélébile, alors peut-être guérira-t-elle un jour. Si tu me le permets, j’essayerai de te rendre la vie plus douce, faire diminuer la douleur et que tu te sentes bien.

Après ses mots, il caressa mon visage de ses deux énormes mains, pour que nos yeux ne se quittent plus. Alors, je vis le déluge de sentiments qui passaient au travers. Pour la première fois depuis des mois, je perçus tout au fond de moi, les pulsations de mon cœur qui s’accéléraient, ma gorge se noua et je sentis comme des papillons dans mon ventre.

Cet instant sembla s’éterniser, comme suspendu dans l’air, le temps lui-même était arrêté. La vigueur des prunelles de Jake brisaient petit à petit les dernières barrières que je m’étais imposée. Puis, il rapprocha doucement son visage du mien, je pouvais sentir son souffle chaud sur ma joue et même entendre les battements de son cœur. Il déposa un baiser sur mon front, puis descendit le long de ma joue, pour atterrir sur mes lèvres, délicatement d’abord, puis plus fougueusement à mesure que mon corps se collait au sien. Il plaqua sa main sur le bas de mon dos, m’attirant ainsi plus près de lui, toujours plus près, pour ne faire plus qu’un. Je m’agrippai avidement à son cou et collai ma bouche de façon plus intense, en m’accrochant à ses cheveux.

 Il n’y avait aucune retenue, la chaleur de son haleine titillait mes narines, et je pouvais laisser libre cours à mes envies et à ma fougue jusque là bridées. Jacob m’allongea délicatement sur le sol avant de me faire rouler sur le côté, se retrouvant ainsi au-dessus de moi. Sa bouche fourrageant dans mon cou, puis remontant automatiquement sur mes lèvres, qui ne désiraient plus qu’une seule chose : la douceur des siennes. Mes mains s’accrochèrent derrière sa nuque pour le retenir à jamais, pour qu’il ne m’abandonne pas.

A bout de souffle, Jacob releva la tête et me sourit, ce qui me fit chavirer. En voyant mon trouble et mes joues rosir sous le désir, il rigola et me couva de son regard plein d’amour. Néanmoins, une fois les premières ardeurs du baiser passées, un étrange sentiment s’empara de moi, je ne savais pas comment l’expliquer, ni quel mot choisir pour le matérialiser, toutefois, j’avais la sensation d’une certaine culpabilité. Un sentiment qui n’avait pas lieu d’être, après tout c’est lui qui m’avait quitté, ne devrais-je pas l’oublier définitivement ? Ne serais-ce que pour mon entourage et le bien de ma santé mentale.

            Aussitôt, je sus que je ne pourrai jamais effacer ni ce visage, ni l’affection que je lui portais depuis toujours. Mon cœur pourrait-il se fendre en deux ? Pouvoir accepter l’amour de Jacob tout en restant fidèle aux sentiments que j’éprouvais encore pour lui. En serai-je capable ? Peut-être finira-t-il par s’éclipser au fil du temps ? J’essayais alors de m’en persuader naïvement, en sachant pertinemment que ce qui me liait à lui était bien plus fort qu’un simple premier amour d’adolescente.

Dorénavant, je voulais réellement m’en sortir. Il n’était plus question de survivre mais de profiter de ma vie, de ma famille, de mes amis et de Jacob, qui était mon protecteur. Je priais pour réussir à l’aimer autant que lui m’aimait, du moins je me suppliais d’y parvenir.

Ilchoisit ce moment précis pour se matérialiser de nouveau à travers mon imagination. Ses traits n’étaient plus tendus comme tout à l’heure, il semblait grave mais calme. Je vis ses lèvres s’entrouvrirent légèrement et entendis ce qu’il me murmurait :

_ Sois heureuse.

Puis, comme une vague disparait dans l’océan, ma vision s’effaça progressivement, ne devenant plus qu’un point à l’horizon. En même temps qu’il s’éloignait de moi, mes sentiments se disloquèrent. Il me reprenait mes promesses d’amour éternel et achevait ainsi notre idylle passionnée.

Mon cœur, revenu à la vie, se contracta devant cette fin, comme une page que l’on tourne. Me poussait-il à aller de l’avant et laisser mon passé derrière moi ? Ma souffrance s’arrêterait-elle ainsi ? Avais-je sa bénédiction ? Cela me paraissait simple, si simple, trop simple…

Jacob se redressa, tout en me gardant fermement dans ses bras, sans me lâcher une seconde des yeux, et me ramena chez lui. Étrangement, sur le chemin, je m’imaginais un éventuel futur avec lui, notre quotidien fait de moments voluptueux, de désaccords, de contacts fougueux et sans retenue. Je ne pouvais rêver mieux en dehors de celui qui m’avait laissé pour d’autres aventures. D’ailleurs, je n’avais depuis lors jamais imaginé mes lendemains en tant qu’humaine sans lui, cette seule pensée me fit tressaillir et je m’empressai de la chasser pour me concentrer que sur un seul objectif : mon rétablissement émotionnel. J’étais persuadée que Jacob serait la personne la mieux habilitée pour réussir dans cette tâche ardue.

 

Par Néo - Publié dans : fiction - Communauté : fictions crépusculaires
Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 17:20

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Dilemme

Deux mois plus tard…

La vie avait repris son cours normal, laissant une certaine routine s’installer tranquillement, ce qui, bizarrement ne me dérangeait pas plus que ça, à quelques détails près. Ma vie était rythmée entre d’une part le lycée, avec mes révisions pour les examens de fin d’année et d’autre part, mes week-ends à La Push, en compagnie de Jacob et de ses amis.

Néanmoins, certains aspects de ce quotidien me rendaient anxieuse et quelque peu mal à l’aise, en particulier mes liens avec Jacob. En effet, il comptait toujours tenir sa promesse, celle de me rendre plus vivante et me guérir de ma blessure. J’appréciais réellement sa présence, il était mon rayon de soleil et j’étais consciente du bien qu’il me procurait ; jamais je n’aurai pu faire face sans son sourire plein de vie à mes côtés. Cependant, la tournure que notre relation avait prise me rendait soucieuse. Certes, grâce à lui le trou dans ma poitrine s’était résorbé, laissant une cicatrice rougit par la souffrance des derniers mois, mais qui s’estompait. Désormais, je parvenais à me souvenir des bons moments sans voir resurgir la bête tapie dans l’ombre, prête à lacérer ce qui restait de mon cœur. Mais, malgré les efforts de Jacob, il restait présent dans la moindre de mes pensées. Mon compagnon ne pouvait rivaliser avec les sentiments que j’éprouvais encore, et dont je ne pouvais révéler la perpétuelle existence. Pourtant, je restais persuadée qu’il les connaissait, ce qui me donnait l’air encore plus misérable et pathétique.

Le bonheur était à porté de main, tous les éléments étaient réunis pour faire de ma vie un environnement heureux et paisible. Pourtant, inconsciemment, je lui tournais le dos et je ne faisais que simuler devant tout le monde.

Charlie était soulagé de ma subite « guérison » et remerciait intérieurement Jacob de me rendre à nouveau souriante et joyeuse. Renée aussi semblait moins inquiète, me pressant pour rencontrer ce nouvel ami qui avait, sois disant, accomplit de vrais miracles. Mes professeurs, quant-à eux, étaient ravis de mes résultats, et même optimistes pour l’obtention d’une bourse d’étude, ce qui me permettrait de rejoindre une des meilleures facultés de la « Ivy League ». Dorénavant, j’étais une fille à loup, Billy m’accueillait comme chaque samedi, avec son sourire généreux et son air amusé, rien n’aurait pu le satisfaire davantage. Même le problème Victoria semblait avoir été résolu. Depuis qu’elle avait été pourchassée par une meute de loups, bien décidés à en faire de la charpie, elle ne laissait plus aucune empreinte d’elle dans les environs. A croire qu’une force extérieure me poussait enfin vers la félicité et ne voulait en aucun cas l’endiguer. Et enfin, Jacob, qui m’avait accepté telle que j’étais, c’est-à-dire une coquille vide, une âme tourmentée par un passé, des souvenirs, dont le corps était déchiré, démembré par des sentiments lointains, créant en moi une plaie béante d’où s’écoulait des larmes noires se répandant dans ton mon être. J’avais renoncé à toutes ces entreprises périlleuses, ainsi je dus également me résoudre à ne plus entendre son ténor, et ce, pour que ma santé mentale retrouve son équilibre, et pour le bien-être de mes proches, surtout celui de Jacob.

Toutes les conditions étaient présentes pour que ma vie soit paradis sur terre, mais je restais à l’écart, loin d’elle. Néanmoins, je réussissais à jouer la comédie, d’une manière admirable qui m’en étonnait moi-même. En fait, il s’agissait plus d’une simulation, j’étais devenue une mystificatrice pour le bien des miens. Attention, cela ne voulait dire en rien que mes sentiments envers Jacob n’étaient pas réels, je l’aimais véritablement, il était ma bouffée d’oxygène et la source de mon rire. J’aurai pu l’aimer davantage, si… Si je n’avais jamais croisé le chemin des Cu… Il restait trop présent dans mon esprit pour que je puisse repartir de zéro, pour faire table rase du passé.

Toutefois, je n’étais pas dupe de mes propres sentiments : jamais je ne pourrais aimer quelqu’un autant que… Que mon « ex », appellation préférée de Jacob. Et malgré ma joie d’être avec ce dernier, je savais que nous n’espérions pas la même chose pour l’autre. C’est ce qui était le plus difficile pour moi à accepter : ma trahison envers lui, que je considérais toujours comme un ami proche voire même exclusif, mais qui ne pouvait espérer acquérir, en aucun cas, un rôle plus intime. Nos étreintes ne me gênaient pas, bien au contraire, elles me rassuraient et me procuraient le plus grand bien, mais ses lèvres passionnées me culpabilisaient. Je n’étais pas encore prête pour me lancer dans une nouvelle aventure sentimentale, du moins j’essayais de m’en persuader. Mon cœur refusait de laisser la moindre parcelle, en dehors d’une amitié sincère et profonde, à celui qui ne désirait que mon bien et mon bonheur. Parfois, il me semblait que cet organe était mort ou partit avec lui, et parfois c’était comme si mon quota de sentiments avait été épuisé, ne me laissant comme émotion qu’un amour non consommable.

Le pire de tout, était que Jake s’en accommodait, ne me faisant aucune remarque, ne me forçant à aucun acte romantique ou passionné. A chacune de mes vaines tentatives, pour lui expliquer le triste constat de ce que je ressentais à son égard, il me répondait calmement que cela lui suffisait amplement, ne réclamant seulement de moi que ma présence à ses côtés. Alors, je le guettais, lui et ses réactions face à mon comportement, m’attendant à le voir déguerpir, mais il restait sans défaillir. De surcroît, il était évident que l’imprégnation n’avait toujours pas eu lieu entre nous deux, ce qui signifiait que je n’étais pas la bonne. Alors, j’espérais secrètement qu’il s’entiche d’une fille plus simple et surtout plus amoureuse. Lui, tenait plusieurs discours qui l’arrangeait en partie, et surtout qui lui permettaient de se voiler la face !

_ Quoi ? Je n’ai jamais dit que ce phénomène était automatique ! Et de toute façon il n’y a que toi que j’aime ! S’empourprait-il.

_ Oui comme quand Sam était avec Leah, avant qu’il ne rencontre Emily, lui répliquai-je acide, ce que je regrettais immédiatement.

Faire du mal à Jacob ne m’enthousiasmait guère, mais je voulais lui ouvrir les yeux.

_ Si nous ne sommes pas encore imprégnés c’est sans doute à cause de ton ex ! Dans un monde normal, nous serions déjà inséparables ! C’est sans doute le phénomène « Cullen » qui a dû retarder notre… Je piquai un fard devant son coup bas et lui crachai les premières paroles qui me vinrent en tête.

_ Dans un monde normal ce que tu es n’existerais pas ! Tu serais un simple gamin de 16 ans avec le physique qui va avec, et donc très loin de me plaire ! Je voulais protester davantage, mais son sourire me désarçonna, mettant fin à notre dispute.

_ Humm… Donc mon physique te plaît… ! Son affirmation m’exaspéra, surtout en abhorrant son sourire auquel je ne savais résister.

_ Ce que tu peux être lourd Jake, franchement un vrai narcissique ! Il m’attrapa rapidement avant que nous roulions par terre, sur le parquet froid du salon.

Ce sujet devint très vite tabou, à cause de son emportement et de mon entêtement, aucun de nous deux voulant céder face à l’autre. Alors, nous restions dans une sorte de statu quo, chacun apportant l’indispensable à l’autre : lui pouvant donner libre cour à ses sentiments, et moi me permettant de penser à autre chose ou plus précisément, à oublier une personne en particulier. Car les bras de Jacob avaient le don de me faire tout oublier, et ce, durant un laps de temps salvateur.

Néanmoins, ne nous tardions jamais pour trouver un nouveau sujet de discorde. Et ces derniers jours il concernait ma prochaine orientation, et surtout ce que j’envisageai après le lycée. Il pensait que je choisirai l’université de Seattle, d’une renommée moins prestigieuse que celle que j’espérais, certes, mais beaucoup plus proche de lui. Alors que mes professeurs envisageaient Dartmouth, pour les plus insouciants ou les plus fous peut-être, Harvard voire même une faculté européenne comme la Sorbonne.

Mon père, à la simple mention de Harvard ou Dartmouth était aux anges, il ne pouvait espérer meilleur choix pour mes études. Ainsi, il était devenu très enthousiaste pour ces deux options plutôt que pour Seattle. J’étais confrontée à un réel dilemme, mon éloignement permettrait sans doute à Jacob d’ouvrir les yeux sur notre relation ambiguë et à sens unique, mais d’un autre côté comment ferais-je sans lui ? Arriverai-je à quitter Forks et tirer un trait définitif sur mes souvenirs ?

J’avais dû me rendre à l’évidence, j’étais toujours dans l’attente d’un signe, d’un contact avec lui ou d’un membre de sa famille. Ce vain espoir perdait en crédibilité à chaque jour qui passait, pourtant je ne pouvais me résoudre à l’abandonner complètement. Et puis, à côté de cela Renée me vantait les mérites de la faculté de Jacksonville, espérant par ce vil stratagème me récupérer. Ma convalescence ne l’ayant pas totalement rassurée, elle préférait me surveiller de près plutôt que d’aller à la pêche aux nouvelles auprès de mon père, si peu avide en détails.

J’étais donc face à un problème de taille, tout en sachant que cette fois-ci je ne pourrais pas satisfaire les envies de tout le monde, et cela me tourmentais. Une personne indépendante à mon histoire et à mon environnement m’aurait très simplement répliqué de faire ce que je voulais le plus, malheureusement j’avais tellement pris l’habitude de contenter tout le monde que j’en avais oublié de réfléchir en fonction de mes propres envies.

Mais c’était sans savoir, ce qui allait se passer et sans tenir compte du hasard qui allait décider pour moi encore une fois…

Lorsqu’une lettre d’une des universités de la « Ivy League » arriva dans ma boîte aux lettres, m’acceptant dès le mois d’août avec une bourse d’étude qui plus est, j’y vis là un signe du destin et renvoya les papiers confirmant ma présence dans quelques semaines.

 

 

Par Néo - Publié dans : fiction - Communauté : fictions crépusculaires
Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 17:31

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Raisons et sentiments

Septembre, dans la tête d’un vampire…

Voilà où m’avais conduis mon odorat, au milieu d’une luxuriante pelouse. L’herbe était coupée à ras, et de là où j’étais, une multitude de chemins partaient en étoile, où d’autres venaient s’entrecouper. Devant moi, se dressait modestement un édifice en brique rouge, surmonté d’un clocher blanc dont le pic s’érigeait fièrement vers les cieux. Le style du bâtiment était plutôt classique et très géométrique, deux rangées de fenêtres se tenaient l’une au-dessous de l’autre dans les mêmes alignements, parfaitement symétriques. Les fenêtres du rez-de-chaussée étaient rectangulaires, sans originalité, tandis que celles du premier étage se différenciaient par leur hauteur, dont le haut s’arrondissait. La porte d’entrée qui se situait pile au milieu contrastait avec la vétusté de l’ensemble du bâtiment central. En effet, elle était proéminente par rapport au reste, avec des colonnes grecques flanquées de chaque côté, et surmontait d’un fronton triangulaire, dont une petite lucarne ornait la partie centrale. Tout était équilibré et centré, même les arbres qui bordaient le côté de la pelouse avaient été plantés avec un intervalle régulier, et taillé fréquemment pour que leurs branches ne s’entremêlent pas, ce qui m’était bizarrement familier.

Cette bibliothèque, cette pelouse, ces petits chemins de graviers, ne m’étaient pas inconnus… Mes pieds étaient déjà venus ici, il y a quelques années de cela…

Debout face à cette bâtisse, vieille de plus de trois siècles, je comprenais l’ampleur de mon idiotie. Dès mon départ de Forks, je n’avais eu de répit de traquer Victoria, il fallait que je la réduise à néant pour qu’elle ne puisse plus représenter une quelconque menace envers celle que j’avais laissée derrière moi. Cette course poursuite m’avait conduit à travers les États-Unis, même jusqu’au Mexique, m’obligeant à me calfeutrer dans un grenier lugubre, attendant le coucher du soleil pour reprendre la chasse et retrouver sa trace jusque là perdue. Car, plus je m’approchais d’elle  plus elle s’éloignait, et dès que le piège se refermait, elle s’échappait in extremis.

Sur le moment, je ne saisis pas la nature de tous ses déplacements, je pensais naïvement qu’elle cherchait à me semer, en m’emmenant dans des pays où le soleil rayonne et ne se couche que tardivement pour ralentir ma progression, mais en fait il s’agissait d’un autre subterfuge dont l’ampleur m’échappait encore.

Je me retrouvais dans le New Hampshire, complètement dans le nord-est des États-Unis sur le campus de l’université de Dartmouth à Hanover, à contempler le gazon d’un vert luxuriant et les lumières s’échappant de la bibliothèque Banker qui me faisait face.

_ La garce ! Elle m’a bien eut !

Pour moi, il était évident que je me trouvais dans la mauvaise direction, qu’il s’agissait d’un canular monté de toutes pièces par Victoria, qui devait à l’heure actuelle, faire route vers Forks.

Que me restait-il à faire ? Poursuivre ma proie ou demander à l’un des miens de s’en occuper ? Cette décision me coûtait énormément, car je lui avais juré que je ne reviendrai plus, ni moi ni aucun des membres de ma famille. Cependant, je ne pouvais tolérer l’idée que l’on touche à un seul de ses cheveux. Et puis, si je m’élançais à la suite du monstre, si je retournai à Forks, comment parviendrai-je à trouver le courage de repartir ?  Réussirai-je à rester dans l’ombre, et ne pas l’approcher ? Ne pas vouloir connaître ses préoccupations, ne pas savoir si elle prononçait encore mon prénom dans ses rêves, ne pas pouvoir la serrer dans mes bras et respirer son odeur. En serai-je seulement capable ?

De surcroît, si ses lèvres souriaient à un autre, si ses doigts fouillaient dans une tignasse différente et si ses joues s’empourpreraient à la vue d’un garçon, alors comment ferais-je pour oublier ces images, pour tenir bon, et surtout pour ne pas m’imposer ? Je lui avais promis un avenir plus tranquille et plus sûr, je ne pouvais débarquer dans sa vie après une si longue absence. Et puis, elle ne devait plus m’aimer, cette seule pensée aurait pu m’arracher un flot de larmes, si tant est que cela fusse possible.

Malgré mon départ, elle hantait toujours mes pensées. Je ne pouvais me résoudre à l’oublier, car ma vie lui appartenait, malheureusement ma condition rendait tout bonheur impossible et dangereusement mortel pour elle. Alors, son souvenir demeurait gravé dans chaque partie de mes pensées, de mon cœur et sur chaque parcelle de mon corps. Tout mon être la réclamait, comme un toxicomane attendant une injection alors qu’il est en période de sevrage. La comparaison est sans doute de mauvais goût, mais tel était le cas. Je ne vivais plus, ne côtoyais aucun membre de mon espèce, si ce n’est Victoria que je voulais voir anéantie à jamais. Les miens ne me reconnaissaient plus, Esmée s’inquiétait et Carlisle ne parvenait plus à me rendre confiance en moi, j’avais donc renoncé à tout contact. Seule Alice, restait au courant de chacune de mes avancées dans la traque de mon ennemie et surtout sur mon état mental, via ses visions.

J’étais confronté à un choix cornélien, si je voulais sauver celle pour qui je ne me saurais jamais autant battu, il allait falloir la revoir de nouveau. A moins que, je ne confie cette tâche à l’un des miens, mais tout en gardant l’anonymat. Effectivement, Alice remplirait toutes les conditions, mais je doutais qu’elle puisse garder ses distances très longtemps avec elle, Jasper refuserait par précaution, Rosalie allait refuser tout de go prétextant que cela ne la concernait pas, il me restait alors Emmet, il serait heureux du combat et surtout il ne chercherait pas à la revoir. Mais moi, pourrais-je rester tranquillement éloigné du combat alors que je la savais potentiellement exposée ? Surtout quand on connaissait son indéniable attirance pour le danger. Aujourd’hui encore, je me rongeais de ne pas avoir de nouvelles d’elle, de ne pouvoir être là pour la protéger. Toutefois, je savais que malgré sa promesse ma sœur continuait à l’épier en douce. Alice représentait mon unique et dernier lien avec elle.

Alors que je réfléchissais aux milles et une solution, mon portable vibra dans la poche intérieure de mon manteau. Quand on parlait du loup… Avant même d’avoir décroché, je connaissais l’identité de mon interlocuteur, très certainement une jeune personne qui avait vu ce que je m’apprêtais à faire et désirais être de la partie, je décrochai déjà vaincu.

_ Tu as faux sur toute la ligne mon cher grand frère ! Son timbre de voix m’avait cruellement manqué, il résonnait tel un carillon.

_ Je suis ravi de t’entendre Alice, les nouvelles sont-elles bonnes ? Aussitôt le doute qui s’était installé s’évapora au son de sa voix. 

Inconsciemment je savais qu’elle aurait la bonne réponse. Facile quand on connaissait l’avenir comme elle ! J’étais épuisé de réfléchir pour faire concorder ce que me disait ma raison et mes sentiments. Tant pis, je laisserai la volonté d’Alice décider pour moi, alors je porterai secours à la détentrice de mon cœur, tout en ne révélant pas ma présence, je resterai dans l’ombre.

_ Tout dépend du point de vue que l’on adopte. En ce qui concerne le mien, je dirai que cela ne peut pas aller mieux que maintenant ! Tu as de la chance j’ai deux bonnes nouvelles et seulement une mauvaise. Laquelle veux-tu écouter en premier me répondit-elle gaiement, je pouvais aisément l’imaginer sauter partout.

_ Dans ce cas là, commence par une bonne nouvelle, pour enchaîner sur la pire et garder la meilleure des trois pour la fin. J’essayais de mettre de la bonne humeur dans mes paroles pour qu’elle me révèle la vérité sans détour.

_ Alors soit ! Commençons par une bonne ! Victoria ne se dirige pas vers Forks, elle est à Hanover, tout comme toi.

Cette réponse me désarçonna, je perdis le fil de mes réflexions et toutes mes théories disparurent d’un coup. Victoria sur un campus… Je ne percevais pas le rapport, à moins que ce ne soit pour assouvir sa soif, mais je trouvais sa stratégie périlleuse. Devoir chasser dans un endroit remplie de monde n’est pas un moyen des plus discrets. Alice ne me questionna pas sur mon silence et poursuivit sur le même ton enjoué.

_ La mauvaise, est qu’elle prépare une embuscade à ton encontre, mais elle change tellement d’idées que je n’arrive pas à cerner réellement son but. Par conséquent, tu vas avoir besoin d’aide et le plus tôt sera le mieux. J’interrompis le fil de ses paroles, n’ayant pas saisi leur sens.

_ Attends un peu Alice, tu as vu Victoria préparer un piège ici, sur le campus ? Dans quel but ? Souhaite-t-elle me voir défendre toute une colonie d’étudiants, à moins qu’elle ait décidé de les transformer en vampires pour s’en faire une armée de néophytes ? Tes visions se brouillent ma chère sœur. J’étais désarçonné, je voulais décortiquer les visions qu’avaient eut Alice pour en comprendre l’ampleur et la signification mais, elle était trop loin de moi pour que ses visions m’apparaissent clairement.

_ J’avais vu juste alors, tu ne l’as pas encore senti ! Sa voix se radoucit. Bien évidemment que j’avais sentit cette folle furieuse de vampire. Certaines de tes analyses sont pertinentes Edward, effectivement elle a pensé à se constituer une armée de jeunes vampires pour nous tenir à l’écart, mais le but ultime de la manœuvre reste l’accomplissement de sa vengeance.

_ Mais pourquoi ici ? Et bien sûr, que j’ai flairé Victoria, pour qui me prends-tu ! Alice tu me barbes avec tes visions, soit plus claire ou je mets un terme à cette conversation ! L’impression d’être un pantin désarticulé m’apparut, je ne saisis plus les sous-entendus de ma sœur, et son flot de nouvelles informations me désarçonnait. Je n’avais pas l’habitude de poser des questions pour connaître le fond des pensées des gens, il me suffisait de plonger dans leur tête pour connaître ce à quoi il pensait. Ainsi la patience n’était pas mon fort.

_ Puisque tu le prends sur ce ton je te laisse découvrir la dernière bonne nouvelle et t’en rendre compte tout seul ! Je voulais te l’apprendre en douceur mais ta réaction m’insupporte ! Débrouille-toi pour gérer cette partie de ton problème Edward Cullen ! Sa voix s’était faite violente et rapide. Puis, elle rajouta : En ce qui concerne Victoria, nous serons tous là dans très peu de temps. Ne me remercie pas surtout ! Sa voix se stoppa nette et elle raccrocha.

Ces derniers temps, j’étais à fleur de peau et ne supportais aucun sarcasme ni cynisme. J’étais resté plusieurs mois sans côtoyer la moindre espèce vivante et commençais à me transformer en vieux bourru asocial. Alice en avait fait les frais aujourd’hui, je me détestais davantage. Il fallait que je fasse quelque chose pour m’excuser de mon impolitesse et de mon comportement trop brusque. Je visionnais plusieurs scènes d’excuses dans ma tête pour qu’elle puisse, elle aussi les voir, j’imaginai plusieurs scénarios, agenouillés, les mains jointes, les yeux baisés et mon sourire irrésistible. En voyant ces images je me mis à sourire, je n’avais pas vu les miens depuis trop longtemps et ils me manquaient cruellement, je m’étais trop isolé et je devais changer mon mode de vie si je ne voulais pas me transformer en ermite reclus dans une grotte.

Je me mis à respirer de façon insistante pour retrouver la trace de mon ennemie, il fallait que je l’arrête avant qu’elle ne transforme la moitié de ces étudiants en monstres.

Alors que je flairais le moindre souffle que le vent me transportait, je sentis une odeur qui me fit frémir de la tête aux pieds. J’aurai pu reconnaître ce parfum entre mille autres, cette senteur fleurie et sucrée : comme de la lavande et du freesia. Un bref instant je restais interdit. C’était la première fois depuis des mois que son odeur me parvenait de façon si nette, si précise qu’elle aurait pu se tenir à quelques pas de moi. ! M’autorisant ce que je m’étais pourtant fortement défendu, je fermais les yeux pour profiter de cet arôme dont je m’étais séparé un an auparavant. Mon cerveau était en effervescence, plus aucune de mes résolutions ne passaient, mon désir et mes pulsions avaient pris le contrôle de mon corps et de mes pensées.

Mes souvenirs rejaillirent avec une précision incroyable, notre journée dans la clairière, mes nuits sur le rocking chair à la couver du regard, ses joues qui s’empourpraient, ses lèvres délicates et douces. Comme si mon corps n’était pas suffisamment agité, mes oreilles perçurent jusqu’au timbre de sa voix mélodieuse et discrète, mais les paroles restaient incompréhensibles je ne me concentrai que sur la tonalité. Ma raison tentait de me persuader de mettre un terme à ses rappels, je savais pertinemment quel en serait le prix à payer, mais à ce moment précis tout m’était égal, je pouvais respirer sa fragrance personnelle et entendre les notes de sa voix, un cadeau aussi agréable que douloureux, mais auquel on ne peut résister. Je savais que ma poitrine allait de nouveau se consumer de l’intérieur, que la bête allait resurgir de sa tanière pour lacérer ce qui restait de mon cœur et de mes sentiments. Alors tout en sachant la douleur qui m’attendait une fois ces hallucinations terminées, j’en profitais pour que la souffrance en vaille la peine !

Un bruissement de gravier me parvint sur ma gauche et mit un terme à mes apparitions, un étudiant marchait droit vers moi, mais il ne semblait pas m’avoir remarqué pour autant, je scannais sa mémoire pour connaître ses intentions, mais ce à quoi il pensa me stupéfiai, il la voyait !

Comment un étudiant lambda au teint mâte, au physique de surfer californien pouvait s’imaginer et se représenter celle pour qui j’aurai fait n’importe quoi, allant même jusqu’à la quitter comme gage de sa vie. Le surfer me frôla de son épaule massive au moment où nous nous croisâmes, un bref  pardon effleura à peine le bout de ses lèvres, et il continua son chemin droit devant moi oubliant les sentiers banalisés pour marcher sur la pelouse. Après plusieurs mètres, je compris qu’il se dirigeait vers la bibliothèque où un groupe d’étudiants venaient d’en sortir. J’étais prêt à lui sauter dessus pour lui faire avouer qui était cette fille pour lui, où l’avait-il vu, pourquoi hantait-elle toutes ses pensées ? Ma colère était à son paroxysme, mes muscles se bandèrent sous la pression et mes poings étaient si serrés que leurs jointures craquèrent. Il fallait que je me calme, sinon le surfer allait passer un sale moment, je tentai de respirer à nouveau, mais le venin coulait à flots dans ma bouche et le long de ma gorge. Au moment où je repris une bouffée d’air, une odeur me frappa violemment, celui de son sang à elle. Contrairement à son odeur corporelle, son sang ne réussit pas à me calmer, je tremblais, un séisme n’aurait pu être plus violent que moi en ce moment face à tous ses étudiants !

Son rire retentit dans mes ténèbres, puis sa voix de nouveau, ses bienfaits eurent le don d’apaiser la colère que le surfer m’avait insufflé, mes mains se détendirent et mes muscles se décrispèrent. Mon combat avec moi-même pris fin et je pus retrouver ma lucidité et ma raison. Malheureusement, ce répit fut de courte durée, puisque c’était au tour de mes yeux de se jouer de moi. A quelques mètres de moi, elle était là assise sur les marches du grand bâtiment, des livres dans les bras et ce surfer juste à côté d’elle. Mon esprit me jouait-il encore un tour, mais je compris finalement que mes hallucinations n’en étaient pas. Si je n’avais pas été aussi fort, je me serai écroulé.

La phrase d’Alice me revint en tête, et je compris sa signification, elle m’avait appelé pour me dire que Bella se trouvait elle aussi à Dartmouth, la meilleure nouvelle des trois qu’elle voulait m’annoncer. Ce qui expliquait sa bonne humeur et sa décision de me rejoindre pour m’aider à affronter Victoria. Je soupçonnais plus une envie de la revoir, que de venir pour anéantir un vampire. Alice me ressemblait tant, elle non plus n’avait pas réussit à l’oublier…

Après une année d’absence qui s’était traduit par la souffrance et le regain des souvenirs, je pouvais la contempler de nouveau, mon cœur - s’il n’était mort - aurait pu exploser devant une telle vision. Seule une soixantaine de mètres nous séparaient. Mon ahurissement devait sans doute se lire sur mon visage tant j’étais étonné que nos chemin se croisent de nouveau sur cette pelouse. Enfin, uniquement le mien puisqu’elle n’était pas conscience de ma présence.

J’étais heureux qu’elle ait suivi mes conseils et qu’elle se retrouve dans l’une des huit meilleures universités américaines, et qu’elle puisse sourire, vivre sans secret, normalement en sécurité. Tout ce que j’avais voulu pour elle, même si, dans ce tableau idyllique je n’y étais plus, le revers de la médaille, sa vie sans moi dans les parages pour lui rappeler que je resterais le même alors qu’elle vieillirait. Pendant ses douze derniers mois, j’avais imaginé ce scénario des retrouvailles plusieurs fois, changeant le décor, le temps, mais le résultat me paraissait bien terne et fade par rapport à ce que je vivais à ce moment précis. Une petite brise vient souffler dans ses cheveux me rapportant de plein fouet son parfum, celui de ses cheveux, de sa peau, de son corps. Mes muscles se bandèrent de nouveau, ma langue baignait dans le venin et mon cœur se serra à ce souvenir à la fois doux et cruel.

Pendant le laps de temps que je passais à l’observais, j’avais l’impression que ma conscience était sortie de mon cerveau, qu’elle était devenue un être à part entière, tentant de me ramener sur terre et à mes promesses. Mais je n’écoutais plus que moi, enfin mes envies, je la contemplais, son visage,  m’imaginais ses doigts s’enroulant autour d’une mèche de mes cheveux, ses lèvres s’étirant à chacun de ses sourires, et ses joues rosirent sous l’embarras. Pendant, ses longues semaines et mois, mon amour pour elle n’avait en rien perdu de son intensité et de sa valeur, mais qu’en est-il pour elle ? Elle qui avait cru à mes mensonges en septembre dernier, qui n’avait pas cherché à me retenir, pensait-elle encore à moi ? En ce qui me concernait, je ne pouvais pas me lasser d’elle !

Ma curiosité fut la plus forte, et je me déplaçai sur le côté, à l’abri d’un arbre qui m’offrit pénombre et anonymat pour épier leurs faits et gestes, notamment ceux du surfer en pleine discussion avec elle.

_ Alors ma belle, qu’as-tu prévue pour combler le long et misérable week-end qui vient ? Le surfer à la chevelure dorée s’était penché vers Bella, il ne manquait pas d’audace c’est le moins que l’on puisse dire, il reprit sur une petite boutade qui ne fit rire que lui : Oh laisse-moi deviner, tu espères passer la soirée avec moi, devant un dîner aux chandelles mais, tu ne sais pas comment me le demander, et surtout tu as peur que je refuse. Sois tranquille pour toi je ferai ce qu’il faut poupée ! Son rire aurait pu faire trembler la terre. Cependant, Bella semblait rester de glace face aux assauts du blond californien, sans aucun doute il n’était pas son type d’homme ! Tout même elle répondit à ses insinuations avec le même sarcasme qui me faisait tant rire il y a des mois de ça.

_ Oh Sean, maintenant je connaissais le prénom de mon nouvel adversaire, décidemment partout où elle allait il y avait toujours un Mike Newton pour lui tenir compagnie, quoique celui-ci était plus entreprenant. Vraiment ta proposition me… Me laisse pantoise, je préfère passer mon samedi soir en compagnie de Jack l’éventreur plutôt que t’entendre parler à chacun de tes muscles ! Tous ceux qui se trouvaient autour de Bella rire de bon cœur, l’apollon fut touché en plein cœur, fâché il partit dans la nuit.

Bella ne faisait apparemment plus dans la diplomatie. Je ne reconnaissais pas ces traits moqueurs. Et oui les humains changent, leurs traits se modifient et leur caractère aussi. Ces cheveux étaient plus longs lui tombant jusqu’au milieu du dos. Curieux de constater d’autres changements je l’analysais sous toutes les coutures. Je la trouvais amaigrie, ses joues étaient désormais plus creusées et sa mâchoire plus saillante du coup. Toutefois, ce qui me choqua le plus était l’absence de lueur dans son regard, il était vide… Autrefois, seuls ses yeux pouvaient me permettre de capter ses mensonges et ses secrets, aujourd’hui ils n’exprimaient plus rien. Cette constatation me fit trembler comme si je fixais une morte.

Alors que Sean s’en allait vexait comme il ne l’avait jamais été, une fille s’approcha de Bella. Elle était très grande, certainement 1m80 au moins ! Toutefois, ce qui retint le plus mon attention fut son regard, plus particulièrement ses yeux… On aurait pu littéralement plonger dedans, tellement leur couleur rappelait celle de la mer, d’une transparence éblouissante. En s’asseyant elle donna une petit claque dans le dos de Bella qui se retourna brusquement vers elle.

_ Ah Lily c’est toi !  Lui répondis Bella en souriant.

Lily… Un prénom simple mais gracieux comme elle. Elle portait un imper rouge sur un jean à moitié déchiré qui s’avachissait sur une paire de converse élimait avec le temps. Ses longs cheveux noirs, avaient été noués rapidement derrière sa nuque, et sa frange trop longue lui barrait le front, cachant en partie son visage. Cependant, elle remuait tellement que je pus l’observais dans les moindres détails. Elle avait un visage ovale, une ossature bien prononcée le tout sur un teint hâlé. Sa bouche paraissait immense mais c’était surtout parce qu’elle rigolait tout le temps et ses pommettes rebondissaient à chacun de ses rires. Alors que j’étais là, à la scruter, un autre visage s’interposa sur le sien, celui d’une ancienne personne de Forks :

Jacob Black.

_ Un peu de sérieux jeune fille, on n’éconduit pas un surfer de cette trempe ! Savez-vous que vous avez déclenché la colère des dieux petite impertinente ! D’un seul coup, les deux filles partirent dans un fou rire, qui m’envahit et me paralysait tout à la fois, car celui de Bella sonnait faux.

_ J’espère qu’il aura compris une fois pour toute. Je n’aime pas être agressive et méchante, mais il m’exaspère depuis le début du semestre, maintenant il va me laisser tranquille ! Je reconnaissais sa façon de repousser tous les prétendants qui ne lui convenait pas.

_ Plus sérieusement, que comptes-tu faire ce week-end ? Et ne me rétorque pas ton excuse pitoyable de la dernière fois, car j’ai vérifié ton agenda, et tu as tout bouclé jusqu’au semestre prochain au moins ! Lily était désormais bien droite et pointait son doigt dans la direction de Bella, telle une mise en garde.

 _ Désolée je ne suis pas un boute-en-train comme certaines ! Franchement ma compagnie est sans intérêt ! Je ne t’en voudrais pas si tu as une sortie au programme pour samedi prochain, ne culpabilise pas, je trouvais de l’occupation. Et puis, M. Morisson m’a donné toute une liste de livres à étudier pour alimenter mes dissertations. Soit Bella était devenue une experte dans l’art du mensonge, ce dont j’en doutais, soit elle ne souhaitait pas s’amuser avec ses amis.

_ Alors que dirais-tu d’un cinéma entre filles, quelques-unes tout au plus. Nous n’avons qu’à opter pour le dernier Burton, pas de scènes romantiques, que des enfants lancés dans un parcours du combattant avec en prime le beau Johnny Depp dans le rôle du chocolatier déluré Willy Vonka. Alors qu’en dis-tu ? Sa voix s’était radoucie et se transformait plus en prière qu’en une proposition de sortie.

Depuis quand fallait-il supplier Bella pour la sortir ? En scrutant les pensées de son amie je voyais un nombre impressionnant de faux bond, de refus catégoriques et surtout de soirées passées seule dans sa chambre ou à la bibliothèque.

_ J’y réfléchirai et je te tiens au courant d’accord ? répondit Bella en se levant, la conversation devait prendre un tournant qui semblait ne pas lui convenir, elle remit son sac à dos sur une épaule, et entama une tentative de départ.

_ J’attendrais ta réponse miss casanière ! Lily était lasse de s’acharner contre son amie, elle laissait tomber une fois de plus. Ce qu’elle désirait plus que tout était de savoir si son état léthargique était de nature, ou si un évènement extérieur en était la cause. Cette pensée me fit frémir, serai-je le coupable ? Mon départ lui aurait-il fait perdre toute joie de vivre, tout espoir de bonheur ? Je devais être trop égocentrique pour penser que je pouvais être le responsable de son manque d’entrain. Même si mon bonheur était resté auprès d’elle, il ne pouvait pas aller de même pour elle, les humains tournaient vite la page sur les choses qui leur sont désagréables.

Bella salua ses amis et se dirigea vers l’ouest du campus, certainement pour rejoindre sa chambre universitaire. Alors qu’elle s’éloignait, j’en profitai pour respirer à pleins poumons son parfum qui marquait chaque centimètre parcourus, je restais dans l’ombre pour que je puisse faire le plein de souvenirs d’elle. Je m’efforçais d’avancer dans la pénombre tout en continuant de l’épier jusqu’à ce qu’elle regagne sa résidence, prenant même des rues parallèles pour éviter de me faire remarquer.

Une fois les bâtiments administratifs et principaux dépassaient, Bella entra dans un immense parc bordé par une multitude de résidences et de fraternités diverses. Ce coin de verdure était immense, offrant une végétation dense et luxuriante. Je fus scandalisé de la voir traverser tranquillement dans cette obscurité, alors que n’importe qui de mal attentionné aurait pu surgir d’un bosquet ou de derrière un arbre. N’importe qui aurait pu la suivre, pire la prendre en traque comme… comme moi. Cette observation me perturba aussi je la repoussais vivement loin de mon cerveau, je n’étais pas un pervers !

Malgré que le ciel soit couvert, la lune nous offrait quelques pâles lueurs venant éclairer les pas de Bella, jusqu’à la dernière maison.

La résidence était la plus petite de toutes celles qui bordaient le parc, mais elle n’en perdait pas en caractère cependant. Elle s’érigeait fièrement dans une architecture géorgienne, avec ses colonnades romaines ornées de chapiteaux, son fronton triangulaire le tout parfaitement symétrique. La maison se fondait parfaitement dans son décor ambiant, grâce au revêtement blanc et à ses volets verts. D’ailleurs, elle était entourée de petits arbustes et recouvertes de lierre.

Elle bifurqua pour emprunter la petite allée dallée, et grimpa les quelques marches, et alors qu’elle se trouvait sur le perron, elle se retourna doucement et regarda dans ma direction. Je ne bougeais pas d’un pouce, même si j’étais persuadé qu’à une telle distance j’étais invisible pour elle. Pourtant, inconsciemment, j’espérais la voir se mettre à courir vers moi. Elle resta un long moment à scruter les ténèbres et mon subconscient à prier pour qu’elle me visse, mais elle tourna les talons et disparut derrière la lourde porte verte en bois massif.

A ce moment précis, j’aurais donné tout ce que j’avais de plus cher au monde, ma vie, mon immortalité ou ma force, pour connaître le fond de ses pensées. Qu’avait-elle ressentie pour stopper net son élan et se mettre à observer l’obscurité ? Pourquoi ne parvenais-je pas à percer les méandres de son cerveau ? Cette constatation eut le don d’envoyer valser toutes les promesses, toutes les recommandations que ma raison avait établit, et c’est en courant que je me précipitais à la rejoindre attendant que le sommeil l’emporte pour l’écouter dormir, ces rêves m’apprendraient toutes les choses que son cerveau refusait de me laisser entendre. Certes ma démarche n’était pas du tout raisonnable, mais j’avais besoin de savoir. 


 

Par Néo - Publié dans : fiction - Communauté : fictions crépusculaires
Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 17:41

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Apparition

Le même soir…

En passant devant la concierge de la résidence, je n’oubliai pas de la saluer, au risque de connaître de fâcheux incidents. En effet, la vieille Hortensia était réputée pour ses coups en douce et vicieux auprès des étudiantes irrespectueuses et impolies. Ma résidence n’était pas mixte, comme certaines du campus, il s’agissait plus d’une fratrie féminine, qui avait acceptée mon emménagement malgré le peu d’entrain et le manque d’excentricité qui me caractérisait, je devais certainement venir gonfler les statistiques du groupe dans la catégorie intello. Hortensia me lorgna de son regard pénétrant, et je me dis aussitôt que grâce à sa corpulence imposante elle incarnait parfaitement le rôle du chien de garde, agressive et effrayante, il ne manquait plus que des yeux injectés de sang et le portrait aurait été parfait.

_ Bonsoir Hortensia, lui lançais-je dès que je la croisai dans l’escalier.

_ Hum ! Ce week-end le couvre-feu a été avancé d’une heure et ce pour toutes les étudiantes de cette résidence !

Si je m’étais trouvée plus proche d’elle, j’aurai eu le droit à un jet de postillons et en prime à son haleine âcre. Une chance que je me sois trouvée trois marches plus hautes qu’elle, et encore elle n’avait qu’une demie-tête de moins que moi !

_ Très bien Hortensia, j’en prends note, merci et bonne soirée à vous aussi. Je tentai une sortie pour échapper à ses remontrances acerbes, mais elle agrippa un pan de mon manteau et me vrilla des yeux.

_ Si vous ne connaissez pas la signification du mot respect, je vais vous l’apprendre jeunes demoiselles ! Nous ne sommes pas dans un dépotoir et les salles de bains ne sont pas des porcheries ! J’en ai plus qu’assez de devoir nettoyé vos saletés ! J’interrompis son flot de paroles, craignant qu’elle devienne injurieuse et surtout car elle commençait sérieusement à déraper.

_ Hortensia, je comprends la punition et ne cherche pas à la réfuter, alors lâchez mon manteau s’il vous plaît que je puisse regagner ma chambre, ma réplique fut cinglante et le timbre de ma voix la fit desserrer son emprise. Elle émit un borborygme et s’en retourna à son bureau placé juste à côté de l’entrée.

Décidemment, les gens ne tournaient pas rond dans le New Hampshire, entre les garçons inintéressants ou trop prétentieux, des gardiennes rustres et les filles écervelées qui partagées la même résidence que moi, je pouvais dire que j’étais gâtée. Heureusement, j’étais parvenue, je ne sais trop comment, à me faire quelques amies dont celle qui partageait ma chambre, Lily. Elle était tout le contraire de moi, extravagante, bavarde mais sans être ennuyeuse et surtout avec une joie de vivre extraordinaire. Son rire était communicatif, son simple sourire me faisait oublier ma mauvaise humeur ambiante et aurait pu me faire oublier tout le reste, un ami que j’avais dû abandonner à sa peine, un père en proie à la solitude, et mon chagrin qui ne me laissait toujours pas tranquille, un an après !

Désormais, je me sentais coupée du monde, isolée et différente. En quittant Forks, j’avais renoncé à plusieurs choses, un avenir sûr et certain avec Jake, des études à la faculté de Seattle et la possibilité de  rentrer tous les week-ends pour retrouver les miens, mes amis Angela, Ben, Éric, Mike et Tyler. Par contre, j’aurai dû vivre avec cet espoir, même infime, qui me tenaillait le cœur, le voir revenir me chercher, le surprendre dans l’ombre à m’épier, ou l’un des siens. Malheureusement, personne n’avait pointé le bout de son nez, personne ne s’était inquiétait pour moi, ils étaient tous partis sans un adieu, sans se retourner même lui. Je les détestais tous, surtout lui, pourquoi m’avait-il laissé en proie à ma peine et à un isolement que je ne méritais pas. Pourquoi ne m’aimait-il plus ?

Je regagnais ma chambre juste à temps avant que les larmes ne se mettent à couler à flots. Une fois parvenue à l’intérieur, mes genoux se dérobèrent sous mon poids pour venir percuter le plancher, ma poitrine s’incendia et la bête se rua sur les lambeaux de mon cœur. Je m’écroulais sur le sol en proie à un violent contrecoup, cela faisait exactement un an qu’il était parti.

Encore combien de jours, de semaines, de mois ou d’années allais-je encore souffrir, bloquant l’accès de mes sentiments à toutes personnes, me repliant sur moi-même comme un ermite tapie au fond de sa grotte, véritable asociale, je repoussais les gens qui dédaignaient m’adresser la parole. Je me sentais à bout de souffle, de force, je n’avais plus la patience ni même l’envie de m’en sortir, j’étais vaincue. Plus rien ne me donnait la force de survivre, mon meilleur ami m’avait rayé de sa vie le jour où je pris la décision de le quitter.

Cet évènement avait eu lieu en juillet dernier, au moment où me parvenais mon dossier d’inscription pour l’université de Dartmouth, j’avais tout d’abord refusé, ne voulant abandonner personne. Puis, petit à petit, l’idée avait germé dans ma tête : ce courrier pouvait représenter un nouveau départ pour moi, une occasion de repartir à zéro pour tout oublier. Alors, j’avais accepté et avais informé mes proches de ma décision. Renée et Charlie étaient comblés par mon choix, j’étais devenue une vraie fierté nationale. Cependant, tout le monde n’avait pas aussi bien réagit qu’eux, Jake avait eut plusieurs comportements. D’abord une longue plainte suivis de supplications pour rester près de lui, ensuite il avait décidé de me suivre, mais devant mon refus catégorique il avait plongé dans une colère noire, ne parvenant plus à se contrôler, il avait alors muté et gagné la forêt en vitesse. C’était la dernière fois que je l’ai vu, il ne c’était pas présenté chez moi lors de mon départ pour me dire au revoir, ni participé à mon déménagement, ni appelé, ni même écrit depuis mon installation sur le campus en août dernier. Le système universitaire de Dartmouth est un peu particulier, en effet certaines filières comporte trois semestres, et en conséquent l’année commence début août.

Toutefois, je ne pouvais lui en vouloir, son attitude était légitime, mais il me manquait cruellement, et je me haïssais pour tout le mal que je lui avais fais, lui qui ne désirait que mon bonheur avait dû y renoncer en me laissant partir. Je n’espérais plus qu’une chose, que l’imprégnation ait lieu au plus vite pour lui.

Un bruit au dehors me fit sursauter, comme le bruit d’un caillou venant percuter ma fenêtre. Je me relevais doucement et essuyai les larmes sur mes joues pour aller à ma fenêtre. Lily avait certainement dû se retrouver coincée dehors, et avait sans doute besoin de mon aide pour rentrer dans la résidence. Notre chambre se trouvait au premier étage, un peu trop haut pour lui tendre la main ou un bout de drap, cependant, la direction avait eut la bonne idée de décorer la façade par des plantes grimpantes qui offraient de bonnes prises pour permettre à certaines d’entre nous de faire le mur. Alors que j’ouvrais la fenêtre, un vent froid s’engouffra dans la chambre et me fit frissonner jusqu’au bout des cheveux. Le climat dans le New Hampshire était certes plus clément que dans la péninsule d’Olympic, mais tout de même les hivers y étaient rudes et pluvieux.

_ Lily c’est toi ? Lançai-je dans le noir complet, ne voulant pas alerter notre chien de garde qui ne dormait que d’un seul œil. Je répétais plusieurs fois le prénom de mon amie, mais seul le vent répondait à mes suppliques.

Puis, j’aperçus une forme tapie derrière un arbre qui s’éclipsa, j’avais déjà eu cette vision  quelques minutes plutôt, avant de rentrer dans la résidence, j’avais eu l’impression d’être suivie, puis il m’avait semblait voir une ombre au loin. Et maintenant, il y avait quelque chose dehors qui s’était cachée, peut-être avait-on essayé de me sortir de ma chambre. Ma tristesse céda la place à une panique qui m’était devenue trop familière, surtout depuis que j’avais quitté la douce sécurité que m’offrait la meute. En effet, Jake et ses amis, n’avaient pas réussi à éliminer le problème Victoria, elle errait toujours quelque part, préparant sa vengeance à mon encontre, si l’on en croyait Laurent et ses prédictions. D’ailleurs, un des derniers arguments de Jake contre mon départ avait été ma sécurité, il pensait que l’université ne serait pas un lieu sûr, je lui avais alors rétorqué le monde qui y pullulait et que je ne comptais pas finir mes jours calfeutrés à la Push, cette réplique eut le don d’envoyer valser tout self-control au diable et il avait muté sans qu’il puisse l’éviter.  

Je m’étais persuadée, un peu sottement sans doute, que Victoria n’étant pas une aussi bonne traqueuse que l’eut été James, elle ne retrouverait pas ma trace dans le New Hampshire. Mon père était en sécurité aux côtés de la meute, et ma mère avait récemment déménagée à Jacksonville où il n’y avait aucune trace de mon odeur, par conséquent mes proches étaient en sûreté.

De toute façon, j’étais rarement seule, mon temps était rythmé entre mes cours entouré de professeurs et d’étudiants, de mes heures à la bibliothèque où le personnel observait mes allers-retours, et même jusque dans ma résidence j’étais constamment englobée dans un flux d’étudiantes, et ma chambre je la partageais avec Lily. Si Victoria voulait me tuer,  elle devrait exterminer une bonne partie des résidentes ou la moitié du campus, une méthode peu discrète à mon goût, mais qui me fit frémir d’angoisse. Combien de personnes mettais-je en périple juste à cause de mon manque de chance ?

Je tentais surtout de me rassurer comme je le pouvais, pour ne pas céder à la panique ou alors je finirais mes jours dans un institut psychiatrique. Soudain, mon cellulaire, acquis depuis peu, sonna et me fit faire un véritable saut.

_ Isabella Marie Swan, il faut vraiment que vous vous calmiez ou alors vous finirez par faire une attaque ! Me dis-je avec une pointe de cynisme, car même si ma respiration l’en attestait, je restais persuadée que mon cœur était définitivement réduit en charpie.

Sur l’écran de mon cellulaire apparut un numéro qui m’était familier : "Charlie" alors je décrochais.

Bella c’est toi ?  J’eu envie de lui répondre : non c’est la reine d’Angleterre ! Mais le ton de sa voix m’en dissuada.

_ Cha... Papa qui veux-tu que se soit d’autre ? Lui répondis-je avec tout le naturel dont je disposai.

_ La dernière fois il me semble avoir eu ta colocataire au téléphone, euh… comment s’appelle-t-elle déjà, Lola ? Mouchait ! Je ravalais mon sarcasme.

_ Non papa c’est Lily, pas Lola ! Alors quel temps fait-il à Forks, je parierais sur de la pluie, et c’est mon dernier mot Charlie. C’était aberrant, je m’étais améliorée sur mes dons pour le mensonge et la comédie, ne voulant surtout pas voir mon père ou pire ma mère, rappliquer à la moindre intonation déprimante dans le son de ma voix, je feintais.

_ Cesse tes plaisanteries Bella ! Dis-moi plutôt si tu as eu des nouvelles de Jacob dernièrement ? Son ton était sec, aucun rire ne venait ponctuer les fins de ses phrases. Et sa remarque me fit l’effet d’un uppercut dans le ventre. Les dernières informations sur mon meilleur ami que j’avais pu glaner venaient de Charlie !

_ Tu fais toi aussi dans le sarcasme ce soir papa ? Jacob ne me parle plus depuis juillet, comment voudrais-tu que je sois au courant de la moindre chose le concernant ! Ma voix émit quelques trémolos, mais je parvins à juguler le flot de larmes prêtes à jaillir à la moindre inattention de ma part.

_ Excuse-moi chérie, je suis un peu à cran, cela fait une semaine qu’il a disparut apparemment, et il semble que je sois le seul à m’inquiéter de la fugue d’un adolescent ! Billy ne se fait pas de mourrons, même ses amis. Je suis persuadé qu’ils savent très bien où il se trouve, mais je ne comprends pas pourquoi ils ne veulent rien me dire ! Je pensais qu’il était partie te rejoindre pour se faire pardonner de son comportement en juillet dernier. Apparemment je me suis trompé, car s’il était partie à ta rencontre il devrait déjà se trouver sur le campus.

A travers le téléphone je le sentais déprimé et vraiment mal, je ne m’étais pas rendu compte à quel point Jacob était important pour lui. Je n’étais pas trop inquiète car il avait du partir en reconnaissance, ils avaient dû sentir un vampire dans le coin, peut-être Victoria et Jake avait suivi sa trace. Et puis ce qu’il fallait savoir de mon ami, c’était qu’il avait la fâcheuse habitude de déguerpir dès que ses sentiments le mettaient à mal…

_ Ne t’en fais pas papa, je suis persuadée qu’il va revenir très vite, et puis n’oublie pas qu’il est très mûr pour son âge. Et si j’ai la moindre nouvelle je t’appelle tout de suite. Je tentais de rassurer mon père, et comptais appeler Sam dans la minute qui suivait, afin qu’il puisse servir un bon alibi à mon père, et surtout pour connaître le fin mot de l’histoire.

_ Très bien, je te recontacte moi aussi dès j’ai du nouveau ! Puis il raccrocha.

Je m’empressais de joindre Sam Uley, le chef de la meute, pour savoir où se trouvait mon meilleur ami. Les loups n’ayant que le strict minimum sur eux, ne pouvaient se permettre le luxe de transporter un portable au risque de devoir en racheter un à chaque mutation, ou alors de le perdre en pleine forêt. Par conséquent, je le contactais chez lui et dès la deuxième sonnerie, une voix douce me répondit, c’était Emily.

_ Bonsoir Emily, c’est Bella, désolée de te déranger j’aurai voulu parler à Sam s’il te plaît. Me rappelant subitement le décalage horaire, j’effectuais un bref un calcul et fus rassurer de savoir qu’il devait être au plus tard 18h00 dans l’État de Washington.

_ Bonsoir Bella, je suis désolée mais Sam est absent pour le moment, tu l’as raté de peu il vient juste de partir. Elle avait un ton enjoué à l’autre bout de la ligne, est-ce mon appel qui la réjouissait à ce point ?

_ Zut ! Je pestais contre moi-même, peut-être qu’Emily pourrait m’informer suffisamment en attendant que Sam me recontacte. Tu peux peut-être renseigner ? J’aurai aimé avoir des nouvelles de Jake, mon père est soucieux de son départ, sais-tu où il est partit ? Ma demande ressemblait plus à une supplique qu’à une simple demande, j’étais bien plus angoissée que je ne le pensais. Un silence à l’autre bout. Que voulait-elle me cacher ?

_ Écoute Bella, ce n’est pas contre toi, mais je ne peux pas te le dire. D’ailleurs, je ne suis pas sensée être au courant. Mais je te le jure que tu le seras très vite. En attendant peux-tu me promettre une chose, entre filles à loups ? Son ton n’était pas menaçant, bien au contraire elle aurait pu m’envoyer balader que je l’en aurais remercié. Que pouvait-on refuser à Emily, surtout quand elle prenait une voix si douce et si mielleuse.

_ Euh… Bah… Oui… Je… Je te le promets. Je bégayais comme un amoureux devant la fille de ses rêves, et depuis quand promettais-je quelque chose avant d’en connaître les tenants et les aboutissants ?

_ Ne reste pas seule, ne sors pas la nuit et aucun acte stupide et téméraire ! Elle me connaissait bien décidemment. Tu m’as bien entendu jeune fille ? C’était la deuxième fois que l’on me prénommait comme ça aujourd’hui ! 

_ Mon lot quotidien en somme ! Lui répondis-je.

_ Très bien. Je serais moins soucieuse si je te sais bien entourée et en sécurité. Bonne soirée Bella, j’ai été ravie de t’entendre. Puis elle raccrocha ayant obtenue ce qu’elle voulait tandis que je n’avais rien à me mettre sous la dent.

Pourquoi m’avait-elle demandée de rester prudente, la meute avait-elle sentie un danger, Victoria dans les parages ? Mais si elle se trouvait à Forks en quoi devrais-je faire attention, il y avait des milliers de kilomètres qui nous séparaient. A moins qu’elle n’ait appris où je me trouvais !

Le portable dans la main, la tête dans mes pensées j’avais perdu toute notion du temps et je sursautais une nouvelle fois, quand Lily entra par la fenêtre que j’avais laissée ouverte par mégarde, j’aurai pu me faire attaquer par n’importe quoi à cause de mon manque d’attention !

_ Tu prends le frais ? A moins que tu ne cherches à attraper une pneumonie en laissant la fenêtre ouverte par ce temps !

Encore à califourchon sur le chambranle de la fenêtre, Lily me décocha un regard remplie de soupçons. 

_ Je l’ai ouverte pour toi, tu as fais tellement de bruit que je suis étonnée que le pitt bull ne t’ai pas croqué les fesses ! Lui répondis-je les bras sur les côtes.

 _ C’est bizarre j’aurais pariée l’avoir vu ouverte avant d’escalader le mur, me dit-elle tout en scrutant mes réactions.

_ Parfait, je ne savais que pas je faisais de la collocation avec la fille de l’inspecteur Colombo, espèce de mégère ! Je m’étais rapprochée afin que nous nous fassions face.

_ Tu attendais qui perchée à ta fenêtre ? Ton Roméo ? me rétorqua-t-elle avec son sourire en coin. Sa réplique me transperça, elle s’en aperçut et me pris dans ses bras.

Lily n’était pas au courant pour Jake et encore moins pour… pour lui. Néanmoins, elle avait la capacité de lire en moi comme dans un livre ouvert, et savait comprendre ce qu’il ne fallait pas dire ou faire, mes réactions ou mon regard étaient pour elle de vrais indices sur mon état.

_ Et si on se descendait un pot entier de glace à s’en rendre malade ? me proposa-t-elle en m’entraînant sur son lit, les yeux pétillants de malice.

_ Petite maligne il est 23h passés ! Comment comptes-tu défier la garde notre chère concierge, et surtout sous quel prétexte va-t-elle bien vouloir nous laisser sortir et rentrer une fois notre course effectuée ? Lui répondis-je en mimant Hortensia.

_ Petite sotte, nous n’aurons qu’à enjamber la fenêtre ! A moins que la trouille ne te prennes aux tripes et t’empêches de sauter dans le vide ? Elle me toisa de son regard en coin, avec un air sournois et espiègle.

Son arrogance  m’irritai et j’acceptai le défi qu’elle venait de me lancer, oubliant les promesses que j’avais tenues quelques minutes plutôt à Emily ! Décidément, j’étais vraiment trop stupide et trop téméraire, surtout quand l’on connaissait mes dons pour me fourrer dans les dangers les plus inimaginables.

Alors que Lily se laissait tombée la première sur le gazon en contrebas, la lumière de l’entrée s’alluma, elle me fit signe de fermer la fenêtre et elle partit se cacher dans une rangée d’arbustes. J’ouvris délicatement la porte de notre chambre, puis avança discrètement jusque sur le palier pour jeter un coup d’œil dans les escaliers et tenter d’apercevoir qui se trouvait dans l’entrée. Je vis une ombre passée furtivement du côté de la loge d’Hortensia puis faire demi-tour vers la chambre de cette dernière. Une fois que j’entendis le loquet de sa porte se refermer, je m’élançais de ma chambre et enjambais la fenêtre.

Bella ! Non !

Le son de sa voix vint percer mes tympans au moment où je me retrouvais à trois mètres du sol. Son courroux se répercutant contre les toutes les parois de mon cerveau. Je ne l’avais pas entendu depuis des mois, et sur le coup de la surprise je lâchais la prise.

Dans ma chute j’essayais de me rattraper à d’autres endroits m’égratignant les doigts. Je chutais d’au moins trois mètres et atterrit sur le dos dans une plainte de souffrance. En entendant ma chute, Lily sortit de sa cachette et m’aida à me relever. J’avais les mains en sang et le dos endoloris, mes capacités physiques m’handicapées toujours autant, ce n’était guère réjouissant. Une fois que j’eu rassuré Lily que mon dos allait s’en remettre et stopper l’hémorragie, elle partit dans un fou rire à réveiller les morts. Mais je restai perplexe, cette expérience m’avait désarçonnée, l’été dernier j’avais dû faire une croix sur toute tentative pour l’entendre de nouveau. Et voilà, qu’aujourd’hui, sans l’avoir souhaité, son souvenir me frappa violemment.

_ Franchement explique-moi comment tu as fais pour tomber ? J’ai pris exactement les mêmes prises que toi ! Soit tu n’es pas douée, soit tu te traînes une poisse d’enfer ! dit-elle en pouffant de rire.

_ Disons que je ne brille pas par mes exploits sportifs, et que je mets régulièrement ma vie en péril, surtout quand des filles irresponsables ont des idées insensées ! Comment allait-elle rebondir avec ça ?

_ Tout le monde s’en serait sortit mieux que toi ! Heureusement que le bizutage est interdit, on t’aurait retrouvé morte avant la fin !

_ Hum très subtile comme réponse ! Je fis la moue et elle me prit par les épaules, sans se départir de son sourire. Elle me rappeler Jacob, à croire que j’avais son double féminin à mes côtés, ce qui me dérida après avoir entendu sa voix suave, aux accents colériques et fermes.

Alors que nous marchions vers l’épicerie qui restait ouverte 24h/24h, Lily me racontait en détails les réactions de Sean après ma répartie, c’est en riant aux éclats que nous allions entrer dans l’épicerie quand nous fûmes interrompues.

_ Bella qu’est-ce que tu fiches ici ? Dépêche-toi de rentrer ! La voix m’était étrangement familière, trop familière, et je frissonnai de la tête aux pieds en l’entendant. Néanmoins, la personne resta dans l’ombre de la rue parallèle à l’épicerie. Connaissant mon interlocuteur je me retirai de l’étreinte de Lily, pour m’avancer vers lui.

_ S’il te plaît n’avance pas, je ne suis pas là pour ça, pas pour toi ! Uniquement pour… Pour… Sa voix butait sur chaque mot au fur et à mesure que je m’approchais de lui. J’étais trop heureuse de le voir pour m’arrêter ou même reculer. Je ne faisais même plus attention à ses injonctions. Tout ce qui m’importait était de le voir, de plus près, de le sentir contre moi. Je m’avançais toujours, un léger sourire sur mes lèvres, et quand je me retrouvai pile devant lui, il craqua et me pris dans l’étau de ses bras.

_ Oh Bella, comme tu m’as manqué, je te déteste ! Si seulement tu savais à quel point je me suis détesté aussi ! Excuse-moi de ne pas être revenu plus tôt, mais je ne pouvais pas faire autrement à ce moment là. Tu me comprends ? Maintenant, je ne te ferais plus souffrir, plus jamais ! Les larmes avaient envahis ses yeux et ruisselaient le long de ses joues, s’écoulant sur mon front.

_ Tu m’as manqué Jake, comme je suis heureuse de te voir ! Mon père est si inquiet, et je me faisais beaucoup de soucis aussi, mais me voici rassurée et heureuse par la même occasion. Je ne vis plus depuis que je suis partie, tu as gardé la dernière partie de mon cœur avec toi à la Push, mais maintenant que tu es revenu il va pouvoir rebattre de façon plus convaincante ! Je me collai à son torse irradiant de chaleur. La visite inopinée de mon meilleur ami me réjouit au plus haut point. Comment avais-je réussi à vivre si loin de lui ?

_ Bella, j’étais sans cesse là. Je n’ai pas pu rester loin de toi très longtemps, alors quotidiennement je venais sur le campus pour savoir si tu n’encourais aucun risque. Il resserra son étreinte.

_ Alors c’étais toi ! C’est toi que j’ai aperçu tout à l’heure ! J’aurai pu en rire, si les larmes n’avaient pas jailli, me brouillant la vue.

_ Quoi ? Non ce n’était pas moi Bella. Il fit une pause comme s’il cherchait ses mots. Je l’ai sentie cela fait deux ou trois jours maximum qu’elle est là ! Les traits de son visage étaient tendus et je pouvais sentir ses muscles se crisper sous son t-shirt. Pour tout dire ce soir, j’ai perçu deux odeurs provenant de deux vamp…

_ Chut !! N’en dis pas plus je ne suis pas seule ! Lui plaquant ma main sur sa bouche, et murmurant à son oreille pour que Lily n’en apprenne davantage.

_ Oups, fais les présentations pour la rassurer, avant qu’elle ne trouve la situation effrayante et qu’elle rameute tous les clients de l’épicerie, me répondit-il tout aussi doucement.

Alors je me mis à essuyer toutes traces de larmes pour que Lily ne me croie pas plus sensible que je ne l’étais. Et enfin, Jake et moi sortîmes de l’ombre et je fis les présentations.

_ Lily je te présente mon meilleur ami Jacob, il est venu de Forks pour me faire une surprise. Sacrément bien réussit d’ailleurs, il nous a mis une de ces frousses ! Je tentai de rire pour rendre mes paroles plus crédibles, mais aucun d’eux ne riaient, ni ne parlaient d’ailleurs, ils se toisaient du regard sans bouger. Il me semblait que je n’existais plus pour aucun des deux, un séisme aurait pu faire trembler toute la terre qu’ils ne s’en seraient pas rendu compte. Puis, Lily pris enfin la parole.

_ Humm… enchantée Jacob, moi c’est Lily, je partage la chambre de… De… Elle avait oublié mon prénom ou quoi ! Elle bégayait comme une enfant, je ne reconnaissais plus mon amie.

_ Bella ! Tu sais Bella Swan, une fille de taille moyenne, cheveux châtains foncés, yeux chocolat, avec un teint d’albinos ! Lançai-je amèrement à son attention. Ce qui eut pour réaction de les faire rire tous les deux, parfait.

Le vent froid qui vint lécher nos visages, ramena mes deux amis sur terre et Jacob à ses préoccupations.

_ Il fait froid, rentrez à la résidence avant d’attraper un rhume ! Je vais vous raccompagner se sera plus sûr, en nous poussant dans le sens inverse. Je compris sa manœuvre, Victoria ou son acolyte devait se trouver dans le coin, prêt à surgir, et Jacob désirait nous ramener à l’abri, à partir duquel il aurait pu monter la garde. 

Une fois raccompagnée à bon port, Lily nous laissa sous la fenêtre et entrepris l’escalade du mur, mais je sentie que la séparation était difficile pour elle. Jacob la regarda progresser, sur ses gardes, prêt à intervenir en cas de chute inopinée, tel un chevalier servant pour sa dulcinée. Alors qu’il continuait à la regarder il me demanda :

_  Je sens que tu vas avoir besoin d’aide Bella, tu n’es pas capable d’un tel exploit ! Me dis Jacob sur un ton mi-sérieux, mi-amusé.

_ Il est vrai que se serait pas du luxe de refuser ton aide face à deux vampires qui veulent me vider de mon sang, tu es perspicace ce soir Jake ! Lui lançais-je au visage alors qu’il ne regardait que la fenêtre, espérant sans doute croiser son regard de nouveau.

_ Je ne te parlais pas de ces deux sangsues, mais plutôt de ce mur ! D’ailleurs, comment as-tu fais pour arriver en bas ? Posant enfin ses yeux sur moi. Alors en guise de réponse je lui montrai mes mains et il se mit à rire à gorge déployée. Je comprends mieux, tu as presque faillis m’étonner ! Plus sérieusement, nous pouvons passer par derrière, la fenêtre des toilettes n’est jamais verrouillée, tu n’auras qu’à grimper sur mon dos.

Pour qui me prenait-il à la fin, n’avais-je pas faillis sauter d’une falaise, et fais de la moto ?

_ Pff ! Je ne suis pas en sucre et il faut que je le fasse, sinon Lily appréciera le raconter à tout son entourage ! Dès que je prononçais le prénom de mon amie, le regard de Jacob se modifia, j’eus l’impression de retenir toute son attention avec seulement quatre lettres. Étrange réaction, on aurait dit qu’il était… Qu’il était… Mais oui ! Mon cerveau buta sur les mots « tombé amoureux » ou devrais-je dire plutôt imprégné.

L’évidence me sauta aux yeux, et je compris le bégayement de Lily et le mutisme de Jake. Ce que j’avais désiré ardemment pour mon ami avait enfin eut lieu et bizarrement je ressenti comme un pincement au cœur. Jacob ne m’avait jamais appartenu, et je ne considérais aucune personne comme une possession, mais quand je compris la situation mon cœur, en même temps qu’il s’allégea, se rétrécit. La sensation est difficile à décrire mais c’est comme si je devais faire le deuil de mon ancienne relation avec lui. Au moins notre amitié n’en sera que plus saine et sans ambigüité.

Jacob remarqua que j’étais ailleurs, car il me secoua doucement par l’épaule pour me faire revenir à moi.

_ Ne t’inquiète pas, une partie de la meute ne devrait plus tarder à se mettre en chemin. Nous nous en débarrasserons rapidement. Alors tu pourras étudier en toute quiétude et retrouver une vie plus normale. Il me prit par les épaules pour retenir toute mon attention et je hochais la tête.

Il relâcha son étreinte et me laissa me diriger vers le mur en brique, non sans rigoler. Je pris mon courage à deux mains, et commença par repérer les prises potentielles avant de me lancer dans mon périple. Le plus important était d’assurer mes prises, et le plus dur serait fait. Je faillis tomber trois fois, à chaque fois j’eus peur que Jake se précipite à mon secours, alors que Lily nous observait plus haut. Une fois arrivée à porter de bras de mon amie, elle me hissa tant bien que mal dans notre chambre et c’est en m’écroulant que je mis fin à mon ascension. J’avais accomplis un vrai exploit et j’étais fière de moi ! Je regagnai la fenêtre pour faire signe à mon ami que tout allait bien, il me sourit et partit trouver une cachette quand Lily lui fit au revoir de la main, il resta un instant sans bouger, un sourire niais coller au visage, puis il déguerpit.

Lily ne me parla pas de la soirée, elle rêvait debout, je dus lui rappeler de prendre sa douche, d’enfiler son pyjama et d’aller se coucher. Une fois mon amie couchée et endormie, je fixais la lune qui rayonnait à travers la vitre, elle était pleine mais je n’entendis aucun loup-garou hurlé et je me mis à rire bêtement. Mon ami veillait sur moi et dans très peu de temps je serai débarrassée de toute menace vamp…, bref de toute menace. Alors peut-être que je parviendrais à l’oublier…

 

Par Néo - Publié dans : fiction - Communauté : fictions crépusculaires
Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 17:52

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Provocation

La nuit dans les pensées d’un loup…

Cela faisait un petit moment que je tournais en rond, pour comprendre ce qui m’étais à arrivé tout à l’heure devant l’épicerie. Ma réaction face à Lily avait été des plus douteuses, même Bella avait remarqué nos silences et notre gêne mutuelle. Mon imprégnation s’était opérée entre cette fille et moi, alors pourquoi n’en étais-je pas totalement convaincu, que signifiait la part de doute qui restait ancré dans un coin de mon cerveau ? Quand Sam avait rencontré Emily pour la première fois, il était tombé sous le charme en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, allant même jusqu’à oublier le prénom de Leah. Plus rien ne comptait, tout ce qui l’entourait avait disparu, il ne voyait qu’elle. Dans ce cas là, pourquoi Bella était-elle toujours aussi présente ? De surcroît, j’étais trop loin de la meute pour capter leurs pensées clairement, une aide qui aurait pu s’avérer utile, malheureusement, je ne percevais que des brides disséminées et déformées. Du coup, je ne pouvais bénéficier d’aucun secours pour éclaircir ma situation.

Toutefois, il suffisait que je rencontre les yeux bleus de Lily pour me faire chavirer et ne penser qu’à elle, mais dès qu’elle quittait mon champ de vision l’image de Bella revenait en force, chassant l’autre à coup de pied. La métaphore était discutable, mais j’étais agacé de ne pas réagir à ce phénomène de façon normale, si tant est que l’on considère cette manifestation comme ordinaire.

Il fallait éjecter ce problème de ma tête, je devais être concentré sur les bruits qui m’environnaient, et rester alerte en cas d’une quelconque tentative de la part de ces buveurs de sang. Alors, je finis par trouver une souche d’arbre, sur laquelle je pourrais être assis et pile en face de leur fenêtre. Néanmoins, il fallait que je trouve une solution pour entrer dans la bâtisse toutes les heures et vérifier si elles dormaient toujours paisiblement. Au cours de mes nombreuses visites inopinées, je m’étais rendu compte que la gardienne laissait toujours la petite fenêtre des toilettes entrouverte. Qui plus est, elle donnait sur l’arrière du bâtiment où personne ne me verrait grimper le long du mur. Seul bémol, une fois arrivée à bon port, il ne faudra pas que je me trompe de porte. A moins qu’elles la verrouillent chaque soir, je n’aurais pas d’autre choix que de monter par leur fenêtre pour les épier au travers de celle-ci.

Je restai quelques minutes assis sur ma souche d’arbre, à analyser le moindre mouvement des branches, à écouter les bruissements des feuilles, les étudiants dormir paisiblement alors que deux monstres se baladaient tranquillement. Le vent m’apportait une myriade d’odeurs mais aucune venant d’une sangsue. Tandis que je me levais de ma souche pour aller à l’arrière du bâtiment, j’observai si personne ne s’y trouvait. Je m’apprêtais à escalader la paroi quand je sentis une odeur à la fois répugnante, celle du sang, et envoûtante comme un mélange de menthe et de citron, les senteurs du diable en personne. Une ombre se dirigeait droit vers moi, qui se matérialisa sous la forme d’un homme fin mais robuste avec des cheveux cuivrés, j’avais devant moi Edward Cullen.

Sa vision aurait pu me donner de l’urticaire pour une année entière ! Pourquoi était-il ici, à quelques mètres seulement de Bella, était-il inconscient ou simplement sadique ? Il continua à s’approcher de moi, lentement en me fixant droit dans les yeux, il me sondait j’en étais certain. Bella m’avait parlé de son don de télépathe, j’étais persuadé qu’au moment même où je le pensais, il devait être en train de lire mes pensées. Quelle violation de la vie privée, comment pouvait-il le faire sans aucune gêne ?

_ Il ne s’agit pas d’une partie de plaisir, rassure-toi. Et puis tes pensées ne sont guère intéressantes pour moi, me dit-il d’une voix glaciale.

Mon cerveau, du moins ce qui y défilait n’avait aucune valeur ? Dans ce cas, comment allait-il réagir face à ça : je lui envoyais des images d’elle en proie au chagrin, puis celles quand Sam l’avait découvert recroquevillée dans les bois juste après qu’il l’est abandonné. Déjà je constatais que son expression s’était altérée, il était choqué. Puis, je me remémorais le moment où Bella avait faillit sauter d’une falaise, où je l’avais rattrapé de justesse avant qu’elle ne s’écrase dans les flots tumultueux. Son visage devint grave et ses traits se figèrent. Pourtant, je ne lui laissais aucun répit et donnai le coup de grâce, avec le souvenir de notre premier baiser, ainsi que d’autres souvenirs de ces derniers mois lorsque Bella était mienne. Désormais, il vacillait sur ses jambes et porta une main à son front, j’avais remporté la première bataille haut la main, et j’étais fier de pouvoir lui faire mal, je souhaitais qu’il ait aussi mal que Bella, et qu’il garde ses image gravées dans son cerveau. Il était resté figé à quelques pas de moi, et ne me portait plus aucune attention, blême.

_ Qu’est-ce que tu viens faire ici sale sangsue ? Tu souhaites te régaler du malheur des autres ? A moins que tu ne sois là pour fêter l’anniversaire de votre rupture ? Lui lançais-je avec tout le mépris qu’il m’inspirait.

_ Je… Tu te trompes… mais qu’est-ce que je fais là ? Il était plus troublait que je ne l’aurais cru. Si des images pouvaient anéantir quelqu’un, je venais de réaliser cet exploit. Il n’arrivait pas à enchaîner ses mots, il butait dessus comme un enfant qui apprend à lire.

_ Je peux m’occuper d’elle à présent, tu ne lui es plus indispensable ! Retourne de là où tu viens, elle peut compter sur une meute de loups pour la protéger de cette buveuse de sang ! Mes répliques étaient cinglantes et je les voulais davantage menaçantes.

_ Une bande de lycans incontrôlables qui pourraient la réduire en charpie au moindre dérapage, à la moindre agitation, il est vrai que vous êtes des protecteurs hors pair ! Sam pourrait en attester lui-même si je me souviens bien de la figure d’Emily ! Sa colère irradiait de tout son corps.

_ Parce qu’une horde de sangsues prête à la vider de sang à la moindre coupure est plus rassurant ! Tu ne pourrais même pas rester tranquillement à la regarder si elle venait à s’entailler un doigt ! Tous tes sens te forceraient à la tuer ! Sans nous en rendre vraiment compte, la distance nous séparant se réduisait peu à peu. Mes propos lui allaient droit au cœur, si tant est qu’il en est vraiment un.

_ Oui mais pour sa sécurité j’ai réussi à la quitter. Cependant, si j’avais su qu’elle se retrouverait dans les pattes de loups garous je serais resté pour la mettre en garde. Ses yeux étaient injectés de sang, ses poings si serrés que les jointures blanchissaient sous la pression et sa voix n’était qu’un murmure menaçant. Maintenant nos nez auraient presque pu se toucher.

_ Si tu l’as quitté que fais-tu ici alors ? Je voulais qu’il porte le coup en premier, par pur égard envers Bella. Je pouvais voir ses muscles se crispaient et les traits de son visage se tendre sous la colère, même son sourire narquois avait disparu pour laisser place à de l’amertume.

_ C’est justement pour la protéger que je suis là ! Au départ, je m’attendais seulement à tuer un vampire, c’était sans savoir qu’une troupe de chiots trottineraient derrière elle. Savez-vous seulement comment on tue un vampire, bande de novices ? Son ton était acerbe, je l’avais poussé dans ces derniers retranchements.

_ Souhaites-tu une démonstration pour te prouver mes capacités à prendre soin d’elle, je passais ma langue sur mes dents aiguisées, d’arriver là où tu as échoué ! Au moment où tu l’abandonnais, tel un lâche ! Lui lançais-je avec défi, sa réponse ne se fit pas attendre.

J’avais baissé ma garde, un manque de vigilance certainement car je ne vis pas le coup partir. Edward se lança sur moi en un éclair, et son poing atterrit sur mon épaule, m’envoyant valser une dizaine de mètres plus loin. A cause de l’énervement qui m’assaillit je ne pus me contrôler et mutai en un loup brun-roux gigantesque.

Au moment où je voulais me jeter sur mon adverse pour répliquer, j’entendis une fenêtre s’ouvrir, alors je bondis dans l’obscurité que m’offrait un bosquet pour me calmer et retrouver une apparence décente, et je vis qu’Edward en faire tout autant. Pourquoi voulait-il cacher sa présence ? Peut-être qu’il était juste là pour éliminer la buveuse de sang et repartir une fois la tâche accomplie. Pourrait-il rester loin d’elle, si tel était son plan je devrais au moins récompenser un tel acte de bravoure, à moins qu’il n’ait plus de sentiments à son égard.  Toutefois, vue comment mes souvenirs l’avaient troublé j’étais persuadé qu’il devait toujours l’aimer !

Bella apparut à la fenêtre et m’appela de sa voix fluette, je me redressai et constatai que mon jean était éparpillé en lambeaux sur l’herbe.

_ Bella soit gentille essaye de me balancer un pantalon, j’ai eu comme qui dirait un accident de parcours, je lui fis mon plus beau sourire car je voyais déjà sa figure blanchir sous l’effet de la peur. Rassure-toi tout va parfaitement bien !

_ Alors pourquoi ton épaule est complètement déboîtée, comme une porte que l’on aurait enlevé de ses gonds ? Sa voix était hésitante et je la voyais trembler comme une feuille.

_ Oups ! Retournes-toi Bella s’il te plaît cela ne sert à rien que tu assistes au replacement de ma clavicule, en attendant je t’en prie trouve moi un bas.

J’attendis qu’elle quitte la fenêtre pour faire ce qu’il devait être fait. Tout d’abord, je ramassais un bout de branche sous un tas de feuilles éparses, puis il me fallait trouver un arbre assez solide pour qu’il ne se rompe pas sous le choc. Une fois que je l’eus trouvé, je me mis face au tronc, plaça la branche entre mes mâchoires et inspirai un grand coup. Je donnai un brutal coup de hanche, le plus fort possible pour que ma clavicule vienne percuter de plein fouet le tronc de l’arbre. Mon épaule se remit dans son axe dans un craquement sec et, sous l’effet de la douleur, je pulvérisais le bâton en plusieurs morceaux qui volèrent tous dans des sens contradictoires. Je crachais les restes d’échardes qui s’enfonçaient déjà dans ma langue.

_ Jake ! T’es où ? Tiens j’ai trouvé un jogging, je l’ai emprunté à Lily, elle est plus grande que moi, il t’ira mieux qu’un des miens ! Elle me balança le jogging à travers la fenêtre et se tourna le temps que je l’enfile. Le vêtement sentait l’odeur de Lyly, du lilas, un parfum exquis et piquant. Avant de le passer je respirer son parfum pour qu’il s’imprègne dans mon cerveau.

_ Je descends ! Attends-moi, tu me dois une explication Jake ! Je n’eus même pas le temps de l’en empêcher qu’elle refermait déjà la fenêtre.

Par Néo - Publié dans : fiction - Communauté : fictions crépusculaires
Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 17:58

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